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Majors Les grandes manoeuvres commencent

GUILLAUME DELACROIX |  le 29/10/1999  |  EntreprisesIndustrieAcierEuropeProduits et matériels

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Eiffage réorganise ses activités en trois grands pôles, et la SGE prépare sa sortie du groupe Vivendi.

Après la crise économique, la crise identitaire ? Bien qu'attendues depuis plusieurs mois, les grandes manoeuvres ont bel et bien commencé chez les majors de la construction. Et les difficultés conjoncturelles étant presque digérées, chacun s'efforce de clarifier son image avant la bataille qui redessinera bientôt le paysage français du BTP. Alors que Bouygues a achevé la filialisation de son BTP au printemps, c'est au tour d'Eiffage de revoir son organigramme. Pour offrir une plus grande lisibilité financière et assurer une meilleure animation des régions, le groupe présidé par Jean-François Roverato a décidé de créer trois filiales opérationnelles : la construction, la route et l'électricité.

Premier pôle : le BTP. Une holding baptisée Eiffage Construction coiffera Fougerolle, Quillery et SAE. L'immobilier devrait, lui, être rassemblé en une entité unique que pourrait piloter Alain Petit, actuel président de Quillery. Eiffage Construction représente un chiffre d'affaires de 2,7 milliards d'euros en 1999 (18 milliards de francs), et pourrait être dirigée par Richard Bouvier, aujourd'hui président de SAE.

Deuxième pôle : la route. Encore à la recherche d'un nom, une holding rapprochera SCR-Beugnet et Gerland. Eiffage avait repris 70 % de cette dernière entreprise à BP France en 1993, et a acquis les 30 % restants en juin dernier. La mise en réseau des centrales d'enrobage respectives est déjà en cours. La route devrait réaliser 1,7 milliard d'euros (11 milliards de francs) de chiffre d'affaires cette année. Troisième pôle : l'électricité. Forclum va absorber Norélec, l'ensemble devant représenter 1 milliard d'euros (entre 6 et 7 milliards de francs) d'activité en 1999.

D'importantes évolutions de périmètre ?

Ce schéma ne précise pas le sort réservé à Eiffel (123 millions d'euros, soit 808 millions de francs de chiffre d'affaires). En effet, présentée comme le pôle « construction métallique » d'Eiffage, l'entreprise présidée par Jacques Huillard ne va pas rejoindre Eiffage Construction, au prétexte qu'elle ne coule pas de béton.

Jean-François Roverato va-t-il se séparer de cette activité qui affiche une faible rentabilité ( + 0,7 million d'euros de bénéfice net en 1998 après une perte nette de 10,8 millions d'euros en 1997) ? Rien ne permet de le dire aujourd'hui et le patron d'Eiffage peut tout aussi bien conserver et développer Eiffel, en lui ajoutant des savoir-faire industriels.

Quant aux concessions, selon une hypothèse d'origine bancaire évoquée il y a quelques jours par le journal « Les Echos », Eiffage étudierait la possibilité de céder ses 17 % dans Cofiroute à Groupe GTM, qui « en échange » lui céderait des activités telles que le BTP et la route. Un scénario qui serait séduisant pour Eiffage qui, comme Bouygues, revendique sa foi dans le BTP et qui trouverait de plus dans Entreprise Jean Lefebvre, le pôle routier de Groupe GTM, une activité génératrice de cash-flow récurrent.

La SGE quittera Vivendi avant mars 2000

Reste que GTM et Eiffage doivent trouver un accord sur le prix, comme l'a souligné la SGE, lors de l'assemblée générale de ses actionnaires le 25 octobre. Propriétaire à 31 % de Cofiroute, la SGE estime que l'éventuelle montée en puissance de Groupe GTM dans cette société autoroutière n'aurait pour elle aucune incidence. Pour le moment, la SGE se prépare à quitter Vivendi. Celui-ci devrait descendre en deçà du seuil de consolidation de la SGE (20 % du capital) avant la présentation des résultats de 1999, soit avant mars 2000. Les actionnaires ont adopté cette semaine des résolutions touchant à la perspective d'une progression importante de l'actionnariat salarié.

Elle aussi soucieuse de rentabilité, la SGE se refuse à suivre systématiquement les grands projets de concessions dans le monde, jugés trop ruineux, et a décidé de ne plus avoir d'équipes dédiées à cette seule fin. Elle s'intéresse en revanche à la gestion de services du type parkings ou PFI (private finance initiative) en Grande-Bretagne. Antoine Zacharias, président de la SGE, a même annoncé un développement dans ce domaine « très prochainement ».

TABLEAU : Poids des métiers de la construction chez les majors avec enseignes correspondantes et Chiffre d'affaires 1998 - Les forces en présence : Les majors mettent de plus en plus en avant leurs activités routières et électriques, face à un BTP en déclin en part relative.

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