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Marchés de travaux : il faut aller vers une logique de juste prix

FABRICE LEMAITRE |  le 07/05/1999  |  Marchés publicsMaîtrise d'ouvragePassation de marchéFrance Réglementation

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Je me permets de vous adresser ce courrier en réaction à votre article intitulé « Marchés de travaux : prix et marges, retour à la normale », paru dans « Le Moniteur » no 4977 du 16 avril 1999.

Votre article fait un point sur la situation des marchés de travaux en France depuis l'amorce de reprise constatée en 1998 et qui semble vouloir se confirmer pour 1999.

Cependant, votre rapport est inquiétant à plusieurs titres. En effet, vos rédacteurs mettent en face à face maîtres d'ouvrage et entrepreneurs, et les réponses et commentaires qui en ressortent font apparaître une logique guerrière empreinte de pessimisme pour certains et d'optimisme pour les autres.

Nous pouvons y relever, de la part des entrepreneurs :

- « ... après des années de baisse, nous mettons en place une stratégie de hausse des prix... » ;

- « aujourd'hui, les maîtres d'ouvrage continuent à lancer des appels d'offres avec des enveloppes de prix très bas » ;

Et, de la part des maîtres d'ouvrage :

- « nous avons déjà commencé à revoir nos cahiers des charges. Pendant quatre ans, nous avons profité des prix bas et pu faire bénéficier les logements sociaux de prestations de qualité exceptionnelles. Nous allons devoir revenir à des prestations plus simples : privilégier des matériaux plus économiques, réduire dans certains cas la superficie des appartements ».

En résumé, plus les entreprises augmentent leur marge et moins les utilisateurs en ont pour leur argent : prestations à la baisse et diminution des superficies !

Il est effectivement anormal que les entreprises travaillent à perte, mais il est, en revanche, inconcevable de réduire la performance des programmes, tant en qualité qu'en quantité. Cette situation est bien souvent le résultat d'une gestion « approximative » des programmes et d'une stratégie « opportuniste » de la part des constructeurs.

En effet, nombreuses sont les opérations où la définition des prestations s'effectue lors de la négociation des forfaits avec les entreprises. Alors, oui, en période de crise, les entreprises sont tentées de proposer des prestations « enrichies » pour décrocher un contrat, mais cette situation perverse et mercantile amène aujourd'hui les maîtres d'ouvrage à ne plus savoir ce qu'ils achètent et les entrepreneurs à vendre moins, pour plus cher.

Une des solutions pour assainir des rapports, par trop commerciaux, entre maîtres d'ouvrage et constructeurs, consiste à placer au plus près de ces antagonistes un troisième intervenant, spécialiste des prix, et tenant lieu d'arbitre impartial et indépendant : l'économiste-vérificateur-conseil (AMO).

De par une logique régulatrice faite de prévision, de contrôle, et de maîtrise des coûts de la construction et des engagements, cet observateur, à la vision objective du marché de la construction, est en mesure de pouvoir déjouer bon nombre de manoeuvres ou de stratégies, allant à l'encontre du programme et de son enveloppe prévisionnelle.

Plus les règles du jeu sont définies en amont, plus le programme est précis et moins les manoeuvres « guerrières » pourront nuire aux performances de l'ouvrage (programme et enveloppe financière).

Bien plus qu'une logique, il s'agit, en réalité pour le maître d'ouvrage, d'une discipline de tous les instants, qui ne doit pas s'incarner uniquement en période néfaste, mais aussi en période faste.

Le mythe de l'argent facile n'existe pas ; ou bien, s'il existe, ce n'est certainement pas dans la durée. Oublions les relations conflictuelles pour aller vers une logique du juste prix, mettant en relation une demande clairement énoncée et une offre justifiée, et adaptée au besoin exprimé.

Avoir à l'esprit l'ouvrage en toutes circonstances, c'est prendre conscience que la qualité du programme sera au rendez-vous, que le budget sera respecté, et que tous les intervenants tireront un juste profit de leurs savoir-faire et rôle respectifs.

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