Energie

Matériels : les pneus verts, une révolution à la gomme ?

Mots clés : Carburant - Information - communication - événementiel - Produits et matériaux

Avec un nouveau système d’étiquetage imposé par l’Union européenne, à compter du 1e novembre 2012, les pneus font leur révolution verte. À la clé, une meilleure information pour le consommateur, mais surtout la mise en avant des produits les plus économes en carburant et donc les plus écologiques. Reste à faire passer l’idée d’un pneu plus cher à l’achat, mais moins à l’usage.

L’idée n’est pas neuve, tout comme l’appellation, mais le « pneu vert » pourrait connaître un développement très rapide grâce à une nouvelle législation européenne, c’est en tout cas la conviction de certains industriels : fournisseurs comme constructeurs. Il faut dire que le contexte est favorable pour les pneus à faible résistance au mouvement (lorsque le pneu dissipe un maximum d’énergie en se déformant et en s’échauffant, même lorsqu’il est bien gonflé), synonyme d’économies de carburant et donc de réduction d’émissions de CO2, sachant qu’un 5e de l’énergie d’entraînement du moteur est utilisée pour contrer la seule résistance des pneus au roulement (à 80 km/h). Entre la montée des prix des carburants à la pompe et la sensibilité croissante des consommateurs aux problématiques environnementales, le pneu « vert » a de solides arguments à faire valoir, d’autant que le territoire est balisé par les constructeurs depuis un certain temps et que l’économie induite par des changements de pneus est simple à mettre en œuvre et immédiate.

 

Affichage de la qualité environnementale et énergétique au 1er novembre

 

Le règlement n°1222/2009/CE du 25 novembre 2009 rendra obligatoire pour les fabricants et distributeurs de pneus, à compter du 1e novembre 2012, l’affichage de la qualité environnementale et énergétique des pneus neufs produits après le 1e juillet 2012. Ainsi, le consommateur pourra s’y retrouver plus simplement parmi les dizaines de modèles qui lui sont proposés, à l’instar de ce qui s’est passé avec les produits électroménagers. 3 critères sont mis en avant (cf. photo) : l’efficacité énergétique (les économies de carburant), l’adhérence au sol (le freinage et la tenue de route) et les émissions sonores (le bruit). Les pneus sont ainsi notés, sur ces 3 critères, de A à G, permettant à l’acheteur potentiel une comparaison et une compréhension des qualités du produit.

 

Retour sur investissement prévu : environ deux ans

 

Ces pneus, plus chers à l’achat, seraient rentables dans les deux ans en moyenne, grâce aux économies de carburant. C’est en tout cas ce qu’affirme le groupe de chimie de spécialités Lanxess. Le leader mondial de la fabrication du caoutchouc et de la fourniture de matière première à l’industrie des pneumatiques a même mis en place un site internet et une application (cf. encadré) pour calculer ces économies de carburant et le bénéfice environnemental d’un changement de catégories de pneus.

 

Des caoutchoucs innovants

 

Lanxens, justement, croit beaucoup au succès de ce marché qui rentre parfaitement dans sa stratégie de croissance autour de la mobilité, l’un de ces 4 axes de développement prioritaires avec l’eau, l’urbanisation et l’agriculture. Le groupe allemand, constitué à partir des secteurs Chimie et Polymères de Bayer en 2004, prévoit en effet une augmentation de 77 % de la demande de « pneus verts » entre 2010 et 2015. Du pain béni pour ce producteur de caoutchoucs de synthèse appropriés (caoutchouc butadiène – NdBR – catalysé au néodyme ou caoutchouc butyle) qui met en avant, outre les qualités environnementales, les progrès en termes de sécurité au freinage des dernières évolutions pneumatiques. Il faut dire que l’entreprise fournit en gommes la plupart des constructeurs de pneus, verts ou pas, et que son budget Recherche et développement pour 2011 a atteint la somme de 144 millions d’euros, soit une augmentation de +24 % par rapport à l’année précédente.

Sur son usine française de Port Jérôme, près du Havre, en pointe sur la production de ces caoutchoucs innovants, Lanxess a fait le choix d’investir 30 millions d’euros pour améliorer la productivité et l’efficacité énergétique du site. La capacité actuelle, qui avoisine les 140 000 tonnes par an et destinée au marché export à 90 %, sera bientôt complétée par la construction d’une nouvelle usine de caoutchouc NdBR à Singapour. Cet investissement de 200 millions d’euros, pour une mise en service en 2015, a été décidé pour faire face à une demande asiatique, y compris chinoise, en plein boom. Le marché mondial du pneu, porté par la croissance de la demande asiatique, ne connaît pas la crise. Deux milliards de pneus neufs devraient être fabriqués dans le monde en 2015, soit +25 % pour l’ensemble de l’industrie des pneumatiques par rapport à aujourd’hui.

 

20 milliards de litres de carburant économisés par an dans le monde

 

Or, si tous les véhicules étaient équipés de pneus à faible résistance au roulement, 20 milliards de litres de carburant et 50 millions de tonnes de CO2 pourraient être économisés chaque année, dès aujourd’hui. Pour atteindre cet objectif, l’Union européenne n’est pas la seule à adopter un étiquetage qui promeut le pneu « vert ». Si au Japon, l’étiquetage des pneus existe depuis 2010, mais n’est pas obligatoire, la Corée du Sud prévoit également pour cette année un étiquetage obligatoire des pneus et les États-Unis et le Brésil ont entrepris des efforts dans ce sens. Autant de viviers de croissance potentielle pour Lanxess, ses 8,8 milliards de chiffre d’affaire et ses 49 usines réparties dans 30 pays. Reste que l’Europe, et particulièrement la France, est bien disposée à accueillir ces pneus « verts » en raison de la présence de toute la chaîne de fabrication : fournisseurs, fabricants et producteurs. De quoi redonner le sourire aux industriels, et pas qu’un pneu.

Focus

Une application et un site internet pour calculer la rentabilité de ses pneus !

Les « pneus verts », plus chers à l’achat, ne le sont pas forcément à l’usage, c’est en tout cas ce que permet de calculer l’application de Lanxess. Le principe est simple, quelques informations à entrer (kilométrage annuel, consommation du véhicule, type de routes empruntées, sans oublier le prix du carburant) suffisent à déterminer le potentiel d’économies pour le consommateur en fonction du choix de ses pneumatiques. Sont également indiqués les bénéfices en termes d’impact environnemental (en kgCO2 économisés).

Le calculateur d’économies de carburant de Lanxess est disponible, gratuitement, sur le site internet (http://gm-spritrechner.lanxess.com/public/fr), mais aussi par le biais d’une application pour iPhone et iPad. Ces 2 applications ne sont pour l’instant disponibles qu’en anglais ou en allemand, mais la version française sera téléchargeable à partir du 1e août et sera disponible ultérieurement pour les systèmes Android.

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