Immobilier

Logement neuf, le retour des primo-accédants

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Politique du logement

L’année 2016 marque un retour des primo-accédants, notamment chez les jeunes et les plus modestes, alors que les taux de crédits immobiliers sont restés au plus bas, d’après la dernière étude Crédit Logement / CSA.

Les primo-accédants font leur retour en 2016, alors que le marché des crédits immobiliers termine l’année 2016 avec une stabilité du nombre de prêts accordés (-0,2% sur l’année) et que les taux restent bas, à 1,34% en décembre selon l’Observatoire Crédit Logement / CSA.

« Grâce à la baisse des taux, les ménages les plus modestes ont pu accéder à la propriété », décrypte Michel Mouillart, professeur à l’Université Paris Ouest et coordinateur de l’étude. Dans le neuf, la part des accédants modestes, c’est-à-dire bénéficiant d’un revenu inférieur à 3 Smic, s’est fortement accrue : de 35,4 % des accédants en 2015, ils en représentent 38,7% en 2016. Le constat est similaire lorsque l’on s’intéresse à l’âge de ceux qui empruntent. Dans le neuf, la part des moins de 35 ans augmente de 8,8% entre 2015 et 2016, tandis que la part des 55 ans et plus recule pour la première fois depuis le début des années 2000. Le prêt à taux zéro a pu servir de levier aux primo-accédants, « même si primo-accession ne veut pas forcément dire PTZ, puisque certains choisissent des prêts bancaires classiques », nuance Michel Mouillart.

« Une absence de soutien public à la primo accession dans l’ancien »

La tendance est différente dans l’ancien. « Il y a une augmentation moins rapide, voir un repli, des jeunes et des moins aisés », analyse Michel Mouillart, qui fait savoir que le marché de l’accession dans l’ancien n’a progressé que de 6,6% en 2016, contre 16,2 % en 2015. Explication possible : le prêt à taux zéro dans l’ancien impliquant des travaux, certains primo-accédants ont pu renoncer à cette solution, du fait de ce critère. « Ce marché de la rénovation est durablement plombé », souligne par ailleurs Michel Mouillart. Ainsi, les opérations de travaux financées avec un crédit immobilier stagnent : de 329 000 opérations en 2015, elles devraient s’établir à 320 000 en 2016, et 335 000 en 2017 selon les estimations de Michel Mouillart.

+1,2% pour l’accession en 2017

Pour 2017, l’Observatoire Crédit Logement / CSA anticipe une remontée des taux des crédits immobiliers, oscillant entre 1,65% et 1,75%. Les opérations financées avec recours au crédit immobilier devraient progresser de 3,3% en 2017. « La production de crédits devrait encore progresser en 2017, mais à un rythme plus lent que par le passé », ajoute Michel Mouillart.

* Les analyses réalisées par l’Observatoire Crédit Logement CSA s’appuient sur plus de de 16 000 opérations en moyenne.
Les analyses de l’Observatoire excluent les rachats de créances, les prêts relais et les prêts mixtes, c’est à dire les financements nouveaux incluant une part de rachat.

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