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Lyon-Turin : « Bloquer les travaux serait une bêtise » pour le président du Parlement européen
Le président Tajani (3e en partant de la droite) échange avec Mario Virano, directeur général de Telt - © Caroline MOUREAUX - Photographe

Grands projets

Lyon-Turin : « Bloquer les travaux serait une bêtise » pour le président du Parlement européen

Jessica Ibelaïdene |  le 08/08/2018  |  InternationalEuropetunneliertunnelferroviaire

Alors que le gouvernement italien relance des études coûts/bénéfices et menace de stopper, ou tout du moins mettre en pause le chantier, la section transfrontalière de la liaison ferroviaire Lyon-Turin a reçu un soutien de poids ce 8 août. Le président du Parlement européen, l’Italien Antonio Tajani, a fait ce jour le déplacement à Saint-Martin-de-la-Porte (Savoie) pour réaffirmer le soutien de l’Europe.

Au cœur de l’été, le feuilleton franco-italien du Lyon-Turin ferroviaire a de quoi tenir en haleine. Résumé des derniers épisodes : le gouvernement italien s’est laissé aller à moult commentaires sur le sujet. Entre le Mouvement 5 étoiles qui souhaite stopper le chantier, et la Ligue du vice-premier ministre Matteo Salvini qui lui est plutôt favorable, il est parfois difficile de s’y retrouver.

En visite la semaine dernière à Rome, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, assurait comprendre les interrogations du gouvernement italien, qui se montrait plus ouvert à la discussion que ne le laissaient paraître les récentes déclarations publiques. Un partenaire du projet ne s’était pas encore exprimé : l’Europe.

 

Réaffirmer le soutien de l’Europe

 

C’est désormais chose faite. Et pour renforcer le message de l’Europe autour de ce projet, rien n’a été laissé au hasard : c’est au cœur même du chantier du tunnel de 57,5 km que le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ex-commissaire aux transports de l’Union européenne et italien de surcroît, a réaffirmé le soutien de l’Europe envers cette infrastructure, « un morceau très important du réseau transeuropéen ».

Selon lui, l’Italie a besoin de cette nouvelle liaison et de son tunnel « pour ne pas rester isolée du reste de l’Europe ». Il considère qu’utiliser ce chantier et menacer de tout arrêter à des fins électoralistes est « inadmissible ». Et de répéter avec force : « bloquer les travaux serait une bêtise et un désastre pour l’environnement, les entreprises, la sécurité routière et l’économie. Tout arrêter, ce serait comme détruire ce qu’ont réalisé des centaines de travailleurs jusque-là, et jeter au chômage des milliers de personnes à l’avenir ».

 

Visite au cœur du chantier

 

Le président Tajani s’est rendu dans la galerie de Saint-Martin-de-la-Porte où le tunnelier Federica est en pleine action. Preuve que malgré les tergiversations italiennes, le chantier se poursuit pour creuser la galerie de reconnaissance de 9 km, dans l’axe et au diamètre du tunnel de base. Assistant à la pose d’un voussoir, il a invité les membres du gouvernement italien à se venir sur le chantier, la meilleure manière de « se documenter et de voir ce que sont cet ouvrage et les emplois qu’ils créent ».

Il n’était pas le seul, ce 8 août, à défendre le bien-fondé de la liaison ferroviaire Lyon-Turin. Plusieurs élus locaux, italiens comme français, participaient également à la visite de ce chantier titanesque, à 8,6 Mds€ pour la section transfrontalière. Parmi eux, le président de la région Piémont et ex-maire de Turin, Sergio Chiamparino. Mais également Tyffanie Degois, députée LREM de Savoie.

 

Visite du Président Européen sur le chantier Lyon-Turin. (© Caroline Moureaux, photographe)

 

Régler la question des accès côté français

 

Pour l’élue française, il était important de faire entendre au président Tajani la voix des territoires concernés par la liaison ferroviaire dans son ensemble. « Il y a beaucoup de tergiversations en Italie, mais aussi en France autour de la question cruciale des accès, qui divise le gouvernement, indique-t-elle. Les élus savoyards sont unanimes : il faut que ce tunnel, un ouvrage qui coûte cher, puisse être utilisé de façon pleinement efficace. Il lui faut donc des accès qui le soient tout autant. »

Pour ne pas « jeter l’argent par les fenêtres », elle convient cependant que la construction de la future ligne, qui pourra servir tant au transport de voyageurs que de fret, doit être reconsidérée. Objectif : prendre en compte les accès « strictement nécessaires aux besoins ».

Pour cela, « il est important que la partie Lyon-Modane soit au centre de la loi d’orientation sur les mobilités, afin de se concentrer sur ce qui constitue un corridor européen, et non Dijon-Modane comme le suggérait le Conseil d’orientation des infrastructures». Ce qui permettra d’aller chercher plus facilement le soutien de la Commission européenne, « une source de financement souvent négligée en France ».

 

Le chantier en chiffres

 

  • Un peu plus de 4500 m de tunnel ont été creusés par Federica, soit 50% de la galerie de reconnaissance de 9 km.
    Les 5000 m devraient être atteints à la fin août.
  • 450 à 500 m sont creusés chaque mois (477 au mois de juillet).
  • 420 personnes sont actuellement mobilisées sur le chantier de Saint-Martin-de-la-Porte.
  • 4000 emplois directs et autant en sous-traitance sont prévus en pic d’activité.
  • 3 appels d’offres pour environ 2,7 Mds€ doivent être lancés d’ici à la fin de l’été, conformément au calendrier établi entre l’Europe, l’Italie et la France. Ils concerneront le creusement du tunnel de base côté français (environ les 2/3 de l’ouvrage).
  • Plus de 1,5 Md€ ont d’ores et déjà été investis en études et travaux, sur un coût total estimé à 8,6 Mds€.
  • 40% de la section transfrontalière sont financés par l’Union européenne, 35% par l’Italie, 25% par la France.

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