Paysage

Lolita Voisin donne un coup de jeune à la formation paysagère

Mots clés : Aménagement paysager - Apprentissages - Matériel - Equipement de chantier

A 32 ans, Lolita Voisin prendra le 1er juin son poste de directrice de l’Ecole de la nature et du paysage, département de  l’Insa Centre Val-de-Loire. Auto-entrepreneure et animatrice de Radio Caravane jusqu’en 2013, l’enseignante chercheure entend rester à l’écoute des nouvelles pratiques professionnelles qui positionnent le paysagiste au carrefour des disciplines et des échelles de l’aménagement.

Au débit de sa voix et à la clarté de sa pensée, on devine une fonceuse qui sait où elle va : écouter Lolita Voisin s’apparente à une course de  fond au rythme du sprint, mais la contagion de l’enthousiasme récompense l’effort, et quelques points de repère évitent de perdre le cap. Diplômée de l’école de la nature et du paysage (ENP) de Blois en 2008 et directrice, à compter du 1er juin, de cet établissement devenu un département de l’Insa Centre-Val-de Loire, l’enseignante chercheure a forgé son amour du métier sur les rives du fleuve qu’elle décrit comme un laboratoire de la décentralisation et un modèle de « métropole en chapelet » : un territoire idéal pour étudier le « jeu d’acteurs en réseau », trame du doctorat qu’elle a décroché en 2013 à l’université de Tours avec félicitations du jury, après avoir développé les exemples de Blois, Nevers et Saumur.

 

Décentralisatrice

 

« Les villes moyennes permettent d’appréhender tous les enjeux du paysage, sur des sujets multiples. Le Val-de-Loire offre un terrain idéal pour positionner le rôle du paysagiste dans l’accompagnement de la décentralisation », proclame l’enseignante chercheure, déterminée à creuser un sillon qui, depuis la naissance de l’école en 1993, a constitué l’un de ses axes majeurs de développement. Conforme à la marque de fabrique de l’établissement, l’atelier sur le « voyage métropolitain », lancé l’an dernier dans le cadre du diplôme d’Etat de paysagiste (DEP), porte déjà l’empreinte de sa nouvelle directrice.

La voilà propulsée parmi les têtes d’un autre réseau : aux côtés de ses homologues de Versailles-Marseille, Angers, Bordeaux et Lille, Lolita Voisin entre dans le club des cinq directeurs d’écoles habilitées à délivrer le DEP, créé par un décret de novembre 2015, et dont les premiers titulaires émergeront en 2019. La sprinteuse se tient sur les starting blocs : « Après sept ans d’échanges sur la maquette du diplôme, il est temps de se remettre en mode projet pour avancer ensemble sur les sujets essentiels ». Lolita Voisin espère entraîner ses collègues sur les chemins de la prospective, pour une réflexion conjointe sur le paysagiste en 2035.

 

Jeu collectif

 

De l’évocation de ses années d’auto-entrepreneure, entre 2008 et 2013, deux mots clés ressortent : écoute et collectif. Compatible avec la gestion simultanée d’une activité d’enseignement, d’animation radio, de spectacles et de conception paysagère, le statut lui a ouvert les yeux sur de nouvelles pratiques, portées par des collectifs pluridisciplinaires comme l’atelier de l’Ours, issu des promotions 2016 de l’ENP et de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (Ensci). Destinée tant à des paysagistes qu’à des géomètres et des architectes, l’activité d’enseignement l’a vaccinée contre le repli sur soi corporatiste. Lolita Voisin s’amuse encore du commentaire mi-figue, mi-raisin d’un confrère, avant ses premières prestations à l’Ecole supérieure des géomètres et topographes du Mans : « Comment ? Tu vas chez les ennemis ? »

 

A l’écoute

 

« Les géomètres nous aident à comprendre le foncier. Certes, les élèves du Mans ne ressemblent pas aux nôtres, mais je me souviens toujours avec bonheur des questions émerveillées suscitées par notre vision intégratrice de l’eau, de la biodiversité, de la temporalité… ». La jeune directrice exprime la même soif de partage en direction des écologues : « Comme nous, ils pratiquent en permanence le changement d’échelle ». Au-delà de l’écologie du paysage et de la biologie végétale, enseignés de longue date à l’ENP, la complémentarité des deux disciplines s’exprime depuis l’an dernier dans l’atelier conjoint avec le Museum national d’histoire naturelle.

Avec le boulevard ouvert par le DEP aux formations doctorales, l’écologie constituera sans nul doute un moteur pour la recherche en paysage pilotée à Blois sous l’autorité de Lolita Voisin : déjà palpable, l’impact du changement climatique sur la physionomie des rives de la Loire confortera sa capacité à tracer sa voie vers le global en partant du local.

 

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