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Métamorphosée, l'entrée de ville sort du lot
Le projet havrais vient de remporter le Grand Prix « Infrastructures pour la mobilité, biodiversité et paysage » de l’Idrrim. - © PHILIPPE BREARD - VILLE DU HAVRE

Métamorphosée, l'entrée de ville sort du lot

Emmanuelle Lesquel |  le 30/11/2018  |  Seine-MaritimeAutoroutesConcoursMobilité

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Le Havre -

La transformation saisissante de l'autoroute urbaine hav-raise en boulevard verdoyant séduit les jurys. En 2011, le projet était déjà lauréat du concours national entrée de ville. Fin septembre, alors que les deux tiers des travaux sont enfin réalisés, c'est cette fois le Grand Prix « Infrastructures pour la mobilité, biodiversité et paysage » de l'Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité (Idrrim) qu'il remporte ex aequo (1). Enfin, l'aménagement est aussi en lice pour les Victoires du paysage, catégorie entrées de ville dont les résultats seront connus le 6 décembre. Il faut dire que le changement est radical. « Via l'autoroute, 50 000 véhicules par jour arrivaient à 110 km/h directement en ville, sans un feu depuis Paris. Nous avons proposé de supprimer échangeurs, autopont et mini- souterrains pour créer un système "à plat", distribué par des carrefours à feux, beaucoup moins sujets aux accidents », décrit Jean-Marc L'Anton, directeur de l'agence de paysagistes-urbanistes L'Anton et Associés, qui a remporté en 2006 le marché de requalification de cette entrée de ville.

Persévérance et désenclavement. Pour redonner sa place à l'humain et à la nature mais aussi désenclaver les quartiers environnants, il aura fallu de la persévérance au maître d'ouvrage, la Ville du Havre, et à la maîtrise d'œuvre (2). « L'ancienne RN 15 qui, sur près de 2,5 km, distribue toute la ville, a changé quatre fois de propriétaire depuis le lancement du projet. Sur le terre-plein de 1 km de long qui sera transformé en parc d'eau, les trois stations-service ont dû être expropriées », explique Jean-Marc L'Anton.

Aujourd'hui, la place reconquise sur la circulation automobile autorise d'autres usages (piétons, vélos, promenade…), sans dégrader la qualité fonctionnelle de la voie. La plate-forme de chaussée a été ramenée à 2 x 2 voies en section courante, en réutilisant les structures existantes. Au nord, les contre- allées ont été requalifiées et plantées.


La mue fait la part belle au réemploi. Les mini-tunnels ont été réutilisés pour stocker les eaux pluviales.

La métamorphose a fait la part belle au réemploi. Les mini-tunnels ont par exemple été réutilisés pour réaliser un stockage des eaux pluviales de plus de 1 000 m3 . Lorsque la troisième phase sera achevée, vers 2022, ces eaux seront acheminées vers le jardin d'eau où elles pourront s'infiltrer sur place sans être renvoyées dans le réseau unitaire. « L'économie réalisée sur le fonctionnement de la station d'épuration représentera au moins 140 000 euros par an, en estimant à 1 euro le m3 traité », souligne Jean-Marc L'Anton. Il ajoute que les noues plantées, installées le long de la voie, participent aussi à la gestion des eaux.

« Une des grandes réussites, c'est le désenclavement des quartiers situés le long de l'ancienne autoroute, souligne Florent Saint-Martin, adjoint au maire du Havre chargé de l'urbanisme. Ce changement a accompagné la reconquête de l'est de la ville et des friches portuaires. » Enfin, si la dernière tranche qui consiste notamment à démolir l'échangeur situé devant le bâtiment de la CCI, et à y aménager une place carrée, reste une priorité selon l'élu, elle a dû être repoussée après les élections municipales de 2020 afin de lisser les investissements, soit 40 M€ HT dont 15,5 M€ HT pour l'ouvrage d'art réalisé. « Ce délai va aussi nous permettre d'adapter finement cette dernière tranche aux nouveaux projets qui ont émergé depuis, comme celui du campus urbain. »

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Des noues plantées ont été installées le long de la voie, dans le cadre de l’amélioration de la gestion des eaux. - © PHILIPPE BREARD - VILLE DU HAVRE

(1) L 'autre lauréat est « Aménagement et mise en sécurité de la route départementale 914, entre Banyuls-sur-Mer et Cerbère », dans les Pyrénées-Orientales. (2) Agence L'Anton & Associés, paysagistes-urbanistes (mandataire) ; Infra Services, BET infrastructure ; CDVIA, BET déplacements ; Ingedia, BET génie civil ; Kagan Architectures, architecte consultant ; Franck Franjou, éclairagiste ; Zoom, écologue.

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