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Menaces sur le paquet énergie-climat
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Menaces sur le paquet énergie-climat

Leysens Eric |  le 09/09/2008  |  InternationalEnergies renouvelablesDirective européennePerformance énergétiqueEurope

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Avec le recul de la croissance, les oppositions au train de mesures climatiques se font plus nombreuses.Revue de détails.

Président en exercice (pour ces nombreux domaines) de l’Union européenne, Jean-Louis Borloo ne cesse de le répéter : l’adoption du paquet "Energie-climat" est sa priorité. Or, établir un cadre consensuel sur la baisse de 20% des émissions de CO2 (réforme de l’ETS et CCS), l’améliorations de 20% de l’efficacité énergétique
et la constitution d’un mix énergétique comportant 20% de renouvelables n’est pas une mince affaire. L’affaire
se présente d’autant plus mal que le contexte a évolué depuis la présentation, en début d’année, des mesures constituant le 3 x 20%.

La difficile révision de l’ETS
La menace de récession économique fait monter au créneau lobbies et diplomates. C’est sur la révision de la directive "Quotas" que les passions se déchaînent le plus. Les entreprises énergivores allemandes, autrichiennes, finlandaises, italiennes et françaises s’opposent à la mise aux enchères des dits quotas. Certaines compagnies, les cimentiers par exemple, militent pour être exemptées d’enchères, se jugeant trop fragiles, par rapport à la concurrence non-européennes, pour supporter de tels surcoûts. Mais, les Etats ne l’entendent pas ainsi. Dans l’hypothèse où la totalité des quotas serait vendue au prix actuel, les 27 Etats membres engrangeraient, collectivement, une quarantaine de milliards d’euros. Pas inintéressant par les temps qui courent ! Hélas, certains acteurs, des ONG notamment, demandent que tout ou partie de cette recette soit utilisée pour financer l’aide à l’adaptation aux changements climatiques des pays en développement. Pusillanime, la Commission propose seulement que 20% du revenu puissent être utilisés dans ce sens. De quoi faire tousser les chancelleries, notamment à Londres et à Berlin, qui ne veulent à aucun prix perdre cette ressource. Problème, c’était là la seule source d’argent disponible sur laquelle l’Europe pouvait compter pour intéresser les pays émergents à un accord devant succéder au protocole de Kyoto. Pour tenter de concilier les points de vue des entreprises et des ministères des Finances,les gouvernements européens souhaitent que, dès l’an prochain, une liste des entreprises "sensibles" soit dressée ; entreprises qui pourraient alors bénéficier de mesures particulières (prix plafond des quotas, par exemple). Problème, là encore, tout le monde n’est pas d’accord sur la date de publication de ladite liste : avant ou après la conférence climat de Copenhague ? Sans avoir convaincu l’ensemble de ses partenaires, Paris devrait pousser à nouveau sa taxe carbone sur les importations en provenance des pays jugés peu actifs sur le climat.
Une démarche quasiment vouée à l’échec, si l’on en croit une récente note du Conseil d’analyse stratégique. Autre sujet de discorde : le durcissement de l’objectif de baisse des émissions de dioxyde de carbone européennes à l’horizon 2020.
En clair, l’Europe se fixe unilatéralement comme but de réduire d’un cinquième ses rejets carbonés d’ici à 2020. Sauf, pour le cas où serait conclu un accord international encadrant le post-2012 ; auquel cas, l’UE tenterait de diminuer d’un tiers ses émissions. Crise économique oblige, cette proposition enchante de moins en moins de capitale européenne.

Energies non carbonées
Le paquet «Efficacité énergétique» n’est pas mieux loti. Freinée par l’Allemagne, la révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments devrait accuser un sérieux retard.
Certains observateurs espèrent toutefois que le prochain Conseil européen des 20 et 21 octobre (en partie consacré à la politique énergétique commune) mandate la Commission pour préparer un texte obligeant les Etats membres à accroître de 20% leurs économies d’énergie. Ce n’est pas gagné, là non plus. Les énergies renouvelables
sont un autre sujet âprement discuté par les 27. Certains pays contestent toujours leur objectif national. D’autres, dont la France, préféreraient que l’on substitue aux énergies renouvelables les
énergies non carbonées. Toute ressemblance avec un parc de production d’électricité lancé en 1973 serait purement fortuite. Autant de divergences laissent supposer qu’il sera difficile à Jean-Louis Borloo de suivre sa feuille de route initiale : accord politique lors du Conseil d’octobre et adoption des textes, en première lecture, avant la fin de l’année.
A moins d’un sacré miracle !

Valéry Laramée de Tannenberg

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