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METZ Un nouveau quartier au sud de la future gare TGV

CHRISTIANE WANAVERBECQ |  le 24/11/2000  |  MoselleCollectivités localesAménagementTransportsEspaces verts

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Un jardin et un équipement public structurent le projet urbain

Principal projet d'aménagement de l'actuel mandat municipal à Metz, le quartier de l'Amphithéâtre prend forme. En amont des chantiers en cours, l'Etablissement public de la métropole lorraine (EPML) a apporté son savoir-faire pour traiter les espaces dégradés en procédant à la requalification des terrains (acquisition, études de dépollution et de diagnostic).

Le nouveau quartier de 40 ha doit constituer un trait d'union entre le centre-ville historique et les quartiers du Sablon et de Queuleu, à l'est de l'agglomération. La gare, qui accueillera le TGV-Est en 2006, constitue le pivot du nouvel espace urbain. L'aménagement, proposé par l'équipe franco-allemande d'urbanistes-paysagistes de KSP Planung, de BGM Architectes et de Latitude Nord, repose sur une partition en deux secteurs reliés par une grande esplanade transversale de 80 mètres de large qui mettra en relation Queuleu et la gare dotée d'un accès sud. La partition a pour effet de juxtaposer un parc et un espace urbanisé. Le parc urbain du « jardin de Seille » de 20 ha, intégrant au nord le futur Palais omnisports livré début 2001 pour 26,7 millions d'euros (175 millions de francs), occupera la partie est du quartier, entre une voie de chemin de fer et le cours d'eau la Seille.

La partie ouest comprendra un complexe économique et un programme d'immeubles associant bureaux, logements et espaces publics. Le lancement des travaux n'interviendra pas avant 2003. Ce vaste chantier commencera par la construction d'un ouvrage d'art sous la voie ferrée et l'esplanade.

Reconstruire la nature dans la ville

Alors que s'achèvent les travaux de déconstruction de l'ancienne foire sur le futur quartier de l'amphithéâtre de Metz, le chantier d'aménagement du « jardin de Seille » a commencé cet automne et sa première tranche devrait s'achever l'été prochain. L'équipe de concepteurs (voir fiche technique) a choisi de mettre en scène la rivière, qui traverse la ville. La Seille, aujourd'hui canalisée et dissimulée, jouera un rôle majeur dans l'articulation du nouveau quartier.

Eaux pluviales traitées par les roseaux

Plusieurs objectifs sous-tendent le projet de 7,6 millions d'euros (50 millions de francs) : d'une part, créer un parc dans la continuité des espaces verts déjà existants et s'ouvrant dans le sud de la vallée, d'autre part, rendre à la Seille une apparence plus naturelle. « La création d'un bras supplémentaire et d'une île permettra de gérer les variations d'eau tout en maintenant un accès piétonnier favorisé par l'abaissement des pentes à un niveau proche de celui du lit de la rivière », explique Jacques Coulon, mandataire de l'équipe de paysagistes. Différentes promenades longeront la Seille : un cheminement en berge basse, un autre à mi-hauteur, au-dessus des crues annuelles, traité alternativement en parcours sinueux et en petits quais rectilignes équipés de banquettes et, enfin, un dernier parcours qui dominera la rivière à l'est du « tapis vert ». Il se poursuivra jusqu'à l'esplanade par le chemin du belvédère. Parmi les changements déjà amorcés, figurent les terrassements destinés à constituer les monts et la prairie. « Les deux collines créées à partir des matériaux de déblais donnent du relief et assureront l'isolation acoustique du quartier de Queuleu, de l'autre côté de la rivière », précise Jean Canton, directeur général de l'urbanisme et du développement économique de la ville de Metz.

Les 130 000 m3 de terre déplacée vont aussi permettre à l'eau de s'écouler naturellement. Une mise en scène soigneusement orchestrée prévoit un mode de traitement original des eaux pluviales. Conduites par un souterrain jusqu'au parc urbain, elles se répandront dans un premier bassin de 2 000 m2 contenant des roseaux qui constitueront un premier filtre naturel. Un deuxième bassin de lagunage de 2 500 m2, parsemé de plantes aquatiques, recevra les eaux qui se répandront ensuite dans une série de jardins, avant de se déverser dans la Seille. Dans le même sens, dans le sud du parc, à proximité de la piscine olympique Lothaire, les aménageurs prévoient un terrain de sports qui, au moment des crues, se transformera en bassin de rétention.

Des nénuphars phosphorescents

Le parc va mettre en scène deux grandes catégories végétales. Le milieu naturel des berges présentera une alternance d'arbres, de prairie humide et de parcelles de plantes vivaces. Au total, près de 228 espèces différentes prendront place dans le nouveau paysage. Conçu comme un parc ouvert, le « jardin de Seille » contiendra 2 200 arbres répartis le long de la rivière et des promenades.

La partie centrale, peu boisée, abritera des aires de jeux. L'éclairage doit sécuriser le site et mettre en valeur les ouvrages, les végétaux et les reliefs. Le plan d'eau bénéficiera d'un traitement spécifique : ainsi, des particules phosphorescentes souligneront joncs et nénuphars. Bordé au nord par le Palais omnisports et sa grande esplanade, le parc urbain comprend une pro-menade de 650 mètres de long qui mènera à la piscine olympique.

Une série de jardins aquatiques déclinés en terrasses jouera un rôle pédagogique. Le revêtement des chemins comportera de l'asphalte lisse et clair, des pavés et des zones stabilisées en gravillons. Le parc se caractérisera également par l'utilisation du bois pour les ouvrages de soutènement et le mobilier urbain.

Fiche technique

Maîtrise d'ouvrage : Ville de Metz.

Paysagistes : Jacques Coulon et Laure Planchais à Paris.

Conception-lumière : Coup d'éclat à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne).

Bureau d'études hydrologique : Sinbio à Muttersholtz (Bas-Rhin).

Bureau d'études géologique : Ingerop à Metz (Moselle).

DESSIN

Le « jardin de Seille » va remettre en valeur le cours d'eau du même nom en créant un bras supplémentaire et une île.

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INTERVIEW « Le Palais omnisports s'inscrit dans un programme urbain de dix ans » Paul Chemetov, architecte du Palais omnisports

Vous êtes architecte, mais aussi urbaniste. Quelle vision a l'urbaniste du futur quartier de l'Amphithéâtre ?

Metz est une ville ancienne avec un coeur très dense et une agglomération distendue. Pour concilier ces deux aspects antinomiques, il faut d'abord procéder à une lecture attentive du terrain. Il faut se dire également que tous les projets s'inscrivent dans le temps, qu'ils évoluent et préparent l'avenir. Concernant le quartier de l'Amphithéâtre, il est nécessaire de travailler avec l'environnement urbain existant afin qu'il complète le centre-ville et non qu'il s'y oppose. La Ville de Metz s'est développée le long de la Moselle. Ce qui a été réalisé autrefois doit se faire aujourd'hui le long de la Seille. Metz deviendra alors une ville bi-face, entre Seille et Moselle. Reste à trouver une solution pour franchir, de façon naturelle, la voie ferrée. Des solutions existent, mais il faut mesurer les investissements et savoir les étaler dans le temps. Le Palais omnisports et le parc paysager vont poser de façon concrète la suite de l'aventure, qui pourrait durer 10 ans.

En construisant le Palais omnisports, vous marquez le début de ce projet urbanistique. Est-ce l'une des raisons pour laquelle vous avez accepté de réaliser ce bâtiment ?

J'avais envie de construire un bâtiment hors normes, un bâtiment avec du bruit et des couleurs, où une charge humaine se dégage de l'arène. J'ai accompagné ce rituel sportif d'une enveloppe. Le projet de Metz était plus compliqué qu'ailleurs parce que nous étions pressés par le temps. L'ancien Palais des sports ayant brûlé, il fallait faire vite pour bénéficier de l'assurance. S'est posé alors la question : « Comment faire bien en peu de temps ? »

Quelles difficultés avez-vous rencontrées au cours du projet ?

Le Palais omnisports est adossé à une colline résidentielle. Il a donc fallu résoudre de gros problèmes d'acoustique en optant pour un toit de 80 cm d'épaisseur. Comme le bâtiment accueillera également des spectacles, il a fallu trouver un accès à la scène pour les camions et le public. Enfin, pour que ce Palais omnisports de 15 000 m2 ne ressemble pas un hangar, nous avons apporté un soin particulier aux détails, poignées de portes, boutons d'éclairage, grilles de ventilation. Cette attention donnée à l'exécution n'est malheureusement pas le souci dominant aujourd'hui. Trop de projets ressemblent à des croquis agrandis.

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