Logement

Maisons individuelles : l’activité va sensiblement baisser en 2012

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Maison individuelle - Plancher (structure) - Réglementation thermique et énergétique

Les ventes de maisons individuelles ont reculé de 10% l’an dernier. La baisse pourrait être du même ordre cette année. Après les promoteurs, hier, les CMIstes donnent un nouveau signe de dégradation future de l’activité de construction. D’autant plus que les nouvelles réglementations (RT2012, calcul des surfaces de plancher) leur imposent de nombreux surcoûts.

Les mesures de relance prises par le gouvernement entre mai 2009 et 2010 se traduisent dans l’activité. En effet, les chiffres publiés fin janvier par le ministère de l’Ecologie font état d’une hausse des permis de construire de 3,6% pour les maisons individuelles dans le diffus en 2011 à 173 407 unités (sur un total de 534 804 logements autorisés, +17,9%) et d’une progression des mises en chantier de 13,8% à 145 213 (sur un total de 421 306 logements commencés, +21,8%).

Des chiffres positifs qui sont toutefois en complet décalage avec l’activité commerciale récente enregistrée par les constructeurs de maisons individuelles, dont l’Union des Maisons Françaises (UMF), et présentée lors d’une conférence de presse le 9 février à Paris. Les dernières statistiques du Markémétron (qui mesure les ventes environ 9 mois en amont des permis de construire et des mises en chantier) indiquent en effet une baisse des ventes de 10% sur 2011 avec 148 500 unités. Une baisse qui a démarré en avril dernier mais s’est accélérée depuis septembre.  « Quatre facteurs négatifs se cumulent : le contexte économique, la remontée des taux de crédit, les prix considérés comme surévalués et la réduction des incitations fiscales », explique Christian Louis-Victor. L’année 2012 s’annonce donc d’ores et déjà difficile en termes d’activité mais le président de l’Union redoute que les ventes baissent encore de 10%, compte tenu des incertitudes politiques et économiques.

 

La RT2012 pèse lourd…

Si la hausse des taux n’est pas une certitude, celle des coûts l’est, selon les CMistes. En cause notamment, la nouvelle règlementation thermique. Aujourd’hui, 18 % seulement des maisons vendues respectent la RT2012. « A coût identique et sans obligation légale, la clientèle privilégie la surface à la performance énergétique », explique Christian Louis-Victor, président de l’UMF. Cette réglementation, obligatoire en 2013, sera complètement intégrée dans les contrats de vente en septembre. Le surcoût est encore évalué par les CMIstes entre 8 et 13% de leur prix de vente. « Nous essayons de préparer au mieux la profession sur les plans technique et financier. Mais des mesures d’accompagnement de ce qui devient la règle sont nécessaires », prévient l’UMF.

 

…Le calcul de l’emprise aussi

A cela s’ajoutent les problèmes posés par la nouvelle réglementation sur les surfaces de plancher.  « Nous avons réalisé un sondage auprès de 121 entreprises dans 18 régions y compris les Antilles représentant 15 000 maisons. Il en ressort que le nouveau mode de calcul de l’emprise au sol (dont le décret est paru et applicable au 1er mars, mais pour lequel la fédération explique ne pas avoir été consultée par le ministère, tandis qu’une circulaire doit encore apporter des précisions) nous oblige à passer par un architecte libéral pour signer la demande de permis de construire dans 41% des cas car la surface totale dépasse alors 170 m² (contre 13% auparavant). Pire, dans certaines régions comme l’Aquitaine, Rhône-Alpes ou les Antilles, où les obligations de débords de toiture par exemple sont inscrites au PLU, ce taux peut dépasser 70% des dossiers », s’insurge l’UMF. « Tout ceci va encore renchérir les coûts », regrette Christian-Louis Victor.

Autre exemple de difficulté rencontrée dans la mise en œuvre des nouvelles réglementations : le label Effinergie+, successeur du BBC-Effinergie, prévoit ainsi une consommation maximale des cinq usages de 45 kWh/m²/an et un coefficient de perméabilité à l’air de 0,4 m3/h/m² contre 0,6 auparavant. « La valeur de ce coefficient correspond à un point de rupture en termes de technologie et de mise en œuvre », a expliqué l’Union. « Là encore, nous plaidons pour le réalisme économique », insiste son président.

Une partie de la clientèle des constructeurs de maisons individuelles, traditionnellement « producteurs d’accession sociale à la propriété », pourrait de fait se trouver dans l’impossibilité d’acheter demain. Ces derniers vont donc travailler sur plusieurs tableaux : réduire leurs marges, réduire les surfaces et abaisser les coûts des fournitures. Ils s’efforceront aussi d’aller chercher les secundo-accédants, un peu plus fortunés.

Invité à réagir, enfin, sur le projet de loi visant à augmenter de 30% les droits à construire, adopté en conseil des ministres le 8 février,  Christian-Louis Victor s’est dit en accord avec le principe de la mesure « qui va dans le sens du décorsetage » du droit de la construction, mais estime néanmoins que l’impact de la mesure sera négligeable. « C’est une mesure phare qui ne va éclairer qu’un angle mort du problème », a-t-il ironisé.

 

 

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