Margaux Fouquet dessine les monstres de la transition paysagère
Margaux Fouquet, élève paysagiste, et François Marre, créateur de la fondation Eve Marre, le 12 novembre au vernissage d'Infuser - © Laurent Miguet

Margaux Fouquet dessine les monstres de la transition paysagère

Laurent Miguet |  le 13/11/2019  |  Paysagistes concepteursEcoles nationales supérieures d'architecture (Ensa)Yvelineslyon

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Pendant ses 28 jours de marche entre la Slovénie et la France par l’Italie du Nord, Margaux Fouquet s’est imprégnée des vertus de la lenteur, en juillet dernier. Grâce au soutien financier de la fondation Eve Marre, l’élève paysagiste de bientôt 24 ans en a ramené un livre objet et une exposition, dont le vernissage a eu lieu le 12 novembre à l’école du paysage de Versailles.

Margaux Fouquet a trouvé son élément, dans l’alternance entre d’intenses efforts physiques et le repos quotidien propice à l’introspection. Principale différence par rapport aux explorateurs de l’ère préindustrielle : à la place de la plume, l’étudiante en quatrième année de l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles a utilisé un smartphone, pour mémoriser par écrit son rapport aux paysages. Elle a tenu son journal électronique dans les montagnes du nord de l’Italie, arpentées à pied en juillet dernier.

Ecrire sur smartphone

Le dessin, lui, reste le support indispensable à la panoplie de la nomade contemporaine, pour restituer une « errance qui a suscité des sens ». « Après six mois d’Erasmus en Slovénie, je me suis dit : « Arrêtons de nous téléporter, et revenons à pied ». L’impulsion est allée plus vite que les financements : la bonne nouvelle du soutien de la Fondation Eve Marre lui est parvenue pendant son périple.
Dans sa longue marche dont les points culminants, proches de 2500 mètres, se sont concentrés à l’approche de la France, la paysagiste a appris à mesurer les relations antagoniques entre tourisme et hospitalité : les régions les moins fréquentées, proches de la Slovénie, offrent plus de chances de rencontres inopinées et d’hébergements.

A travers ses dessins désignés comme des « monstres » par analogie aux ébauches de mise en page dans la presse écrite, elle interroge : « Comment montrer le métaphorisme du paysage ? » Et propose cette réponse : « Peu normé, le monstre matérialise l’écart entre la réalité et la nature". Intitulée "Infuser 46°5N12°54E-45°48N815E", l'exposition issue du périple laisse penser qu'elle aurait pu montrer cet écart sous toutes les autres latitudes et longitudes. 

L'instabilité ressentie en Italie du Nord rencontre celle des paysages d'une planète en transition vers l’inconnu. L’expérience conforte la vocation de Margaux Fouquet : « Plus que dans la conception, j’envisage de travailler dans la médiation paysagère, peut-être avec des enfants », annonce l’étudiante qui aura 24 ans en décembre.

Nouvelle vie pour Eve Marre

Pour montrer les monstres et mettre en expo les pensées de la paysagiste marcheuse, le déclic financier est venu d’une fondation adossée à la fondation de France, sous le nom d’Eve Marre, une architecte paysagiste lyonnaise décédée en 2009 à l’âge 29 ans, suite à une erreur médicale après un don de plasma. « L’argent récolté à la suite du procès a permis de poursuivre son œuvre », explique son père François Marre. Il s’est rendu au vernissage pour témoigner de « l’épanouissement apporté par les deux disciplines » choisies par sa fille.

En 2019, la fondation finance quatre projets d’élèves des deux écoles dont Eve Marre avait décroché les diplômes, avant de passer quatre ans à l’agence de paysage In Situ : l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles-Marseille et l’école nationale supérieure d’architecture de Lyon.

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