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Météor fait route vers Saint-Lazare

PHILIPPE DONNAES, ROLAND KUSCHNER |  le 04/06/1999  |  TransportsCollectivités localesFrance entièreTransports mécaniquesTravail

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Plus de quatre années de travaux seront nécessaires pour relier la station de Madeleine à Saint-Lazare et achever le complexe d'interconnexion qui assurera la liaison avec Eole ainsi que le reste du réseau RATP.

L'imposant portique et la grue à tour qui trônent au beau milieu de la Cour de Rome, sont les seuls signes extérieurs trahissant l'activité fébrile qui règne dans cette partie du sous-sol parisien. Ces installations de chantier constituent la pointe émergée du chantier de la section M-02 : un projet de 272 millions de francs (HT), démarré en avril 1998, « qui permettra de donner tout son sens à la ligne Météor en autorisant une desserte encore plus fine du quartier des affaires », explique Henri Vergnaux, un des responsables de la RATP.

Objectifs : prolonger Météor jusqu'à Saint-Lazare, via la jonction avec Madeleine et la construction d'une station souterraine de 120 m de long, celle-ci venant s'intégrer dans un vaste complexe d'interconnexion à trois niveaux qui assurera la liaison avec Eole ainsi que les lignes 3, 12 et 13 du métropolitain (une correspondance avec la ligne 9 est également prévue ultérieurement).

Deux chantiers totalement imbriqués

Difficulté principale du projet : la construction du complexe d'échange, réalisée à ciel ouvert à partir de parois berlinoises, et la réalisation de la station souterraine se déroulent en parallèle. Les deux chantiers sont en fait totalement imbriqués l'un dans l'autre. D'où un phasage complexe, afin de maintenir la circulation des voyageurs. Explicatins : toute la partie Est du complexe d'échange devra être impérativement terminée en novembre 1999, date de la bascule d'exploitation via l'aménagement d'une salle de billets provisoire dans laquelle transiteront les usagers.

La station existante pourra, dès lors, être détruite. Les travaux se poursuivront ensuite par l'achèvement du complexe d'échange et la réalisation du puits de lumière de 20 m de diamètre situé à la verticale de la mezzanine surplombant la station Météor.

L'implantation du puits a été déterminée afin de constituer un point d'accès fixe. Les installations de chantier tournent autour durant les déménagements successifs imposés par le phasage. Le percement de la station Météor, initié à partir du puits de la Cour de Rome, se déroule entièrement sous la nappe phréatique. Le point le plus bas du radier est à la cote 10,00 NGF (1) avec un extrados de voûte de la future station à 20,78 NGF, « les ouvrages étant conçus pour un niveau de nappe pouvant remonter jusqu'à 27,00 NGF en période de crue maximale », précise Henri Vergnaux.

Pratiquement, les travaux de creusement de cette structure de 120 m de longueur et 17,48 m d'ouverture ont débuté par l'exécution d'une galerie d'injection de 3,70 m de rayon. « Les terrassements se déroulent classiquement, au moyen de machines à attaque ponctuelle, avec pose de cintres en HEB et mise en oeuvre de béton projeté à l'avancement suivant un pas variable de 0,60 à 1,50 m », détaille Roger Termeau, le responsable production du groupement. Les auréoles d'injection, représentent 25 000 m de forage et 8 000 m3 de bentonite et d'Intra J (2). Elles ont été volontairement limitées en partie haute. Le parti pris technique du projet « est de renforcer la capacité des puits de rabattement lors des travaux d'excavation du radier, cette ultime phase du percement se déroulant dans des calcaires grossiers fracturés donc plus perméables », explique Roger Termeau.

Une fois les culées bétonnées (2,50 x 4,20 m), après réalisation sur toute leur longueur des deux galeries correspondantes de 4,20 m de hauteur (largeur 4,20 m) suivant le schéma classique par terrassement « 1/2 sup - 1/2 inf », les entreprises pourront exécuter la voûte proprement dite, selon une méthodologie différente. « Nous procéderons en effet par passes successives de 4,50 m, le creusement étant réalisé par travée de 1,50 m avec mise en place de cintres HEB et béton projeté. Le bétonnage s'effectue immédiatement après par anneau de 3,00 m, au moyen d'un coffrage métallique roulant sur les culées, après mise en place du revêtement d'étanchéité », conclut Roger Termeau.

(1) Nivellement général de la France. (2) le «cocktail maison» d'Intrafor pour les terrains de faibles granulométries.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : RATP.

Maître d'oeuvre : RATP Département des infrastructures et Aménagements.

Architecte : ARTE Jean-Marie Charpentier.

Coordonnateur Sécurité : Lebournot. Bureau d'études : Quillery-Perforex.

Entreprises : Groupement Bouygues (mandataire) ; Quillery ; Chantiers Modernes ; Perforex.Principaux sous-traitants : Intrafor (injections) ; CIA (Armatures) ; Etandex (étanchéité) ; BRC (Béton).

ILLUSTRATIONS

PLAN DE PRINCIPE D'IMPLANTATION DE LA STATION SAINT-LAZARE METEOR

1. Le complexe d'échanges s'insère dans une interconnexion à trois niveaux et assurera la liaison avec Eole et les lignes 3, 12 et 13 du métro et la ligne 9 à l'avenir.

COUPE DE PRINCIPE

2. Le percement de la station Météor se déroule entièrement sous la nappe phréatique.

PHOTO : Roger Termeau, Responsable production du groupement

«Le parti pris technique est de renforcer la capacité des puits de rabattement lors des travaux d'excavation du radier. »

Un respect maximal de l'environnement

Outre le phasage complexe et délicat, le projet se distingue par un faisceau de précautions environnementales. Illustration : les eaux d'exhaure (1). Les volumes d'eau en provenance des travaux de percement de la future station sont dirigés vers le puits d'Anjou : l'ouvrage, à partir duquel est réalisé le tunnel de 76 m de longueur, qui assurera la jonction avec la station Madeleine. Le transit de l'eau s'effectue « via un réseau de canalisations que nous avons installé dans les galeries des égouts », précise Roger Termeau. Les eaux y seront traitées par floculation dans une station automatique MS d'une capacité de 60 m3/h, fonctionnant 24 h sur 24. Les eaux décantées, auxquelles il faut ajouter celles du débit d'exhaure propre au puits Anjou, sont ensuite réexpédiées, toujours par les égouts, jusqu'à Saint-Lazare avant d'être rejetées par gravité vers la Seine, une fois que le respect des normes afférentes est contrôlé. Les boues de décantation sont, quant à elles, pressées sous forme de galettes afin d'être évacuées avec l'ensemble des déblais, par semi-remorques, jusqu'aux barges stationnées au pont de l'Alma. « Nous avons choisi ce site en raison de sa proximité », explique Henri Vergnaux, « cette distance réduite permet de limiter le nombre de camions et, par conséquent, de mieux en maîtriser le flux afin de limiter les gênes à la circulation ». A signaler aussi l'utilisation de techniques de démolition par carottage et sciage, en lieu et place des BRH, « en vue de réduire les problèmes de nuisances sonores pour les riverains », les équipes travaillant en deux postes de 7 h 30 à 21 h 30.

(1) Les eaux de pompage des eaux résiduelles d'infiltrations.

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