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Maîtrise d’oeuvre et conseil : la CICF lance une opération vérité sur les prix
Exemple de répartition des coûts des prestations d'ingénierie - © © CICF

Maîtrise d’oeuvre et conseil : la CICF lance une opération vérité sur les prix

DOMINIQUE ERRARD |  le 28/10/2009  |  Conception-réalisationMaîtrise d'ouvrageArchitectureFrance Haute-Savoie

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La Chambre de l'ingénierie et du conseil de France (CICF) vient de lancer une méthode d'analyse des offres d'ingénierie. Une réponse à la baisse généralisée de la rémunération de la maîtrise d'œuvre.

Avec la crise économique, c'est un peu le régime de la double peine qui s'applique aux maîtres d'œuvre. Leur rémunération souffre à la fois d'une baisse des taux de calcul de leurs honoraires qui font l'objet d'âpres négociations avec les maîtres d'ouvrage -quand elles ne sont pas tirées vers le bas par les maîtres d'œuvre eux-mêmes dans une sorte d'enchère négative- et à la fois d'une dévalorisation des travaux sur lesquels s'appliquent ces taux.
En clair, "ce qui valait 100 dans le bâtiment il y a un an à peine ne vaut pas plus que 90, et le taux de rémunération de la maîtrise d'œuvre qui s'y applique pour le calcul des honoraires est, dans le même temps, passé de 10 à 8% environ", commente François Amblard, président de la Chambre de l'ingénierie et du conseil de France (CICF).
Perte sèche : près de 30% des honoraires, alors que les missions restent généralement les mêmes et la complexité des études ne faiblit pas (elle a plutôt tendance à augmenter du fait des nouveaux objectifs environnementaux).

"Une heure d'ingénieur vaut environ 80 à 90 euros"

"La CICF a écrit à quelques 3.000 maîtres d'ouvrage publics pour les sensibiliser à cette baisse anormale des prix, réagit François Amblard, et encouragés par leurs réponses nous avons élaboré une méthode d'analyse des offres de prestations intellectuelles à leur attention". Ainsi, cette méthode -sorte d'opération vérité sur les prix- doit éclairer les maîtres d'ouvrage sur le coût des prestations intellectuelles.
Objectifs déclarés : les responsabiliser et éviter qu'ils ne tirent davantage les prix vers le bas, entraînant la maîtrise d'œuvre, ou le conseil, dans une spirale de moindre rémunération et, au fond, de moindre qualité des prestations : "une heure d'ingénieur vaut environ 80 à 90 euros (secrétariat inclus) et nous constatons qu'il existe des opérations où elles sont négociées à moitié moins cher" poursuit le président de la CICF qui dénonce cette pratique dangereuse à laquelle contribue parfois la maîtrise d'ouvrage.

Un logiciel pour analyser les offres

Pour tenter d'enrayer cette descente aux enfers économique, la CICF propose un petit module de formation à l'attention des maîtres d'ouvrage publics et privés (mais également des autres composantes de la maîtrise d'œuvre : architectes et économistes). Un tour de France est d'ailleurs organisé par les représentants de la Chambre qui parcourront tous les départements pendant plus d'une année pour porter la bonne parole en matière de calcul du coût des études d'ingénierie*. La méthode élaborée par la CICF y est expliquée et distribuée sous la forme d'un logiciel qui permet de cerner la valeur des prestations, de consulter en transparence et d'analyser les offres. "Nous voulons aider les maîtres d'ouvrage à comprendre le prix d'une prestation intellectuelle et attirer leur attention sur les offres d'ingénierie anormalement basses pour qu'elles fassent l'objet d'une analyse approfondie", précise François Amblard qui estime, au fond, qu'il est anormal que les prestations soient rémunérées en fonction du coût de l'ouvrage. Le calcul au pourcentage étant également souvent suspecté de ne pas inciter les maîtres d'œuvre à l'optimisation économique du projet.

Une question dont on sait qu'elle est débattue au sein même de la maîtrise d'œuvre et qu'elle a fait l'objet, en 2002, de l'élaboration d'une "méthode de calcul du prix horaire de l'agence" proposée par l'Ordre des architectes, permettant de déboucher sur une rémunération "au temps à passer". Ingénieristes et architectes se rejoindraient donc sur ce point. Reste que la répartition entre eux des honoraires de maîtrise d'œuvre demeure un autre et épineux problème... (voir l'avis d'expert).

* Le tour de France de la CICF a débuté à Annecy et se poursuivra à Rennes le 1er décembre, Marseille le 7 décembre, Paris le 11 décembre, Strasbourg le 14 décembre et Bordeaux 16 décembre (plus d'informations sur www.Cicf.fr, rubrique "actualités"). Contact CICF, Anne-Marie Lallemant : 01.44.30.49.48 ; e-mail : lallement@cicf.fr (Le logiciel coûte 120 euros HT).

Avis d'expert : François Amblard, président de la CICF

"Architectes-Ingénieurs : les usages de rémunération doivent être revus"

"La CICF n'accepte pas les tendances que prend la répartition des honoraires entre architectes et ingénieristes dans le contexte économique actuel. Dans leur rôle de mandataire de la maîtrise d'œuvre, certains architectes tentent de récupérer sur l'ingénierie ce qu'ils perdent avec la baisse de leur taux de rémunération appliqué à des travaux dont la valeur est également en baisse. Ce point nous inquiète d'autant plus que le besoin d'études supplémentaires techniques dues aux nouveaux objectifs du Grenelle (bâtiment BBC), et donc la rémunération de l'ingénierie, devrait être plus importante.
Le traditionnel "55% pour l'architecte, 45% en mission de base seule pour les bureaux d'études (répartis de façon synthétique en 13% pour les études économiques, 13% pour les études structure, 13% pour les études fluides et 6% pour d'autres spécificités)" n'est plus nécessairement la solution.
Pour lutter contre les prix d'ingénierie anormalement bas qui ont cours actuellement et pour encourager les maîtres d'ouvrage à mieux répartir les honoraires entre architectes et ingénieristes, la CICF projette la création d'une association de valorisation de l'achat responsable et équitable de prestations intellectuelles. Sa mission serait d'assister la maîtrise d'ouvrage dans ses choix de rémunération de sa maîtrise d'œuvre."

Propos recueillis par Dominique Errard

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