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MENUISERIE Profession et conjoncture Pas de morosité malgré le ralentissement de l’activité
PHOTO - angers.eps - © BLANDINE DAHÉRON

MENUISERIE Profession et conjoncture Pas de morosité malgré le ralentissement de l’activité

le 28/11/2008  |  ImmobilierCollectivités localesArchitectureDeux-SèvresMaine-et-Loire

«La conjoncture dans l’Ouest est semblable à ce qui se passe dans le reste de la France. Le logement connait un fort ralentissement. On sent un net coup d’arrêt. Cependant, les fondamentaux restent bons. Nous ne sommes pas dans la situation du début des années 1990, où il y avait un stock énorme de logements à liquider. Aujourd’hui, la crise vient des financements qu’ils soient publics ou privés. On espère que, quand la crise financière sera passée, les besoins étant toujours là, le marché repartira aussi vite qu’il s’est arrêté », explique François Asselin, président de l’Union charpente, menuiserie, parquet, au sein de la FFB. Si François Asselin mise sur l’avenir, c’est aussi parce que le bois est redevenu à la mode. « Nous avons la chance de travailler et de mettre en œuvre un matériau qui va dans le sens de l’histoire. Tout ce qui est construction bois affiche d’excellents bilans énergétiques et carbone. On arrive à obtenir des performances maximales dans le neuf et dans la rénovation qui correspondent aux exigences du Grenelle de l’environnement .»

Un métier qui bouge

Entreprise basée à Thouars (Deux-Sèvres) employant 130 personnes sur ses différents sites pour un chiffre d’affaires de quelque 14 millions d’euros, Asselin fait partie de ces PME qui constituent l’essentiel du tissu de ce secteur du bâtiment. « Il n’y a pas de grands groupes industriels au sein de notre métier. Le tissu est surtout composé de PME diversifiées. Il y a de très belles entreprises, de taille moyenne, dotées d’un savoir-faire extrêmement pointu. La construction bois demande un niveau de technicité important. Même si la mise en œuvre parait simple, le bois demeure un produit très technique», estime François Asselin. Il reconnait que le métier est en train de changer. «Demain un charpentier qui ne saura pas parler de thermique risque d’être fortement handicapé. En effet, le client va lui demander des performances énergétiques auxquelles il devra répondre aussi bien par la mise en œuvre que par la fabrication.»

L’arrivée des industriels

Un secteur porteur d’avenir ne peut laisser indifférents les industriels, il aiguise leurs appétits. « Les choses sont en train de bouger. Comme on s’aperçoit que le secteur de la construction bois offre de réelles opportunités, des groupes commencent à s’y intéresser. On le voit déjà avec Bénéteau. Mais, certains de nos adhérents réfléchissent à la mise en place d’unités de production industrielle?», note le président.

Formation Angers : un rayonnement national

Créé en 1970, le centre de formation des compagnons du devoir, à Angers, accueille trois types de publics : des apprentis, des salariés d’entreprises, et des jeunes qui réalisent leur Tour de France. « Dans le cadre de leur voyage, ces derniers suivent une formation continue, des cours du soir et le samedi. C’est un choix de vie pendant quatre ou cinq ans », explique Bruno Aubry, responsable régional de la formation. Les formations en apprentissage sont de niveau 5 (CAP et BEP), et préparent aux métiers de charpentier, menuisier, mécanicien, serrurier, chaudronnier et plombier.

A Angers, deux groupes se forment actuellement au métier de la charpente, domaine dont ce centre s’est fait une spécialité. Les Compagnons du Devoir ont, en effet, créé un institut supérieur au rayonnement national. Il propose des formations spécifiques, telle la construction de maisons en ossature bois. Les stagiaires se forment avec des logiciels de charpente en CAO - DAO, et apprennent les calculs et dimensionnements. L’institut de recherche travaille avec les Etats-Unis, où les maisons bois sont très présentes, favorisant des échanges d’expériences entre architectes et charpentiers.

Chaque année, le centre reçoit environ 300 apprentis, 150 personnes en formation professionnelle de perfectionnement, et une centaine sont en formation ponctuelle. « Depuis quatre ou cinq ans, arrivent de nouveaux profils, ce sont des jeunes bacheliers, ou post-bac, dotés de quelques années d’études supérieures, qui souhaitent acquérir les bases d’un métier, pendant un an. Dans le secteur de la charpente, nous avons dû refuser du monde », constate Bruno Aubry.

"La prévention est un outil d'amélioration de l'organisation"

Yves CHASSAGNE, Ingénieur prévention de l’OPPBTP

« Sur le terrain, nous rencontrons des entreprises qui obtiennent des baisses significatives d’accidents du travail, depuis plusieurs années, en adhérant à une politique de prévention prise comme outil d’amélioration dans l’organisation, la technique et l’humain. A travers cette démarche de réflexion commune, les entreprises du BTP dégagent de nombreux gains tant humains que financiers, à l’heure où la recherche des compétences et des marges deviennent cruciales. Les entreprises s’adaptent aux exigences de maitres d’ouvrage qui mettent, eux aussi, en œuvre un référentiel de prévention sur leurs chantiers pour éviter les accidents, les retards, les pathologies. »

Trois questions à François Pelegrin – architecte « L’architecture a tout à gagner à s’appuyer sur l’industrie » Vous avez été sélectionné par le groupement Bénéteau/CFA comme maître d’œuvre de leur nouvelle activité dédiée aux maisons à ossature bois. Pourquoi, selon vous, votre candidature a-t-elle été retenue ?

Mon parcours a probablement fait la différence, car je m’intéresse depuis très longtemps à un sujet qui fait frémir les architectes et le monde du BTP, à savoir l’industrialisation de la construction de logements résidentiels quelle que soit la filière (bois, acier, béton…). Je suis convaincu que l’on peut faire des projets sur-mesure industrialisés et cela implique un déplacement de la valeur ajoutée. Il est certain que l’industrie ne doit pas dicter l’architecture, mais l’architecture a tout à gagner à s’appuyer sur l’industrie.

Quelle est votre feuille de route fixée par Bénéteau/CFA ?

Il s’agit de concevoir un système ouvert permettant de faire des architectures variées qui doivent pouvoir s’intégrer dans n’importe quel site et être utilisable par d’autres architectes. L’idée n’est pas de faire de la maison diffuse, mais des groupements de 10 à 30 unités à la géométrie variable avec une diversité de formes de couvertures et de matériaux de façade (bois, terre cuite, végétale, acier…) de percements. L’enjeu est la performance environnementale et thermique (label BBC) à coût maîtrisé. Nous sommes lauréats de CQFD (consultation lancée par le Puca) et lauréats du récent appel d’offres lancé par SNI.

En quoi ce projet est-il innovant ?

La véritable innovation tient au process : conception, industrialisation, transport, assemblage sur site des modules 3D. Le temps de construction est réduit à quelques jours et on s’affranchit totalement des aléas de chantier.

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Transport Du sur-mesure pour distribuer les petites commandes de menuiserie

«Nous ne sommes pas seulement des transporteurs, mais des industriels au service des professionnels de la fenêtre », aime à préciser Christian Ogereau, président des transports TRS. Basée aux Cerqueux, près de Cholet, cette PME de 119 salariés et 10,3 millions d’euros de chiffre d’affaires est spécialisée dans le transport sur-mesure de fenêtres, portes d’entrée et portails. Depuis sa création en 1989, TRS a mis au point un dispositif pointu permettant de répondre aux besoins des fabricants de menuiseries pour distribuer leurs petites commandes. L’ensemble des commandes et l’essentiel des produits sont centralisés au siège, puis répartis deux fois par semaine dans les 70 tournées hebdomadaires, dont 11 sont effectuées dans l’Ouest et le reste sur l’Hexagone.

Les chauffeurs commencent la semaine par les livraisons chez les négociants et magasins de matériaux et la terminent en récupérant les menuiseries à livrer chez les fabricants. « Cela permet d’optimiser les déplacements en évitant de rouler à vide, ajoute Christian Ogereau, mais implique également que nous travaillions les nuits de vendredi, dimanche et mercredi pour charger et recharger les camions. » Les produits sont rapatriés sur les plateformes d’éclatement situées aux Cerqueux et à Rungis qui reste dédié au trafic d’Ile-de-France (8 salariés). Le dispositif a été complété en 2005 avec la création de TLDS (1,45 million d’euros de chiffre d’affaires avec neuf salariés), une filiale dédiée aux livraisons réalisées pour le compte d’un seul client. TRS s’est de plus dotée d’un centre de formation interne afin d’assurer une formation « maison » à ses conducteurs.

A partir de décembre, TRS dispose d’un troisième quai à Lyon afin de doper son activité sur le quart sud-est de la France. Cette nouvelle implantation concrétisera l’alliance que TRS vient de finaliser avec les transports Tremblaye du Mans, elle doit permettre aux deux partenaires de travailler avec les principaux fabricants français de menuiseries, voire de se positionner sur des marchés européens.

« Impossible de trouver un menuisier qualifié »

François Asselin, président Union charpente, menuiserie, parquet (FFB)

« Le développement du secteur risque d’être entravé par le manque de main-d’œuvre. La seule main d’œuvre disponible est celle que l’on forme. Il est pratiquement impossible de trouver sur le marché du travail un menuisier ou un charpentier qualifié. Malgré le ralentissement, on ne voit pas la courbe de l’emploi s’inverser. Les entreprises gardent leur effectif qualifié. Les seules possibilités offertes résident dans les jeunes et les adultes en reconversion. Les principaux moyens pour renforcer nos effectifs consistent à former des jeunes à travers l’apprentissage ou à recruter des adultes qui entrent dans les métiers du bâtiment après un cursus qui ne les y préparait pas. Là, on a quelquefois de très belles réussites. »

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