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Métro retardé, constructions décalées

NATHALIE MOUTARDE |  le 20/04/2018  |  ConjonctureTransportsHauts-de-SeineParisVal-d'Oise

Les reports du planning du Grand Paris Express impactent des opérations phares, comme des projets plus modestes.

« Le nouveau calendrier du Grand Paris Express est de nature à porter atteinte à un grand nombre de projets phares pour la région et pour la France », estime la présidente du conseil régional d'Ile-de-France, Valérie Pécresse. Parmi ces opérations emblématiques figure l'aménagement du plateau de Saclay, où la ligne 18 du métro n'arrivera qu'en 2027, soit trois ans plus tard que prévu. Ce planning recalé n'a pas dissuadé l'université Paris-11 de signer, début avril, un contrat de partenariat public-privé d'un montant de 283 M€ avec Bouygues Construction pour la réalisation du pôle de biologie-pharmacie-chimie (85 000 m2), qui sera livré en avril 2022. En revanche, d'autres maîtres d'ouvrage ont tiré les conséquences de ce décalage et certains programmes pourraient prendre du retard.

Le conseil d'administration de l'EPA Paris-Saclay a ainsi décidé de reporter l'examen du projet de la ZAC de Corbeville « afin de prendre le temps de réaliser des études de déplacements complémentaires ». Située entre les quartiers de Moulon et de l'Ecole polytechnique, cette opération de 94 ha doit accueillir de 1 500 à 2 000 logements, des bureaux, des commerces, des équipements…

De son côté, AgroParisTech va réexaminer le calendrier de son implantation sur le campus Paris-Saclay, annoncée en 2021. Un conseil d'administration extraordinaire devrait se réunir, le 4 mai, à ce sujet. Début avril, des étudiants ont manifesté devant l'établissement. Ils demandent que le déménagement de leur école coïncide avec la mise en service du métro. « Pas de métro = pas d'agros », ont scandé les élèves qui font valoir que la seule ligne de bus en site propre desservant le plateau est déjà saturée. Que se passera-t-il dans quelques années quand le campus, aujourd'hui fréquenté par 9 000 étudiants, en comptera le double ? (1) A la demande du gouvernement, le préfet de région a constitué un groupe de travail avec les élus locaux concernés pour étudier des solutions alternatives de desserte.

AgroParisTech va réexaminer le calendrier de son déménagement sur le campus Paris-Saclay.

EuropaCity n'ouvrira pas en 2024. Egalement impactée par le rééchelonnement des mises en service des lignes du GPE, la ZAC du Triangle de Gonesse (280 ha), dans le Val-d'Oise, s'inscrit dans un autre contexte. Contrairement au plateau de Saclay, l'urbanisation ne démarrera pas tant que la desserte de la zone ne sera pas assurée. La livraison de la ligne 17 en 2027, au lieu de 2024, diffère d'autant plus le lancement de l'opération d'aménagement, que des recours contentieux contribuent parallèlement à le ralentir. Le premier a conduit à l'annulation de l'arrêté préfectoral de création de la ZAC par le tribunal administratif (mais le préfet du Val-d'Oise devrait faire appel) ; le second attaque le PLU révisé de la Ville de Gonesse. Pierre angulaire de la ZAC, EuropaCity n'ouvrira pas donc pas ses portes pour les JO de 2024 comme le maître d'ouvrage, Alliages & Territoires, l'escomptait. « Le report de trois ans est gérable d'un point de vue financier, mais 2024 constituait un horizon tangible qui nous permettait de nous mobiliser », déclare son directeur général, Benoît Chang. Quoi qu'il en soit, comme prévu, Alliages & Territoires déposera d'ici à la fin de l'année les permis de construire des huit bâtiments dont il vient de désigner les architectes.

Une aide de l'Etat ? Le rééchelonnement du futur métro affecte d'autres projets, plus modestes, comme l'écoquartier de l'Arsenal (2 100 logements programmés) à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), dont le maire, Patrick Ollier, préside aussi la métropole du Grand Paris (MGP). « Le report de 2026 à 2030 de la ligne 15 ouest n'est pas dramatique mais il est gênant », souligne l'élu. Il repousse en effet l'aménagement de la seconde phase de la ZAC, créée au plus près de la future gare, et donc la vente des droits à construire qui y sont attachés.

Or, la Ville et son aménageur misaient sur ces recettes pour financer en partie les équipements publics de la première tranche (permis de construire délivrés), notamment un gymnase de 47 M€. « D'autres communes de la métropole connaissent la même situation. Nous souhaiterions pouvoir bénéficier d'une aide de l'Etat, comme des prêts relais, pour éviter d'avoir à augmenter les impôts », explique Patrick Ollier, qui a déjà eu l'occasion d'exposer ce problème au Premier ministre.

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(1) Ouverture de l'ENS Cachan et de l'Institut Mines-Télécom en 2019, d'AgroParisTech en 2021 et du pôle de biologie-pharmacie-chimie en 2022.

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