Immobilier

Marseille construit un nouveau modèle d’hébergement pour les SDF

Mots clés : Chapiteaux, tentes, structures - Droit au logement - Établissements de soins - Innovations

Portée par le laboratoire d’innovation publique « Lab zéro », la ville de Marseille tente de repenser le modèle d’accueil des SDF par la création de structures d’hébergement temporaire, plus accueillantes. Les occupants pourraient y loger mais également y travailler.  

 

Très engagée dans l’accueil des populations démunies, la cité phocéenne a pour ambition de transformer les bâtiments publics vides en structures immobilières temporaires abritant logements, bureaux et restaurants. « On veut offrir un logement temporaire digne à tous les SDF, sans restriction, et sortir de la logique de la file d’attente du 115 », explique Marthe Pommié, à la tête du « Lab zéro », un laboratoire d’innovation publique financé par l’Etat et coordonné par la préfecture de région. Depuis un an, le « Lab zéro » a déjà mis à disposition des sans domiciles la résidence Bernard du Bois, dans le centre de Marseille. D’ici la fin de l’année, la structure espère y loger 80 à 120 personnes, mais aussi y louer des espaces à des entreprises et confier à une association un restaurant accessible à tous. « On viendra dans ce lieu pour y loger, mais aussi pour manger pour 5 euros ou pour travailler, on ne cloisonne pas les SDF », détaille Marthe Pommié. Chaque personne ou famille accueillie pourra rester plusieurs mois dans son appartement, sans se préoccuper de contacter le 115, assurent les promoteurs du projet.

 

Zéro SDF d’ici 10 ans

 

Pour atteindre son objectif « zéro SDF » d’ici 10 ans, le « Lab zéro » cherche à prouver que les occupations temporaires sont doublement bénéfiques : elles génèrent une économie locale, et sont rentables pour l’Etat, qui dépense 150 000 euros par an et par bâtiment en moyenne pour entretenir un patrimoine immobilier vide qui se dégrade, toujours selon le « Lab zéro ». Le laboratoire qui a remporté l’an passé un appel à projet du gouvernement pour la création de 12 laboratoires d’innovation publique en France participe au bouillonnement d’initiatives pour les SDF que connait la cité phocéenne depuis le succès du programme « Un chez-soi d’abord ». Généralisé par décret en 2016, ce dispositif vise à faciliter l’accès au logement des personnes en situation de grande précarité et présentant des troubles psychiques sévères. « On a la fausse impression qu’un SDF à la rue ne coûte rien, mais en fait, ses séjours à l’hôpital, en prison, l’hébergement et les soins d’urgence coûtent très cher », assure Aurélie Tinland, psychiatre à l’AP-HM, qui a lancé le programme « Un chez-soi d’abord » et participe maintenant au « Lab zéro ».

 

 

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