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Logement neuf Les promoteurs euphoriques pour 1999

JOSEE POCHAT |  le 05/03/1999  |  ImmobilierLogementBouches-du-RhôneLoire-AtlantiqueParis

Face à d'excellents taux de réservation, les promoteurs attendent une année 1999 « exceptionnelle ». Les entrepreneurs restent prudents... Sur les chantiers à venir, des risques de goulots d'étranglement sont à envisager.

L'explosion du nombre de permis de construire accordés jusqu'au 31 décembre 1998, date limite pour bénéficier de l'amortissement Périssol, va-t-elle se concrétiser par une excellente année pour la production du bâtiment ? Les promoteurs se sont effectivement précipités, en fin d'année, pour obtenir leurs permis à temps. Résultat : 140 000 autorisations de construire, soit une progression brutale, sur trois mois, de 80 %.

Toutefois, les entrepreneurs, encore traumatisés par les années noires de la décennie 90, restent prudents et refusent de céder à l'euphorie : « Les promoteurs ont fait une réserve de permis, soit !, commente-t-on à la Fédération française du bâtiment. Mais dans quelle proportion passeront-ils à l'acte ? »

De leur côté, les promoteurs affichent un unanime et solide optimisme. « Se demander si les permis seront, ou pas, utilisés, alors que tous les clignotants sont au vert, n'a ni queue ni tête , estime-t-on à la FNPC (Fédération nationale des promoteurs-constructeurs). Les ventes de logements neufs en 1998 [93 000] représentent un record, inégalé depuis 1990, et aujourd'hui les stocks ont fondu. » Actuellement, le stock de logements neufs disponibles en France ne dépasse pas six mois de ventes. Les promoteurs travaillent donc en flux tendu.

« Par ailleurs, le moral des Français est au beau fixe, après les excellentes performances de l'économie l'an passé. Surtout, les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi bas et l'on voit mal pourquoi ils repartiraient à la hausse à court terme » , ajoute-t-on à la FNPC.

Les promoteurs travaillent en flux tendu

Les promoteurs sont, de surcroît, pressés de lancer les chantiers. Car pour bénéficier de l'amortissement Périssol, il faut maintenant avoir signé les actes de vente avant le 31 août prochain et déposé la DAT (déclaration d'achèvement des travaux) avant le 31 décembre 2000. Pour tenir ces délais, les mi-ses en chantier doivent impérativement intervenir au début du deuxième semestre.

Autre élément qui conforte la confiance des promoteurs : les taux de réservation des programmes autorisés - et pas encore construits - sont excellents.

«Les PME risquent d'être débordées »

«Nos ventes ont augmenté de près de 40 % (plus de 400 logements) depuis le début de l'année, par rapport à la même période de l'année dernière », indique Guy Nafilyan, P-DG de Kaufman & Broad, qui compte construire 1 200 logements en 1999. Ce que confirme Jacques Caraco, P-DG de Bâti Atlantique, à Nantes, qui précise avoir déjà 50 % de réservations sur les cinq programmes de logements collectifs prévus pour 1999, avant même le premier coup de pioche.

Dans les Bouches-du-Rhône, Jean-François Gabilla, directeur général Méditerranée de Bouygues Immobilier, constate que les programmes dont il vient de lancer la commercialisation mi-janvier (soit juste après l'obtention du permis) sont déjà réservés à hauteur de 20 %. «Quand on pense que ces logements n'arriveront sur le marché que dans le courant de l'année 2000, nous n'avons aucune raison d'être inquiets », souligne-t-il.

Les promoteurs craignent même des tensions sur la chaîne de production du logement. « Tout le monde va se précipiter afin d'être dans les délais de DAT, et on risque un effet d'entonnoir, ajoute Jean-François Gabilla. Si les grands groupes ont la capacité de s'adapter, les PME risquent d'être débordées. » A Nantes, Jacques Caraco a déjà du mal à trouver des entreprises de gros oeuvre : « Beaucoup de PME du secteur ont disparu dans notre région pendant les années de crise... »

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Les mises en chantier s'accélèrent. Elles doivent intervenir au plus tard au début du deuxième semestre, sous peine de perdre les bénéfices de l'amortissement Périssol.

L'amortissement Besson accueilli sereinement

Il va inévitablement y avoir une période creuse lors du passage du «Périssol» au « Besson » dans le domaine de l'investissement locatif. Ce qui n'empêche pas les promoteurs d'accueillir sereinement le nouveau dispositif Besson, même s'il est moins favorable que le Périssol, notamment à cause du plafonnement des loyers. « L'amortissement Besson maintient l'essentiel des avantages du Périssol et leurs impacts fiscaux sont très proches », estime Jean-Jacques Mathias, directeur de Marignan Immobilier, en Rhône-Alpes.

Reste à connaître précisément les plafonds de loyers qui seront fixés. Mais les chiffres qui circulent - plafonds de loyer de 50 francs le mètre carré en province, 65 francs dans la deuxième couronne et 75 francs à Paris et en première couronne -, s'ils étaient confirmés, ne poseraient pas de problème majeur, tout simplement parce qu'excepté Paris et ses communes limitrophes, ils correspondraient aux prix du marché.

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