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Lyon-Turin : Elisabeth Borne confirme son soutien au projet
- © Caroline MOUREAUX - Photographe

Lyon-Turin : Elisabeth Borne confirme son soutien au projet

Jessica Ibelaïdene |  le 14/11/2018  |  InternationalTravaux publicsElisabeth BorneLyon-TurinTravaux ferroviaires

La ministre des Transports a insisté, devant le Sénat, sur la volonté du gouvernement de respecter ses engagements concernant le tunnel ferroviaire transfrontalier du Lyon-Turin. La veille, elle avait eu l'occasion d'aborder le sujet avec son homologue italien.

"La position du gouvernement est claire : respect des engagements internationaux" concernant la réalisation du tunnel ferroviaire du Lyon-Turin, et "respect du processus de décision de nos voisins italiens". Devant le Sénat, le 13 novembre 2018, la ministre des Transports a confirmé le soutien du gouvernement à ce projet, estimé à 8,6 Mds€. Soutien qu'elle a également explicité dans une interview exclusive au Moniteur.

Le sujet est des plus sensibles en Italie, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Au sein de la coalition gouvernementale, la Ligue - menée par Matteo Salvini - y est favorable, alors que le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Luigi Di Maio y est farouchement opposé. Persuadé que ce chantier n'est qu'un "gaspillage d'argent public", le M5S a exprimé plusieurs fois son souhaite de remettre complètement à plat le dossier.

Echanges avec le gouvernement italien

A Bruxelles en début de semaine, la ministre des Transports a eu l'occasion d'évoquer le sujet avec son homologue italien, Danilo Toninelli. Elle a expliqué le lendemain au Sénat que l'Italie souhaitait "une évaluation coûts-avantages du projet [conformément aux annonces qu'il avait formulées durant l'été, NDLR], ce qu'évidemment nous ne pouvons contester".

Prenant ainsi acte de cette volonté, elle a convenu avec lui de poursuivre l'échange sur les résultats préliminaires dès qu'ils seront disponibles. "On peut certes comprendre la nécessité pour un gouvernement s'installant de faire cette revue des politiques, mais on a vraiment cet enjeu de ne pas perdre les financements européens", a estimé la ministre des Transports, soulignant "l'importance géostratégique de ce tunnel".

Et d'ajouter devant les sénateurs : "J'ai attiré l'attention de mon homologue sur le fait que (...) le calendrier de l'étude et les décisions à suivre devront être cohérentes avec les contraintes liées à nos engagements internationaux conjoints, et notamment en termes de financements européens". Car pour le moment, le tunnel est financé à 35% par l'Italie (ce que souhaite d'ailleurs renégocier nos voisins, si le chantier se poursuit), 25% par la France, et 40% par l'Europe.

Soutien de l'Europe

Cette dernière tient particulièrement au projet, comme elle l'a rappelé à de nombreuses reprises. Cet été, et alors que les voix gouvernementales commençaient à s'élever en Italie, le président du Parlement européen avait fait le déplacement à Saint-Jean-de-Maurienne, sur le chantier de la galerie de reconnaissance pour confirmer son soutien.

Antonio Tajani, Italien de surcroît, avait alors indiqué : "bloquer les travaux serait une bêtise et un désastre pour l’environnement, les entreprises, la sécurité routière et l’économie". Cette liaison transfrontalière représente "un morceau très important du réseau transeuropéen", et permettrait également à l'Italie de ne pas "rester isolée du reste de l'Europe". Preuve supplémentaire de l'importante considération qu'elle porte au projet, la Commission européenne a proposé d'augmenter sa participation au financement, pour en assumer 50%.

Transport de passagers et transfert du fret sur le rail

Le tunnel de 57,5 km entre la vallée de la Maurienne, côté français, et le Val de Suse, en Italie, doit permettre de relier Lyon à Turin en deux heures, contre quatre actuellement. Outre le transport de passagers, il doit aussi servir à transférer le fret vers le rail et d'améliorer largement les performances en la matière. Dans un entretien au Moniteur, la ministre des Transports Elisabeth Borne faisait ainsi remarquer : "Le niveau du trafic de fret est actuellement bien inférieur à ce qu’il était par le passé, puisque nous sommes passés de 12M de tonnes à 3M."

En France se pose aussi la question des accès au tunnel : faut-il utiliser la ligne existante ou construire une nouvelle ligne à grande vitesse ? Réponse de la ministre "Nous devons commencer par tirer parti des lignes existantes et les moderniser. Il est possible d’augmenter significativement le trafic du futur tunnel sans créer, à court terme, de nouvelles sections. Et nous poursuivons les réflexions pour répondre dans la durée à l’accroissement du trafic." Le tunnel, lui, doit entrer en service pour 2030.

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