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Mésaventure de Bouygues dans le Port d’Abidjan ?
Le premier terminal à conteneurs du port d'Abidjan est déjà exploité par le groupe Bolloré Africa Logistics. - © © APMTerminals

Mésaventure de Bouygues dans le Port d’Abidjan ?

Julie Guérineau |  le 13/01/2014  |  EntreprisesRéglementationTravaux sans tranchéeMatériel de chantierInternational

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Un groupement emmené par Bolloré, et comprenant Bouygues Travaux publics, a signé fin 2013 un contrat de partenariat public-privé pour la gestion du second terminal de conteneurs du port d'Abidjan. Mais, entre l’annonce de l’attribution du contrat en mars et sa signature définitive en décembre, d'importants travaux de génie civil ont été retirés au consortium.

Neuf mois après avoir remporté l’appel d’offres, le consortium formé par le gestionnaire d’infrastructures français Bolloré Africa Logistics, l’exploitant de terminaux portuaires danois APMT et Bouygues Travaux Publics a enfin signé, le 19 décembre, un contrat de partenariat public-privé avec le Port autonome d’Abidjan (PAA) en Côte d’Ivoire. Le groupement sera en charge de la gestion du second terminal de conteneurs (TC2) du deuxième port d’Afrique.

Ce terminal en eau profonde pourra accueillir des navires transportant jusqu’à 8 500 conteneurs chacun. Il sera également doté d’une plateforme de transbordement d’une capacité de plus de deux millions de conteneurs.

Un terre-plein de 37 hectares à construire

Selon le site internet de l’hebdomadaire "Jeune Afrique", le plan stratégique élaboré par le port d’Abidjan pour développer ses infrastructures et augmenter ses capacités est estimé à 2,5 milliards de dollars d’ici 2020. Le consortium a indiqué dans un communiqué de décembre 2013 qu’il allait investir plus de 400 millions d’euros dans « les équipements de manutention », les « systèmes d’information », ou encore « les travaux de superstructures ».

Il précisait également que, dans le cadre du plan d’extension du port, « la construction du quai de 1 100 mètres à -18 mètres, du terre-plein de 37,5 hectares et l’approfondissement du chenal seront pris en charge par le Port Autonome d’Abidjan ». Un périmètre du contrat qui ne correspond pas tout à fait à ce qui avait été annoncé au moment du résultat de l’appel d’offres, le 25 mars dernier. Bolloré Africa Logistics et ses deux partenaires déclaraient alors que le consortium s’était « engagé à construire un terre-plein de 35 hectares ».

Le groupement, dont fait partie la filiale "Travaux publics" du constructeur français Bouygues,  a donc "perdu" entre l’attribution du contrat en mars et sa signature en décembre, la réalisation de ce terre-plein.

Un prêt de 700 millions d'euros de China Eximbank

Le site de "Jeune Afrique" indiquait fin décembre que la réalisation de ce terre-plein avait depuis été attribuée au groupe de BTP China Harbour Engineering Corporation Ltd (CHEC), déjà en charge de la construction du quai et de l’élargissement du chenal.

À noter que ces travaux, placés sous la responsabilité du PAA, seront financés en partie grâce à un prêt de 700 millions d’euros accordé à l’État ivoirien, propriétaire du port, par la banque publique chinoise China Eximbank.

Il est donc probable que la construction du terre-plein ait été retirée au consortium Bolloré-Bouygues-APMT lors d’une nouvelle période de négociations sur la convention de concession, menées du 19 au 21 juin derniers entre l’État ivoirien et le consortium. Et il est possible que le transfert des travaux pour le terre-plein au constructeur chinois se soit effectué postérieurement à ces négociations.
À leur issue, en juin, la signature définitive du contrat de concession avait été annoncée pour le 31 juillet au plus tard, avant d’être reportée au 19 décembre, sans que les raisons en aient été indiquées.

Contacté par le BEM, Bolloré Africa Logistics assure qu’aucun changement n’est intervenu dans la répartition des responsabilités entre le consortium et le Port Autonome d’Abidjan. En revanche, Bouygues Construction a confirmé au BEM que le contrat de concession incluait, dans un premier temps une part importante de génie civil que la filiale "Travaux Publics" du groupe aurait dû réaliser. Cette part leur a ensuite été « retirée au cours de la dernière phase de l’appel d’offres », ce qui expliquerait la différence entre les deux communiqués de presse de Bolloré Africa Logistics. Par ailleurs, Bouygues a précisé « ne pas être en charge des travaux de construction incombant au groupement dont il fait partie, et être seulement actionnaire minoritaire ».

Une attribution contestée

L’appel d’offres pour ce contrat soulignait la nécessité « d’accroître la compétitivité du port par le jeu de la concurrence ». Or, Bolloré Africa Logistics et APMT sont déjà concessionnaires du premier terminal de conteneurs, ce qui offrait à ces deux groupes une situation de monopole. L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a reçu plusieurs plaintes de candidats malheureux à la concession du TC2.
L’UEMOA n’a pas encore rendu ses conclusions. Malgré ces contretemps, Bolloré prévoit que le second terminal à conteneurs du Port d’Abidjan sera opérationnel à partir de janvier 2018, après quatre ans de travaux.

Plus d'information sur la construction à l’international avec le Bulletin Européen du Moniteur (BEM).

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