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Maquette numérique : entretenir les bases de données d’un bâtiment

Mots clés : Information - communication - événementiel

Bien plus qu’une modélisation en 3D d’un bâtiment, le Building information modeling (BIM) est une nouvelle façon de concevoir et d’échanger les informations autour d’un projet. Encore peu répandue en France, cette organisation implique des quantités importantes de données, qu’il sera important de garder à jour et d’organiser.

Obligatoire depuis plusieurs années aux Etats-Unis pour tous les bâtiments fédéraux, le Building information modeling (BIM) sera aussi imposé en Grande-Bretagne en 2016. Souvent confondu avec la maquette numérique, le BIM est en réalité bien plus que cela, puisqu’il comprend aussi des bases de données enrichies et partagées entre les différents acteurs d’un projet de construction. De l’architecte à l’entreprise, en passant par les bureaux d’études, tous peuvent grâce à ce mode d’organisation, partager leur travail et connaître celui des autres, tout en évitant erreurs et incohérences en amont du chantier.

« Les nombreux avantages du BIM sont cependant encore largement sous-exploités », estime Peter Mann, fondateur et dirigeant de Codebook, une entreprise britannique qui édite le logiciel éponyme. Conçu pour fonctionner avec des logiciels de maquette numérique, Codebook est un outil de base de données mis au point en 1985. « En tant qu’architecte spécialisé dans les établissements de santé, j’ai d’abord créé un programme pour me faciliter le travail », explique-t-il. C’est ainsi que Codebook, qui utilise des modèles types associés à des bases de données, a été mis au point. Pour un projet d’hôpital par exemple, il suffit de créer une chambre type avec ses spécificités (dimensions, nature des revêtements, équipements, ventilation, acoustique, etc.) pour ensuite le multiplier par le nombre de chambres. En cas de mise à jour ultérieure, le changement n’est à effectuer que sur le modèle d’origine. Il sera ensuite automatiquement intégré à toutes les chambres.

Le fonctionnement par modèle et l’échange d’information permettent aussi au maître d’ouvrage ou à l’exploitant d’intégrer leurs spécificités dans la base de données, avant même de disposer du dessin de l’architecte. Le système fonctionne alors comme une première transcription du cahier des charges dans le projet final.

 

Utiliser le BIM pour la maintenance

« Il est cependant dommage que la plupart des informations nécessaires à la conception ne soient pas ensuite utilisées et mises à jour lors de l’exploitation du bâtiment », constate Peter Mann, dont le logiciel est utilisé depuis une dizaine d’années outre-Manche. Pour pouvoir être correctement utilisées, ces données doivent avoir été au préalable intégrées dans la maquette numérique, ce qui n’est pas toujours le cas. Le développement des tablettes tactiles pourrait faciliter leur saisie directement sur le chantier, avec références exactes et numéros de série. La maintenance des systèmes de ventilation ou de chauffage, par exemple, serait ainsi facilitée.

La difficulté est donc aussi dans la gestion, l’organisation et la mise à jour de ces données. L’exemple de General Motors pour ses usines automobiles est intéressant, puisque l’industriel a choisi de surveiller tout particulièrement la vingtaine de critères qui l’intéressent. Ils sont relatifs en particulier à la qualité et à la filtration de l’air. Si le BIM en est à ses balbutiements en France, cette nouvelle façon d’organiser et de gérer les projets pourrait séduire aussi les maîtres d’ouvrage.

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