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Maîtrise d'ouvrage Quatre ans d'architecture à l'Opac de Paris

ELISABETH ALLAIN-DUPRE |  le 14/11/1997  |  ParisConcoursArchitectureConjonctureLogement

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-Premier bilan qualitatif au terme de quatre années de production intense. -Qualité d'usage et d'inscription urbaine en hausse. -Qualité constructive et réduction des coûts au programme pour l'avenir.

Arrivé en 1993 à la tête de l'Opac de Paris, Yves Laffoucrière, prend aujourd'hui le temps du recul pour faire le bilan de la politique architecturale qu'il conduit depuis quatre ans. La production intense de l'année 1997, avec 1 515 logements neufs livrés (une quarantaine d'opérations) et 1 800 logements réhabilités, représente un bon terrain d'application pour la « doctrine » de l'Opac. Celle-ci, dit Yves Laffoucrière, se résume à deux idées forces : intégration urbaine et valeur d'usage.

Au travers de la notion d'intégration urbaine, l'Opac demande à ses architectes d'inscrire les opérations neuves dans la continuité et l'histoire des quartiers parisiens. Une directive qu'ils restent au demeurant libres d'interpréter. Rue des Tourtilles (Paris XXe), Manolo Nunez l'a prise au pied de la lettre avec un immeuble qui, du comble à terrassons aux balcons de fer forgé en passant par la mouluration, reproduit traits pour traits l'architecture « ordinaire » du XIXe siècle. Au contraire, dans le même type de tissu populaire, rue Marcadet (Paris XVIIIe), Christian Hauvette traduit les rythmes verticaux des percements, le traitement d'angle et les couronnements par une écriture et un choix de matériaux très contemporains. Quant à la valeur d'usage, « notre leitmotiv depuis quatre ans » insiste Yves Laffoucrière, elle s'attache non seulement à la qualité des logements, mais aussi au confort et à la sécurité des espaces communs.

Renouant avec une vieille tradition parisienne, l'Opac fait systématiquement intervenir des artistes - céramistes, peintres, verriers, ferronniers... - dans le traitement des parties communes, le hall le plus souvent, quelquefois le parking. Le choix de l'artiste, toujours concerté avec l'architecte, est mûrement préparé par une commission de spécialistes de l'art contemporain présidée par le directeur général adjoint de l'Opac, Jean-François Danon. « Résultat, se félicite Yves Laffoucrière, pour une somme qui n'excède généralement pas 50 000 francs TTC, nous renforçons la valeur patrimoniale de nos immeubles tout en honorant leurs habitants. » Sensibles à cette attention, ceux-ci se montreraient beaucoup plus respectueux des lieux ainsi traités.

L'ambition de qualité architecturale passe également par la relation avec les architectes. Yves Laffoucrière a eu le souci de ne pas trop éparpiller la commande, afin de contribuer, disait-il (« Le Moniteur » du 3 novembre, p. 46 et 47), à maintenir des outils de production solides et cohérents. C'est donc majoritairement au sein de la génération des 40-50 ans parisiens que sont recrutés, le plus souvent par concours, les architectes de l'Opac (voir encadré). Après quatre ans, il s'avère que la solidité espérée n'est pas toujours au rendez-vous : « Nous avons un vrai problème de qualité globale de la maîtrise d'oeuvre. Nous travaillons avec des architectes pleins de talent, et nous avons beaucoup progressé sur certains points, en particulier la qualité des logements. En revanche, nous constatons que nombre d'entre eux éprouvent des difficultés à maintenir des équipes qui suivent solidement le chantier jusqu'à la livraison. La dégradation du niveau de qualité des entreprises exige une maîtrise d'oeuvre encore plus forte, or les intervenants au sein de la maîtrise d'oeuvre se sont multipliés sans que la qualité soit toujours au rendez-vous ». Yves Laffoucrière se montre d'autant plus exigeant sur ce point qu'à la différence de bien des maîtres d'ouvrage sociaux, l'Opac de Paris est un « bon payeur ». Depuis 1993, la moyenne des montants globaux d'honoraires de maîtrise d'oeuvre représente de 9 à 10 % HT des montants de travaux HT, les architectes étant par ailleurs libres de choisir les co-traitants ou sous-traitants de l'équipe de maîtrise d'oeuvre.

Autant que sur une qualité architecturale et urbaine qu'il considère peu ou prou acquise, Yves Laffoucrière veut mettre l'accent sur la qualité de réalisation : « Nous allons revenir à un régime de croisière de 1 000 logements neufs par an. Construisant moins, nous devons construire mieux. »

Dans la foulée, l'Opac veut réfléchir à la réduction des coûts. Sans oublier la recherche de nouvelles typologies. « Sur ce point, précise Yves Laffoucrière, je n'ai pas de théories précises, mais je suis ouvert à toute réflexion, par exemple sur la place de l'ordinateur ou de la télévision ».

Parallèlement, la réhabilitation du patrimoine, y compris à la périphérie de Paris, où l'Opac possède 10 000 logements, va se poursuivre à un rythme soutenu. La réhabilitation y prend parfois la forme de véritables opérations de requalification urbaine, comme sur les hauts de Belleville, ou aux Malassis de Bagnolet, avec Roland Castro et Christian Girard. L'expérience passée d'aménageur du directeur général de l'Opac et de certains de ses collaborateurs leur permet d'aborder efficacement ces actions de thérapie urbaine qui, note, Yves Laffoucrière, devraient se multiplier dans les années à venir.

La production

Constructions neuves

De 1994 à 1997, l'Opac a lancé 71 concours auxquels ont participé 250 architectes. Le montant des indemnités de concours s'est élevé à 10 millions de francs.

Montant de l'investissement 1997 :

837 millions de francs.

Réhabilitation du patrimoine

Nombre de logements livrés pour la même période : 7 000.

Nombre d'architectes lauréats : 27 pour les grosses réparations, 45 pour les Palulos, 20 pour les opérations en sites sensibles.

Montant de l'investissement 1997 :

400 MF pour la réhabilitation, dont 315 MF pour les Palulos.

Grosses réparations : 195 MF.

PHOTOS :

Cour-jardin, rue de Javel (Fabrice Dusapin et Françoise Leclercq, architectes).

Un parking traité par l'artiste Jacqueline Dauriac : graphismes forts et taches lumineuses pour les sorties.

Yves Laffoucrière, directeur général de l'Opac : «Les intervenants au sein de la maîtrise d'oeuvre se sont multipliés sans que la qualité soit toujours au rendez-vous».

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