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MECCANO GÉANT SUR LE TOIT D'UN BUNKER

le 22/11/2018  |  MatériauxMorbihanSecond œuvreToiture

À Lorient, l'installation d'une scène des musiques actuelles au cœur d'un bunker a nécessité une reprise totale de la couverture du blockhaus, avec le développement d'une solution de sur-toiture unique en son genre.

Composée de trois bunkers monumentaux de la Seconde Guerre mondiale, la base des sous-marins de Lorient (56) entre dans la nouvelle étape d'une reconversion démarrée en 2001 : d'ici à fin 2018, une scène des musiques actuelles (Smac) s'insérera dans l'un des bunkers, le Keroman 2 (K2). En 2015, à l'issue d'un diagnostic du site, plusieurs interventions y ont été programmées, dont la reprise des bétons en façade et la construction d'une sur-toiture supportant une ferme solaire de 20 000 m 2 (puissance installée de 3 mégawatts). La réalisation de la sur-toiture a constitué un chantier hors norme du fait de la surface et des particularités de la toiture, non plane, de 20 000 m 2 et de 4 mètres d'épaisseur (dont 2,50 m de béton armé recouverts d'une « galette » de granit destinée à amortir le choc des bombardements). Il a également fallu tenir compte des éléments architecturaux à conserver (tourelles, édicules, pyramide de recouvrement des joints de dilatation… ) et des équipements techniques à intégrer, comme la centrale de désenfumage et les gaines de ventilation de la future Smac.

« L'objectif initial était d ' étancher, le besoin du photovoltaïque n' étant intervenu que dans un second temps, précise l'architecte Mhedi Baa, de l'agence Menguy. La solution d 'une toiture rapportée a vite été privilégiée compte tenu de l ' état et de l 'encombrement de la couverture d 'origine. Pour reprendre une étanchéité comme celle-ci, il aurait fallu déposer la couche bitumeuse de l'époque, détruire et éliminer les blocs de granit, démolir les constructions existantes sur le toit, reprendre toute la surface de béton… Sans écarter le risque, à moyen terme, d'infiltrations d 'eau dans la masse. Rajoutons à cela, les contraintes d 'exposition du photovoltaïque et d ' évacuation des eaux pluviales… Nous avons préféré repartir à zéro en proposant un ouvrage sain, à la maintenance plus simple. »

Évacuer les eaux pluviales

Dans une perspective conservatoire du bâtiment historique, le maître d'ouvrage préconisait une hauteur minimale de couverture. Or, les premiers calculs du bureau d'études ont généré une tout autre géométrie. « La hauteur de la sur-toiture (jusqu'à 7,3 m) s'explique en partie par les contraintes liées à la gestion des eaux pluviales, explique Jean-François Renaud, directeur du bureau d'études Betem Atlantique. En effet, une telle surface plate génère une forte accumulation des précipitations. Or, les réseaux d 'origine en pied de bâtiment n' étaient pas calibrés pour récupérer de tels volumes, éliminés autrefois majoritairement par évaporation. Multiplier les points de sortie autour du bunker, cerné par une dalle de béton de 6 mètres d ' épaisseur, était inenvisageable, de même que l 'ajout de descentes supplémentaires, qui auraient dénaturé la façade. »

La solution a consisté en l'installation de 200 m linéaires de bacs de rétention (capacité de 180 m 3 ) au droit de la sur-toiture, sur la banquette de béton qui cerne le toit du bunker. Ce cheminement préexistant, qui supporte entre autres les raccordements de gouttières d'origine, a été repris et étanché. Un décapement de l'asphalte pour retrouver le support béton, traité ensuite par l'apport d'un système bicouche (isolant thermique et membrane d'étanchéité). Placés au niveau du point bas des trois chéneaux longs de 120 m (pente 1,5 %), les bacs, dimensionnés pour des pluies centennales, ont été reliés au réseau d'évacuation d'origine. « Le point haut des bacs correspond au point bas du chéneau (1,50 m). À la pente du chéneau, il faut ajouter l'inclinaison obligatoire des capteurs photovoltaïques de 10 degrés sur chaque rampant pour optimiser le captage solaire et éviter les [...]

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