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Lyon-Turin en pause : pas encore d’inquiétude, mais de la vigilance
Le 21 juin, dernier plus de 400 personnes étaient réunies à l'hôtel de région Auvergne-Rhône Alpes, à Lyon, pour découvrir le détail des 81 appels d'offres pour le creusement du tunnel ferroviaire du Lyon-Turin. - © © J.I.

Lyon-Turin en pause : pas encore d’inquiétude, mais de la vigilance

Jessica Ibelaïdene |  le 20/07/2017  |  BâtimentEtatTransports mécaniquesAménagements extérieursMobilier urbain

La liaison Lyon-Turin fait partie des projets concernés par la « pause dans les constructions de nouvelles infrastructures annoncée début juillet par le président de la République. C’est ce qu’a affirmé la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Le secteur des travaux publics ne s’inquiète pourtant pas encore, mais reste sur ses gardes.

Jamais explicitement évoquée, la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin fait pourtant bien « partie des projets qui sont concernés par la réflexion et la pause annoncées par le président de la République », Emmanuel Macron, le 1er juillet, a confirmé la ministre Elisabeth Borne, lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 19 juillet.

Face aux contraintes budgétaires, le président de la République et le gouvernement ont indiqué la nécessité de « faire des choix » entre les différents projets, et notamment ceux dont le financement n’a pas encore été arrêté. Ils seront remis sur la table lors des Assises de la mobilité , qui se tiendront à la rentrée et prépareront une « grande loi d’orientation sur les mobilités » prévue pour début 2018. « Nous allons nous contraindre à équilibrer, de façon prévisionnelle, année par année et dans la loi nos programmes d’investissement, a détaillé la ministre. Ces choix structurants, qui peuvent être difficiles comme on peut l’imaginer, c’est bien le Parlement qui les portera. »

Certains, notamment du côté des opposants au projet, y voient une remise en cause du Lyon-Turin. Mais la ministre n’est pas aussi catégorique. Elle insiste même sur la « spécificité » du projet, « financé à 40% par l’Union européenne, mais aussi à 35% par l’Italie » et appartenant aux réseaux transeuropéens. Des éléments à bien prendre en compte avant de se hâter à toute décision.

Pause mais pas un arrêt du chantier

Ce qui tend à rassurer le Telt (Tunnel euralpin du Lyon-Turin), maître d’ouvrage sur la section transfrontalière de 57,5 km, qui a annoncé il y a un mois à peine le lancement de 81 appels d’offres, pour 5,5 milliards d’euros. « Nous ne sommes pas inquiets, nous assure-t-on au sein du Telt. D’une part car mettre sur la table la question de la pérennisation des financements est plutôt positif. D’autre par car la partie transfrontalière, avec le tunnel, n’est plus un projet. C’est un chantier qui doit représenter 200 millions d’euros par an pour la France, sur dix ans, ce qui est tenable. Une pause ne peut pas être traduite dans l’immédiat par un arrêt des chantiers. » Arrêt qui n’est, par ailleurs, pas du tout mentionné.

Même son de cloche au niveau local. René Chevalier, président de la FBTP de Savoie, ajoute même : « Au niveau financier, la France s’en sort plutôt bien. C’est un investissement pour l’avenir à moindre coût. Et le projet répond aussi bien aux orientations environnementales fixées par Nicolas Hulot », ministre de la Transition écologique et solidaire. « Compte tenu des appels d’offres en cours pour le tunnel ferroviaire, du milliard d’euros déjà dépensé dans le projet pour les descenderies etc., il serait doublement regrettable qu’il soit stoppé », complète Geneviève Soriano, secrétaire générale de la FRTP Rhône-Alpes.

Les accès au tunnel en question

Les interrogations ne portent, en réalité, pas tant sur la partie transfrontalière, « même si le calendrier des appels d’offres pourrait être un peu desserré », explique-t-on du côté du Telt, qui a prévu d’en lancer 69 sur 81 d’ici à la fin de l’année 2019. « Ce sont les engagements pour la suite du projet qui sont sans doute en question, pour la section ferroviaire entre Lyon et l’entrée du tunnel, croit comprendre Florent Martin, directeur des travaux de Spie Batignolles sur la partie du chantier déjà en cours. Ce sujet ne nous concerne pas. »

C’est aussi ce que veut croire le Telt, qui voit même plutôt d’un bon œil le fait de mettre sur la table le projet de ligne dans son ensemble, « car les modalités pratiques concernant les accès au tunnel n’ont pas encore été fixées ».

Dans tous les cas, les différents acteurs attendent impliqués dans le projet restent « vigilants ». Et guettent un moment clé : « nous ne dramatisons pas encore et attendons les Assises de la mobilité, en septembre », explique Geneviève Soriano. Le Telt et la Fédération nationale des Travaux publics (FNTP) entendent bien peser dans les discussions à ce moment, et même en amont.

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