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MAJORS Bouygues Construction à l'international

GUILLAUME DELACROIX |  le 11/06/1999  |  EntreprisesRéglementationCommande publique

Filialisées sous Bouygues Construction, les activités BTP du groupe pourraient être bientôt réalisées à 70 % à l'international.

Balayant du revers de la main le débat des majors français sur l'avenir du BTP, le groupe Bouygues préfère se démarquer par la mise en exergue de l'offre globale dans les métiers de la construction et des services, en valorisant l'ingénierie financière et technique de l'entreprise. Exemple-type : le front de mer de Beyrouth, dont les dirigeants du groupe ont visité le chantier vendredi 4 juin. Une opération de 1,3 milliard de francs (200 millions d'euros) décrochée sur variante, en conception-construction, et déjà à 70 % d'avancement (« Le Moniteur » du 8 janvier 1999, page 42).

Six ans après la disparition de son fondateur, Bouygues est devenu méconnaissable, et l'année 1999 le voit franchir de nouvelles étapes. A commencer par la décision hautement symbolique de rapatrier son siège social de Challenger à Paris, sur les Champs-Elysées. Une adresse plus lisible à l'étranger, à l'heure où le cap est irrémédiablement mis sur l'international. « C'est la grosse caractéristique de notre évolution », explique Jean-Pierre Combot, directeur général BTP. « Nous nous retirons de plus en plus de la France où de nouvelles restructurations vont intervenir, tandis que la part du chiffre d'affaires du BTP à l'étranger devrait atteindre 55 % cette année, pour passer très vite à 60 % puis à 70 %, hors croissance externe ». La raison ? « Nous n'avons malheureusement plus la possibilité de nous exprimer en France », regrette Jean-Pierre Combot.

Des ambitions dans l'énergie

Bouygues recherche les projets à forte valeur ajoutée, si possible en montage, ce qui n'est pas en soi original. Mais intervenue cette semaine, la filialisation du BTP sous l'enseigne Bouygues Construction (ex-DTP) accentue ce positionnement, en faisant disparaître les activités d'entreprise de la holding Bouygues SA. Cette clarification fiscale autorise désormais la cotation, voire d'éventuels rapprochements. Officiellement, rien n'est à l'étude aujourd'hui.

Dans le secteur de l'électricité, si le groupe concède avoir décroché du mouvement de regroupement en cours - OPA de Groupe GTM sur EI, reprise de Clemessy par EDF - il n'en souhaite pas moins croître : ETDE vise un élargissement de périmètre sur des entreprises moyennes en France, et un renforcement à l'international. Par ailleurs, comme ses concurrents Vivendi et Suez-Lyonnaise des eaux, Martin Bouygues souhaite se tourner vers l'offre multiservices dans l'énergie. Peu disert sur sa stratégie, le président du groupe laisse toutefois entendre qu'il pourrait y avoir du nouveau à moyen terme, grâce à ses liens avec EDF, dont la branche internationale est actionnaire de la Saur. Un sujet qui a été confié à Pierre Daurès, ancien directeur général de l'entreprise publique qui a rejoint Bouygues en avril dernier, et qui cherche à conjuguer les compétences d'ETDE, de Bouygues Construction et de Saur en la matière.

La Saur qui, à l'instar du BTP, essaie de cultiver sa différence dans la délégation de services publics. « Nous cherchons à nous démarquer par des valeurs ajoutées spécifiques, comme l'affermage », souligne Olivier Bouygues, directeur général Services et P-DG de la Saur, qui vient de remporter un contrat à La Réunion contre Générale des eaux (groupe Vivendi). L'entreprise a signé début mars un accord de partenariat avec Acea, la compagnie des eaux et de l'électricité de la ville de Rome. Reste que sur le plan capitalistique, la Saur marque une pause dans sa recherche de partenaire, en attendant que le sort d'EDF soit enfin fixé par la loi de transposition de la directive européenne électricité.

Optimisme pour l'exercice en cours

Dernière nouveauté enfin, la montée en puissance dans le capital de Bouygues Telecom. Martin Bouygues a annoncé son intention de préempter tout ou partie des titres cédés par Cable & Wireless (20 % du capital, soit 7,1 milliards de francs), ce qui lui permettrait de porter la participation du groupe à plus de 50 %. Le moment est en effet jugé propice, avant que le téléphone ne dégage des bénéfices (en 2001 selon les prévisions).

Passé au règlement mensuel le 7 juin, TF1 dispose de son côté de larges marges de manoeuvre, qui lui permettent de prendre des participations en Italie ou en Espagne. Les perspectives de publicité laissent Patrick Le Lay, P-DG de TF1, optimiste pour les mois qui viennent. « C'est un signe que la conjoncture générale est bonne », relève Martin Bouygues : « Le premier semestre se déroule de façon satisfaisante, hormis dans les travaux publics en France, qui sont dans un état catastrophique. Pour tous nos métiers, l'année 1999 devrait être meilleure que l'année dernière ».

GRAPHIQUES : Répartition du chiffre d'affaires à l'international par métiers (1993 et prévisible 1999) - Expansion générale à l'étranger - En six ans, tous les métiers du BTP ont accru leur part à l'international. C'est l'offshore qui a le plus tiré ce développement.

PHOTO : Martin Bouygues, P-DG du groupe Bouygues : « Dans le BTP, nous nous retirons de plus en plus de la France. »

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