Lorillard investit 2,5 M€ pour Bourneuf
Pour accueillir les nouvelles machines, l'usine Boourneuf a été agrandie de prèes de 1 000 m2. - © Groupe Lorillard

Lorillard investit 2,5 M€ pour Bourneuf

Véronique Cottier  |  le 06/05/2021  |  ArtisansInvestissement Menuiserie extérieureBoisFrance

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Stores et fermetures
Artisans
Investissement
Menuiserie extérieure
Bois
France
Valider

Le groupe Lorillard vient d’investir 2,5 M€ dans son usine de menuiseries bois, Bourneuf, à Parigné-L’Évêque (72). Un nouvel agrandissement de près de 1 000 m² permet d’intégrer entre un nouveau centre d’usinage de l’usine.

Thierry Luce, président du groupe Lorillard, croit fort en l’avenir de la menuiserie bois. Ainsi, le plan d’investissement industriel dévoilé en 2020 s’élève à 5,2 millions d’euros pour l’ensemble de l’activité sur ce matériau, avec pour objectif d’augmenter la capacité de production bois
du groupe de plus de 25 % d’ici 2022. Près de la moitié de ce budget est consacré à l’agrandissement et à l’équipement de l’usine Bourneuf.
En service depuis janvier 2021, la nouvelle ligne de production accueille quatre machines neuves dont une tronçonneuse, une déligneuse, une corroyeuse et un centre d’usinage nouvelle génération.

Accroître la capacité de production

L’intérêt majeur de cette nouvelle chaîne de production est surtout son concept de commande modulaire qui va permettre à Bourneuf d’accroître
sa productivité. L’activité de l’usine, qui conçoit des menuiseries “singulières”, aux dimensions exceptionnelles, avec des profilés quasiment personnalisables, exige de pouvoir concevoir des pièces individuelles en toute flexibilité. Piloté en réseau, le nouveau centre d’usinage Conturex répond parfaitement à cette nécessité et prend en charge l’intégralité de l’usinage. Il reçoit les instructions et configurations du service Ordonnancement & Méthodes qui implémente et génère les fichiers de production selon les plans validés par le Bureau d’études. Cette machine, développée par la société Weinig, permet un usinage complet des composants d’une menuiserie en un seul passage. Avantage supplémentaire, la chaîne est capable de fonctionner en autonomie totale dès lors que le magasin est “pluggé”. En effet, les équipements périphériques destinés à la fabrication de la menuiserie sont également inclus dans le processus d’automatisation.

Bourneuf Conturex 1
Le nouveau centre d’usinage Conturex permet de concevoir des pièces individuelles en toute flexibilité - © Groupe Lorillard

Cette automatisation va permettre à Bourneuf d’augmenter sa capacité de production à l’entreprise, qui « doit répondre à un carnet de commande supérieur à 21 millions d’euros en 2021, alors que l’entreprise réalise d’ordinaire un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros », précise Pascal Joubert, directeur général. La production de mise en peinture doit permettre d’accroître son rendement. Une cabine de peinture et un pistolet double tête seront aménagés dans les prochaines semaines.

Une spécialité : les menuiseries complexes

Intégrée depuis 2016 au groupe Lorillard, Les Menuiseries Bourneuf prospère sur son marché de niche : les menuiseries complexes.
« Notre spécificité c’est de réaliser des choses qui n’existent pas. C’est-à-dire que l’on conçoit des produits selon des besoins, souvent très compliqués, qui demandent beaucoup d’heures en bureau d’études avec une technicité et une conception peu communes », poursuit Pascal Joubert. Experte d’une menuiserie bois atypique et prestigieuse, l’entreprise
en a fait ses lettres de noblesses. Sa capacité à répondre à des projets dont les besoins sont particuliers, tant dans la conception que dans l’esthétique, la place en partenaire de choix. Le bureau d’études a accueilli deux nouveaux salariés et compte désormais cinq personnes pour répondre
aux demandes de plus en plus nombreuses.
Et en outre, en dehors des palaces et autres lieux haussmanniens prestigieux, Bourneuf répond maintenant de plus en plus souvent à des projets en construction neuve pour des écoles comme l’ENSAM à Angers, Mellinet à Nantes ou encore le lycée Corneille à Rouen. « Nos chantiers sont majoritairement en rénovation mais depuis quelques temps les demandes pour des bâtiments neufs sont de plus en plus fréquentes avec des projets intégrants des ensembles adossés à des épines en bois très hautes, des côtes dimensionnelles très importantes qui sortent des standards », précise Pascal Joubert.

Une nouvelle certification

Ce savoir-faire hors du commun s’applique aussi sur le plan technique
et sécurité. Bourneuf développe en effet des menuiseries de très haute technicité. Dans cette continuité, l’entreprise a obtenu début 2021
la certification CR3 anti-effraction pour ses fenêtres,
en vertu des normes EN1627 à EN1630.
Ces normes classifient les menuiseries selon un critère unique :
le retard à l’effraction. Celui-ci est mesuré selon le temps de résistance
et le type de matériel autorisé. La force physique avec l’aide d’outils tels qu’un pied de biche s’applique à une menuiserie CR3, capable de garantir un temps de résistance à l’effraction de 5 minutes.
Cette nouvelle certification s’ajoute à l’homologation pare-balle FB6 NS ainsi qu’aux classifications coupe-feu 1h et pare-flamme ½ heure et vient renforcer la forte valeur ajoutée premium des huisseries Bourneuf.

2021, l’année du bois chez Lorillard

L’année 2021 s’annonce donc exceptionnelle pour Bourneuf. D’autant que l’entreprise a ouvert deux nouvelles agences – à Nantes (44) et Bordeaux (33) – en plus de celles de Paris et Lyon – et va également embaucher trois menuisiers, dont un compagnon en formation depuis un mois, afin de faire face à cette croissance annoncée.

Bourneuf Conturex 2
La machine, développée par la société Weinig, permet un usinage complet des composants d’une menuiserie en un seul passage. - © Groupe Lorillard

Une ferveur pour le bois reviendrait-elle en force ? Pascal Joubert mise plutôt sur « l’activité actuelle du marché du bâtiment qui bénéficie du plan de relance, des aides de l’État pour le tertiaire, les écoles, etc. Il est indéniable que le bois est un matériau biosourcé qui a cette prévalence par rapport au PVC ; mais il ne faut pas oublier qu’une gestion PEFC est une exigence pour un mode de consommation maîtrisé du bois ».
Le groupe Lorillard va poursuivre ses investissements sur ses différents sites de production afin qu’ils bénéficient d’outils toujours plus performants et précis, et permettant davantage de personnalisation. Le prochain
site à en bénéficier sera celui de la Menuiserie Meslin, également spécialisée dans le bois.
Pascal Joubert qui pilote l’intégration de la Menuiserie Meslin au sein du groupe, confirme qu’elle dispose également d’un fort carnet de commandes et nécessite d’embaucher et d’investir dans un nouveau centre d’usinage d’ici la fin mai. Une cabine de finition sera également installée en 2022. Avec l’acquisition de la Menuiserie Meslin,
la représentativité de l’activité bois au sein du groupe Lorillard se chiffre à
45 M€ (fourniture et pose et fourniture seule), soit un quart du chiffre d’affaires du groupe.

Sur le même sujet Thierry Luce, groupe Lorillard : « Une forte demande à attendre sur la menuiserie bois »

Commentaires

Lorillard investit 2,5 M€ pour Bourneuf

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil