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Marchés Basse-Normandie Prudence et attente
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Marchés Basse-Normandie Prudence et attente

le 19/11/2010  |  France Développement durableEnvironnementLoir-et-CherOrne

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L’activité a arrêté de se dégrader, mais il convient néanmoins de rester prudent. Ainsi pourrait-on résumer la situation du BTP en Basse-Normandie en cette fin d’exercice 2010.

«On constate une recrudescence du recours à l’intérim, ce qui ne traduit pas forcément une grande confiance en l’avenir », note Eric Savary, le secrétaire général de la Capeb Manche. Dans ce département, les carnets de commande n’offrent guère de visibilité au-delà de trois mois. Et certains métiers – la maçonnerie, la peinture – sont carrément à la peine.

Les statistiques du Centre régional d’information économique et de Concertation (Criec) de la construction et des travaux publics viennent corroborer cette incertitude. Les chiffres du logement sont plutôt encourageants avec des autorisations en hausse de 12,16 % par rapport à 2009. Une embellie due à une reprise de l’individuel, car le collectif demeure à la traîne malgré le dispositif Scellier, les promoteurs étant confrontés à une pénurie de foncier. En revanche, les chiffres de l’industrie, du commerce et des bureaux ne sont pas bons : 161 540 m2 de Shon autorisés pour les bâtiments privés non agricoles au premier semestre 2010, contre 294 925 m2 au premier semestre 2009. Qu’elles concernent le logement ou le bâtiment, privé ou public, les mises en chantier sont, quant à elles, toujours en baisse. Beaucoup de projets de grande distribution, notamment, ont du mal à démarrer. Ainsi le Suédois Ikea va-t-il pour le moment s’en tenir à l’implantation d’un magasin sur Caen quand ses prétentions initiales incluaient également une galerie marchande.

Le temps de la réalisation

La tendance est historique en Basse-Normandie : la région ne subit pas tout de suite les effets des crises, mais elle est aussi plus lente à repartir. Ses carnets de commandes retrouvent actuellement les niveaux de l’été 2008, soit des délais de quatre mois et demi. L’activité de rénovation est stable. Et les plannings de charge « études » plutôt intéressants. « Aujourd’hui, nos entreprises sont surtout confrontées à un problème de trésorerie et de baisse des prix, explique Jean-Claude Montaillié, le président de la FFB Basse-Normandie. C’est pour cette raison qu’il devient urgent de réaliser. Car nous sommes fatigués des projets. L’aménagement de la presqu’île à Caen, j’en entends parler depuis quarante ans mais, cette fois, on est peut-être sur la bonne voie… »

Déjà, le chantier de la Bibliothèque multimedia à vocation régionale (BMVR) se profile à l’horizon. Les travaux, d’un montant de 30 millions d’euros, démarreront en septembre 2012 et dureront vingt-quatre mois. L’implantation à proximité d’un nouveau tribunal, dont la construction fera l’objet d’un partenariat public-privé (PPP), est également actée. Mais Caen a d’autres fers au feu. Le programme immobilier Les Rives de l’Orne est lancé : 25 000 m2 de bureaux, autant de commerces, 220 logements, un hôtel 3 étoiles et un complexe cinématographique de 10 salles. Enfin, après une décennie de cafouillages et une série d’appels d’offres infructueux, le stade nautique va être reconstruit (un chantier de 23 millions d’euros). Ajoutons à ces opérations un Plan local de l’Habitat 2010-2015 très ambitieux – « très optimiste », nuance Jean-Claude Montaillié – prévoyant la construction de 8 000 logements, l’annonce faite par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot de la reconstruction du CHU d’ici à quinze ans (un chantier de près d’un milliard d’euros) et la volonté politique locale de conforter à court terme le Plateau Nord autour du Ganil (Grand Accélérateur National d’Ions Lourds) et il est, en effet, permis de penser qu’est venu le temps de la réalisation. « La sortie de tous ces gros projets permettrait en outre d’anticiper la fin du chantier de l’EPR à Flamanville, dont la gestion s’annonce forcément compliquée », explique Jean-Claude Montaillé. Au plus fort de l’activité, 3 000 ouvriers, dont 2 000 locaux, travaillent sur site.

Un CFA vitrine à Alençon

Dans la Manche, la construction d’un pôle de santé libéral et ambulatoire (2,35 millions d’euros d’investissement, dont 1,6 million de gros œuvre) est en cours à Saint-James. Un projet initié dans le cadre du plan de relance, dont Eiffage est le maître d’œuvre. Un appel d’offres a également été lancé pour la démolition, la reconstruction et l’extension du centre hospitalier de l’Estran à Pontorson. Dans l’Orne, c’est désormais le nouveau centre de formation (CFA) des apprentis du bâtiment d’Alençon, dont la construction va démarrer au début de l’année prochaine, qui mobilise les énergies. Une opération de 24 millions d’euros, portée à 58 % par le Conseil régional de Basse-Normandie. Le Conseil régional des Pays de la Loire (2 millions d’euros) et le Conseil général de l’Orne (1,375 million d’euros) sont également financeurs, aux côtés de CCCA-BTP. Le lancement de ce projet coïncide avec l’engagement du processus de régionalisation des CFA bas-normands, la Basse-Normandie étant la quatrième région à avoir amorcé cette réorganisation après la Haute-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et le Languedoc-Roussillon. La maîtrise d’ouvrage de l’opération revient donc au BTP CFA de Basse-Normandie, assisté d’Icade. Le Manceau Jean-Louis Cussot et le Parisien Pierre Rigaudeau sont les maîtres d’œuvre. Le site de Saint-Paterne a été choisi à des fins de constitution d’un pôle construction, le CFA TP et le CIFA TP se trouvant à proximité immédiate (à noter que 7 millions d’euros doivent également être investis dans la restructuration et l’extension du CFA de Coutances, dans la Manche).

« C’est un projet porteur dont l’objectif est double : d’une part, apporter une réponse satisfaisante aux appels d’offres en transmettant à nos apprentis les nouvelles techniques issues du Grenelle de l’Environnement, et d’autre part, doter nos métiers d’une vitrine au regard des énergies renouvelables », expose Jean-Claude Montaillié. Le nouveau CFA d’Alençon (17 000 m2 labellisés HQE et BBC) s’articulera, en effet, autour de deux artères, dont l’une, desservant les salles de cours, permettra d’observer en grandeur réelle les dernières techniques de la construction durable. « Les 700 apprentis vivront, en quelque sorte, au cœur de ce qu’ils seront venus apprendre », expose Marc Bloquet, président du BTP CFA Basse-Normandie.

Depuis la rentrée, l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs des Travaux de la Construction (ESITC) de Caen a, de son côté, ouvert un nouveau mastère en éco-matériaux et développement durable accessible aux ingénieurs Bac 5. Cette formation, à laquelle sont associés le Groupe Saint-Gobain, Eiffage Construction Normandie, Quille (Groupe Bouygues), Sogea N.O. et Eurovia B.N. (Groupe Vinci), mais également des PME en lien avec les fédérations de la profession, et qui s’appuie sur l’utilisation de la simulation numérique pour le traitement des études de cas et des projets, a pour but de fournir des référents, aux niveaux national et international. La région bas-normande s’avère, d’ores et déjà, excellente élève en matière d’éco-construction. Le département de la Manche est même en pointe en termes de référencement d’entreprises certifiées et de volume d’activité, pour les électriciens, les plombiers et les menuisiers en particulier. La Communauté urbaine de Cherbourg a ainsi lancé, cette année, une opération de thermographie aérienne qui devrait déboucher sur de nombreux travaux d’isolation. Quant au dispositif « chèque éco-énergie », mis en place par le Conseil régional au 1er janvier 2009 et qui consiste à verser une aide pouvant aller jusqu’à 2 000 euros aux propriétaires privés faisant faire des travaux à des entreprises certifiées Qualibat, il connaît un franc succès, puisque le cap des 4 000 chèques a été franchi !

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