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LYON CONFLUENCE Une presqu’île dense et économe en énergie

MARYSE QUINTON |  le 16/08/2007  |  SantéEnergieLogementCollectivités localesArchitecture

Ce projet d’extension du centre-ville de Lyon s’appuie sur une stratégie environnementale globale appliquée sur les 150 ha concernés. Une démarche soutenue par le programme européen Concerto qui finance en partie logements et bureaux énergétiquement performants.

Opération urbaine majeure, le projet Lyon Confluence porte sur la reconquête d’une friche industrielle de 150 ha qui constituera à terme l’extension du centre-ville. 25 000 habitants et 15 000 emplois sont attendus dans ce nouveau quartier encadré par la Saône et le Rhône, au sud de la presqu’île lyonnaise. L’aménageur, la SEM Lyon Confluence créée en 1999, a lancé la ZAC Première-phase (41 ha) en 2003.

La SEM s’est engagée sur une stratégie de développement durable globale et concrète qui s’appuie sur quatre points-clés : l’organisation en amont d’une concertation de très grande ampleur ; la volonté d’une mixité sociale et fonctionnelle ; la création d’espaces publics de qualité ; et enfin, l’exigence d’une très haute qualité environnementale en ce qui concerne les bâtiments.

Dépollution des sols.La reconversion du site nécessitant un important travail de dépollution, une étude détaillée des risques (EDR) a été effectuée de manière innovante : « Une étude historique et des sondages au sol ont permis de localiser précisément toutes les industries à risques, explique Maxime Valentin, chef de projet à la SEM. L’EDR constitue un document de référence au niveau d’exigence élevé, applicable à l’ensemble du site. » Cette stratégie durable s’est également traduite par le choix du projet urbain, celui de François Grether (architecte-urbaniste) et de Michel Desvigne (paysagiste).

« Il ne s’agit pas de dessiner la ville une fois pour toutes, explique François Grether. Le projet urbain est un scénario mais pas encore un film… La forte densité des îlots bâtis sera compensée par une végétation généreuse et des plans d’eau permettant détente et loisirs. Ainsi sur les 150 ha du projet, 30 % ont été préservés pour réaliser des espaces publics ouverts à tous. » Le chiffre s’élève même aujourd’hui à 50 % sur la ZAC Première-phase.

En parallèle, un bureau d’études HQE, Tribu, a été missionné par la SEM pour effectuer un diagnostic complet du projet et assistera la maîtrise d’ouvrage tout au long de l’opération.

Objectif : baisser les charges de 50 %. A l’échelle des bâtiments, la qualité environnementale constitue l’enjeu majeur. En cœur de site, les îlots ABC constituent le premier programme résidentiel et tertiaire. Il bénéficie du programme européen Concerto qui promeut l’utilisation des énergies renouvelables et l’économie d’énergie dans le bâtiment. A la clé, une contribution financière à hauteur de 35 % des surcoûts engendrés par les solutions retenues.

« Pour les îlots ABC, nous sommes à 80 % d’énergies renouvelables, note Pierre Joutard, directeur adjoint de la SEM. En matière de consommation pour les logements, la cible est à 50 kWh/m2/an. » Pour atteindre les objectifs fixés par Concerto, les équipes de conception intègrent des spécialistes HQE travaillant en étroite collaboration avec la SEM depuis la phase d’esquisse jusqu’au chantier.

« En 2004, à l’époque du concours, c’était très novateur, constate Emmanuel Combarel, architecte sur l’îlot C. En consultant le cahier des charges, on s’est demandé comment on allait s’en sortir. »

Les réponses apportées sont simples et efficaces. Des chaudières bois assurent les besoins de chauffage, des panneaux photovoltaïques assurent l’éclairage des communs tandis que des capteurs solaires produisent l’eau chaude sanitaire. Ventilation naturelle, protection solaire, isolation renforcée sont également des techniques utilisées. « Ces exigences verront les charges des habitants baisser de 40 à 50 % », estime Pierre Joutard. Reste à savoir si ces objectifs ambitieux seront tenus à l’échelle de la totalité du quartier.

« La SEM s’est engagée sur des performances énergétiques auprès des futurs acquéreurs, précise Emmanuel Combarel, c’est même devenu un argument de vente. » Face à la détermination de l’aménageur, Lyon Confluence devrait probablement constituer une référence en matière énergétique.

PHOTO - AME 412 LYON 1.eps
PHOTO - AME 412 LYON 1.eps
PHOTO - AME 412 LYON 2.eps
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DESSIN - AME 412 LYON 4.eps
DESSIN - AME 412 LYON 4.eps
Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Grand Lyon.

Aménageur : SEM Lyon Confluence ;

Assistant à maîtrise d’ouvrage : Tribu, BET HQE.

Maîtrise d’œuvre du projet d’ensemble : François Grether, architecte-urbaniste, et Michel Desvigne, paysagiste.

Maîtrise d’œuvre îlots ABC (620 logements dont 23 % de social, 80 000 m2 de bureaux, activités et commerces) : Nexity-Apollonia avec T. Concko, Dusapin & Leclercq, H. Vincent et S. Brindel-Beth (îlot A) ; Bouwfonds-Marignan/Alliade avec M. Fuksas, V. Amantea et C. Vergély (îlot B) ; ING Real Estate-Atemi avec MVRDV/W. Maas, M. Gautrand, P. Gautier, E. van Egeraat, E. Combarel et D. Marrec (îlot C).

Calendrier : livraison des îlots ABC en 2009.

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