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LYON La reconquête des bas-ports du Rhône

PIERRE DELOHEN |  le 18/04/2003  |  AménagementTransportsArchitectureTransports mécaniquesRhône

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Dans la traversée de la ville, sur 4,7 km, les berges du Rhône, aujourd'hui utilisées comme parcs de stationnement, seront rendues à la promenade. Les paysagistes d'In Situ et l'architecte Françoise Jourda relèvent le défi de renouer les liens entre la ville et son fleuve.

L'aménagement des bas-ports de la rive gauche du Rhône, au centre de Lyon, devra répondre à une triple ambition : « Il faut créer, dans le lit majeur du fleuve, un lieu à la fois urbain, naturel et social », dit Gilles Buna, adjoint au maire chargé de l'urbanisme. Les concepteurs, Annie Tardivon et Emmanuel Jalbert, paysagistes de l'atelier In Situ, retenus sur étude de définition en février dernier avec un projet très minéral, estiment « être restés fidèles au caractère du site » marqué par les puissants murs en pierre construits au XIXe siècle pour contenir les crues dévastatrices du fleuve.

« Nous revendiquons une modestie sans gesticulation », répond en écho Françoise Jourda, l'architecte associée au projet. Une ambition finalement bien lyonnaise de réserve et de discrétion. En se développant sur près de 5 km, le projet permet de relier au nord les zones vertes du parc de la Feyssine et du parc de la Tête d'Or (avec son « extension » de la Cité internationale conçue dans les années 90 par le paysagiste Michel Corajoud) au parc de Gerland au sud, aménagé récemment sur d'anciennes friches industrielles par le même paysagiste.

Plantes qui résistent aux crues

« Le projet permettra de créer une continuité territoriale entre ces parcs, en utilisant les bas-ports du Rhône qui étaient colonisés par près de 2000 véhicules en stationnement, avec une organisation en séquences diversifiées selon les lieux traversés », précise Annie Tardivon. Du plus naturel aux deux extrémités, au plus urbain et minéral au coeur de la ville, avec en lien un ourlet de végétation plus ou moins fort : grèves, prairies, îles fertiles qui doivent résister aux crues violentes.

De l'amont vers l'aval, on passe successivement d'un riche milieu naturel à préserver à une ripisylve (NDLR : bande végétalisée formant un écosystème singulier à la faune variée et la végétation différenciée en fonction du courant) entretenue et éclaircie pour offrir des ouvertures sur le fleuve. En approchant du centre-ville, la rive habitée est confortée, sécurisée et équipée de ducs d'Albe pour faciliter l'accostage et l'amarrage des péniches de logements. La promenade, plus urbaine, se transforme en espace de déambulation et d'accueil d'activités, transition vers le bas-port actif et festif avec ses péniches restaurants et boîtes de nuit. Des « planches » s'offrent en terrasses de bord de l'eau, des arbres tiges de haut jet donnent leur ombre et préservent les vues depuis le quai haut. L'agence Coup d'Eclat, concepteur-lumière, signe « une mise en lumière apaisante et continue, comme un clair de lune ».

Au centre de l'arc du Rhône d'où l'on embrasse la totalité de la courbe du fleuve se développent les gradins de la Guillotière, scène centrale ouverte sur l'eau, tandis que l'estacade du centre nautique s'élargit par un encorbellement sur le Rhône. Enfin, en aval, la renaturation des berges constitue un cordon de ripisylve jusqu'au parc de Gerland. « Le fleuve dessine le paysage, constitué de lignes fluides et parallèles, observent Annie Tardivon et Françoise Jourda. Cette structure est répétée, démultipliée et étendue au dessin de l'espace des bas-ports. »

Contexte de déplacements doux

Si la bande de promenade est doublée de rubans cycles et rollers, parallèles aux quais et aux perrés - « le projet s'inscrit dans le contexte des déplacements doux », insiste Gilles Buna - les plantations sont disposées aléatoirement sur des lignes courbes et tendues. Pour renouer le lien entre le quai haut et l'eau, connecter la vie urbaine et le bas-port, Françoise Jourda a imaginé une vingtaine de boîtes belvédères, lieux privilégiés d'observation jusqu'à la presqu'île de Lyon, rive droite. « Ces boîtes, ouvertes, vitrées, ou simples plates-formes, transcription contemporaine de l'identité lyonnaise des ..pieds humides'', se transformeront selon leurs usages. »

Dans sa réponse au marché de définition, l'agence In Situ « organise le dialogue pour construire un projet partagé ». La méthode repose sur l'écoute, le dialogue, l'imagination, le débat. Ce qui implique une stratégie esquissée (dans le choix des activités par exemple) et la flexibilité de l'aménagement, des grèves notamment. Des lieux d'information et de débat seront organisés avec bientôt une péniche atelier, boîte à idées amarrée ... in situ.

Fiche technique

Maîtrise d'ouvrage : Grand Lyon, direction générale du développement urbain.

Maîtrise d'oeuvre : In Situ (paysagiste), mandataire ; Jourda (architecte), Coup d'éclat (concepteur lumière) ; co-traitants, GEC (économiste), Sogreah (VRD réseaux et aménagements fluviaux), Providence (consultant sociologue).

Calendrier : début des travaux à l'été 2004, trois tranches, achèvement à l'été 2006.

Coût : 12,3 millions d'euros (estimation).

ILLUSTRATIONS :

« Un site marqué par la linéarité qui invite à la nonchalance et à la déambulation ... et par les transversales qui invitent à la connivence avec la ville, sa succession d'îlots, de ponts, de jardins, de séquences architecturales.» (Gilles Buna, adjoint au maire chargé de l'urbanisme)

1 et 2. L'aménagement des bas-ports en rive gauche du Rhône (ci-contre, l'etat actuel) prmettra de créer-un espace public attractif, lieu de vie et d'animation. La qualité des espaces et leurs usages potentiels sont pensés en parallèle, les quais accueillant piétons, rollers, cyclistes et péniches-logements tandis que des boîtes en belvédère feront le lien entre la ville et l'eau.

3. La partie la plus naturelle des berges au nord sera confortée avec l'accent mis sur sa vocation pédagogique (parcours botanique, découverte du milieu).

4. Au centre de l'arc du Rhône, la Guillotière avec sa pente et ses gradins constitue une scène centrale majeure.

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