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Lutte contre la précarité énergétique : de nouvelles pistes
Cécile Duflot a rappelé que, dans le cadre des emplois d’avenir, 1 000 « ambassadeurs de l’efficacité énergétique » seront recrutés d’ici 2015, mesure annoncée par le président de la République le mois dernier. - © © Anah

Lutte contre la précarité énergétique : de nouvelles pistes

E.L |  le 09/04/2013  |  AnahLogementAllier

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Mardi 9 avril, l'Agence nationale de l'habitat a organisé des rencontres nationales sur la précarité énergétique. L'occasion de préciser les réformes à venir sur le programme de lutte "Habiter mieux" et les bonnes pratiques déjà mises en œuvre dans certains départements.

« 30 000 ménages pour cette année, 38 000 en 2014 et 50 000 en 2015 ». Mardi 9 avril, venue inaugurer les rencontres nationales de la précarité énergétique, la ministre du Logement Cécile Duflot a précisé le rythme avec lequel «Habiter mieux», programme piloté par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et visant à inciter financièrement les précaires énergétiques à rénover, devait monter en puissance. Depuis son lancement début 2011, le programme « Habiter mieux », piloté par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), a profité à environ 20 000 ménages modestes. C'est peu en comparaison des plus de 4 000 000 de foyers estimés en situation de précarité énergétique.



Extension du domaine de la lutte



L'augmentation de l'aide forfaitaire aux travaux d'économie d'énergie, incitation clée du programe "Habitez mieux",de 1 600 euros à 3 000 euros (montant qui s'additionne aux autres aides publiques et privées), ainsi que l'extension du dispositif à de nouvelles catégories de ménages, devraient permettre d'accélérer son déploiement. Alors qu'il est jusqu'à présent réservé aux propriétaires occupants, il sera bientôt étendu aux propriétaires bailleurs. Le seuil de revenu pour être éligible sera également relevé à un niveau approchant le revenu médian. Mais, comme le pointent les retours d'expériences des acteurs du programme, le véritable enjeu est d'améliorer la recherche des personnes en situation de précarité énergétique et de réussir à les convaincre d'engager des travaux.

Cécile Duflot a rappelé que, dans le cadre des emplois d'avenir, 1 000 « ambassadeurs de l'efficacité énergétique » seront recrutés d'ici 2015, mesure annoncée par le président de la République le mois dernier. Ils agiront auprès des collectivités ou associations travaillant sur le programme «Habiter mieux» et seront chargés de repérer les ménages en situation de précarité énergétique, localisés en majorité en milieu rural, afin de les sensibiliser au dispositif, de les accompagner jusqu'à la livraison des travaux et de prévenir l'effet rebond (annulation de la réduction de la facture énergétique par la recherche d'un niveau de confort devenu accessible).  En attendant, l'arrivée de ces jeunes âgés de 16 à 25 ans sur le terrain, les acteurs s'organisent.

Une fourgonnette sur les marchés et des "réunions Tupperware" pour diffuser la bonne parole

Entreprise affiliée aux fédérations associatives PACT et Habitat & Développement, Pact-H&D des Côtes d'Armor a déjà traité plus de 1 000 dossiers « Habitez mieux ». Le retrait du conseil général des Côtes d'Armor du dispositif "Habiter mieux" (les départements ne sont pas obligés de participer) a conduit le directeur de Pact-H&D, Philipe Morice, à multiplier les programmes intercommunaux (20 sont en cours actuellement) et mettre en place des actions originales. Une fourgonnette sillonne les marchés pour informer les habitants sur le dispositif et des réunions de voisinage, façon «Tupperware», vont être mises en place afin que les personnes ayant utilisé le dispositif puissent faire part de leur expérience.

Mais détecter les foyers en situation de précarité énergétique ne suffit pas. Une fois repérés, il faut les convaincre d'engager des travaux de rénovation dont le montant va de 10 000 à 30 000 euros. Et même si  l'ensemble des aides fiscales appliquées, le montant à la charge des ménages peut  représenter 20% de l'investissement, le passage à l'acte n'est pas facile.
«Ce n'est pas une affaire de kWh ou d'euros mais de relationnel, explique Philippe Morice.  Ces ménages ont d'autres soucis que l'énergie et l'avenir de la planète et sont déjà sollicités par des commerciaux qui viennent leur vendre des fenêtres. Il faut donc savoir passer le pas de leur porte sans les brusquer et ne pas les stigmatiser. Dans les petites communes rurales où les élus connaissent leurs administrés c'est plus simple ».

« Pour une personne de plus de 80 ans, il faut parler d'un retour sur investissement dans les deux ans »

« Il faut prendre en compte la situation de chaque personne. Par exemple, pour une personne de plus de 80 ans, il faut parler d'un retour sur investissement dans les deux ans », explique Pascal Perrin, en charge de l'habitat et du logement au sein du conseil général de l'Allier, département actif au sein du programme « Habitez mieux ». Afin de donner confiance aux  foyers détectés, ce dernier a mis en place une équipe composée d'un thermicien et d'un administratif. « Pendant que le thermicien  fait le tour du logement, l'administratif regarde les modalités financières », explique Pascal Perrin. Les ménages bénéficient ainsi d'un accompagnement gratuit et indépendant des entreprises qui réaliseront les travaux ».

Sociologue au centre de sociologie des organisations, Ana Perrin-Heredia indique que les ménages en situation de précarité énergétique, au-delà de la faiblesse de leurs revenus, se caractérisent par « une incertitude sur leur avenir qui rend difficile tout investissement ». Elle se souvient avoir accompagné un acteur du programme « Habitez mieux » qui, pour convaincre un ménage d'engager des travaux, argumentait sur un remboursement de 2 euros par jour.

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