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Marseille peaufine son « schéma de cohérence »

JEAN-MARC MATALON |  le 23/05/1997  |  Bouches-du-RhôneFrance Collectivités localesDroit de l'urbanismeEspaces verts

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-Trois grands axes pour le programme urbain de la municipalité. -Un espace vert à la place de l'ancienne gare du Prado, davantage d'équipements publics dans l'hypercentre et la réhabilitation du quartier Baille-Timone.

Après plusieurs mois d'études, la ville de Marseille vient de finaliser son « schéma de cohérence ». Ce document - qui va à présent être proposé à la concertation des Marseillais - a l'ambition de fixer un cadre permettant de conduire l'action publique et de guider les orientations de la promotion privée.

Intégré à la fois à la réflexion de la directive territoriale d'aménagement de l'aire métropolitaine marseillaise et au processus de révision du plan d'occupation des sols, ce schéma de cohérence préfigure ce que sera le développement de Marseille à l'horizon 2015. Un développement que Jean-Claude Gaudin, maire de la ville, souhaite mener sur trois fronts : la dynamisation des espaces économiques ; l'amélioration des services rendus à la population ; et la mise en place d'une nouvelle politique de l'habitat fondée sur une réhabilitation du centre-ville, une revitalisation des noyaux villageois et une « recouture » du tissu urbain.

Pour mener à bien ces différents objectifs, plusieurs grandes opérations d'urbanisme sont d'ores déjà élaborées. Il s'agit d'opérations « structurantes » destinées à accompagner et conforter les programmes en cours tels qu'Euroméditerranée ou le grand projet urbain. Parmi les principales réalisations annoncées et détaillées dans le schéma de cohérence, citons l'aménagement d'un parc urbain sur l'ancienne gare du Prado, la requalification du quartier Baille-Timone ou encore le lancement de nombreuses opérations d'urbanisme dans l'hypercentre.

Pour Jean-Claude Gaudin, tous ces projets devront être menés « de manière coordonnée et harmonieuse, en équilibrant les investissements publics et privés et en mettant un terme à l'antagonisme historique entre le nord et le sud de la ville ».

Un « Hyde Park » marseillais à la gare du Prado

Le projet de parc public sur le site actuel de la gare du Prado vise à donner une unité urbaine à une zone de 200 ha qui s'étend entre les quartiers du Rouet, Cantini, Mempenti et Rabatau, et à offrir à ses habitants un cadre de vie de qualité. Le projet municipal consiste à créer un vaste espace vert sur les terrains appartenant à la SNCF. A l'heure actuelle, la mairie et la société nationale sont en négociations pour évaluer les cessions foncières. Aucun chiffre n'a filtré, mais Jean-Claude Gaudin espère obtenir un tarif « raisonnable ». Le maire fait remarquer que dans le cadre d'Euroméditerranée, la SNCF espère obtenir de la ville les droits à utiliser un tunnel lui permettant de relier la gare Saint-Charles au domaine portuaire d'Arenc. Les deux transactions pourraient donc être liées et permettre de lancer les études techniques et le concours d'architecture en vue de la réalisation du futur parc urbain du Prado. Cet équipement de 10 ha, devant servir « de point de jonction entre les secteurs sud, est et centre de Marseille ».

Le lancement de l'opération (dont le démarrage est prévu en 1999) impliquera le déménagement du centre de transfert des ordures ménagères situé à proximité. Un déménagement prévu dans le cadre de la réalisation de deux nouvelles unités de traitement des déchets urbains, destinées à remplacer la décharge à ciel ouvert d'Entressen...

Vers le sud, on devrait assister à une requalification du quartier du Rouet, dont la fonction sera de servir de « passerelle » avec la première partie du Prado. L'aménagement de la rue Louis-Rège est d'ores et déjà prévu, cette artère étant appelée à devenir l'une des portes du parc urbain.

Dans le même temps, le quartier Mempenti, également isolé, devrait être relié au parc par un pont enjambant l'autoroute.

Enfin, à l'est, sur le parc d'activités de la Capelette, une ZAC, destinée à regrouper sur un même site plusieurs professionnels de l'automobile, a déjà été lancée ; d'autres opérations devraient voir le jour dans la vallée de l'Huveaune. Il faut aussi s'attendre à d'importants travaux de voirie. Les axes Cantini, Rabatau, ainsi que la place du Général-Ferrier seront totalement repensés.

Quant au parc même, on ne connaît rien de sa configuration. On sait simplement que la municipalité envisage d'y planter vingt-six séquoias afin de symboliser les vingt-six siècles d'existence de la cité phocéenne.

PHOTO : Les terrains appartenant à la SNCF deviendront un vaste espace vert de 10 hectares.

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Baille-Conception : Un nouveau quartier en l'an 2000

La municipalité marseillaise a décidé de tirer un trait sur le projet de Cité de la biotique, tel que Robert Vigouroux l'avait lancé en 1992. L'ancien maire de Marseille souhaitait réserver 60 000 m2 entre les hôpitaux de la Timone et de la Conception, pour y implanter des laboratoires et des entreprises dirigées vers le milieu hospitalier. Estimant que la ville compte déjà deux pôles orientés vers les activités médicales (Luminy et Château-Gombert), Jean-Claude Gaudin vient d'annoncer que les terrains « réservés » par l'ancienne équipe municipale allaient être réaffectés à deux opérations d'urbanisme. Deux opérations destinées à « requalifier » un quartier idéalement situé mais vieillissant.

La première phase du projet aura pour cadre une zone de 10 250 m2 entre le boulevard Baille et l'hôpital de la Conception. Sur ce secteur sont prévus plusieurs équipements publics (complexe sportif, maison de quartier, jardin d'enfant, places de stationnement, ainsi que 5 000 m2 d'espaces verts).

La seconde phase comprendra des logements neufs - un programme privé de 250 appartements est annoncé-, des bureaux et 650 places de parking, sur 16 700 m2 entre le boulevard Baille et la rue Rousseau.

Pour l'heure, la municipalité négocie avec l'Assistance publique, principal propriétaire foncier du quartier, mais elle prévoit de modifier le plan d'aménagement de zone dans les prochains mois. L'enquête publique et la concertation devront être lancées au début de l'année prochaine.

Les permis de construire seront délivrés à la fin du premier semestre 1998. Les travaux s'engageront alors dans la foulée, sans doute fin 1998, pour une livraison de la première tranche prévue courant 1999. La totalité de l'opération, dont le coût global est estimé à 300 millions de francs, sera commercialisée en 2000.

DESSIN : Un programme privé de 250 appartements est annoncé dans le quartier de Baille-Timone.

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A la reconquête du centre-ville

Le troisième volet du schéma de cohérence représente un enjeu à la dimension de l'agglomération marseillaise, puisqu'il s'agit de revitaliser le centre en enrayant la chute démographique (diminution de 20 % de la population en 10 ans). Aussi, la municipalité va utiliser deux armes : multiplier les équipements publics dans le triangle Canebière-Belsunce-Chapître et réhabiliter des logements vacants ou très délabrés dans l'hyper-centre.

Parmi les grands projets structurants, on peut citer l'installation de la faculté de droit et d'économie appliquée sur la Canebière (1 550 étudiants attendus dès la rentrée 1999), la localisation sur le site de l'Alcazar de la Bibliothèque municipale à vocation régionale (350 millions) ou encore la création d'un pôle universitaire (finances et commerce international) à la Porte d'Aix, dans le cadre d'Euroméditerranée.

Ces opérations, à la fois lourdes et volontaristes, sont destinées selon Jean-Claude Gaudin, à « reconquérir les fonctions de centralité ». Elles seront accompagnées de programmes plus légers comme la réalisation d'équipements de proximité visant à faire du centre-ville « un quartier comme les autres ».

Enfin, la municipalité va entreprendre des travaux sur la voirie et les espaces publics « à hauteur de 10 millions de francs par an jusqu'en 2001 ».

Concernant la réhabilitation, deux périmètres sont définis. L'un au Panier (11 ha, 1 700 logements), l'autre dans le secteur Belsunce-Noailles-Chapître (30 ha, 3 600 logements). Parallèlement, deux zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) sont mises en place. Dans les deux secteurs concernés, la réhabilitation est déjà bien engagée. En deux ans, plus de 700 logements ont été rénovés.

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