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Logement neuf : après le millésime 2016, une bonne année 2017 à venir
La façade d'un immeuble parisien neuf - © © Adrien Pouthier/LeMoniteur.fr

Logement neuf : après le millésime 2016, une bonne année 2017 à venir

Barbara Kiraly |  le 21/02/2017  |  ImmobilierLogementsTechnique

Près de 150 000 logements neufs ont été vendus par les promoteurs immobiliers en 2016. Ces bons résultats laissent présager que 2017 enregistrera les mêmes volumes de commercialisation. A condition que le secteur soit capable de produire plus vite et que le prochain gouvernement pérennise les outils fiscaux (prêt à taux zéro et dispositif Pinel) déjà en place.

L’année 2016 aura été un « bon millésime » pour le logement neuf, selon l’expression d’Alexandra François-Cuxac, présidente de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI). La fédération a dénombré 148 618 réservations d’habitations en 2016, en augmentation de 21% sur un an, selon les chiffres dévoilés mardi 21 février. « Un volume élevé, que l’on n’avait plus atteint depuis la crise de 2007 », signale Alexandra François-Cuxac. Autre raison de se réjouir, le dynamisme enregistré sur le marché se traduit dans tous les secteurs : +30,5% pour les résidences services, +25,2% pour les ventes aux particuliers et +4,1% pour les ventes en bloc (aux bailleurs sociaux par exemple).

La présidente de l’organisation professionnelle estime également que cette « croissance du marché est saine puisque depuis 2010, c’est la première fois que la part des particuliers investisseurs (53% des acheteurs) et des particuliers occupants (47%) frôle l’équilibre ». Le retour des accédants à la propriété est en effet boosté par le prêt à taux zéro « bien calibré » et les taux d’intérêt historiquement bas (1,38% en décembre selon l’institut Crédit Logement CSA). Enfin, « les prix ne s’emballent pas » même s’ils augmentent de 2,5% en moyenne sur un an. La FPI balaye donc le risque de formation d’une bulle immobilière.

Ne pas « laisser filer » la demande

Malgré ces bons résultats, la FPI pointe deux ombres au tableau. D’abord, le stock recule à 88 600 unités (contre 92 840 en 2015), ce qui peut créer des tensions sur les prix. Ensuite, les mises en chantier ne suivent pas assez le rythme des ventes. Alors que la commercialisation bondit de 21% sur un an, les ouvertures de chantier ne progressent « que » de 10,9% à 107 280 unités.

« Nous sentons une forte demande, la confiance retrouvée des particuliers, un contexte de marché favorable… et nous ne parvenons pas à produire suffisamment à cause de l’empilement des normes qui allongent les délais de production », se désole Alexandra François-Cuxac, qui pointe plus de 40 000 unités d’écart entre les ventes enregistrées par les promoteurs (148 618) et les mises en chantier (107 280). Et de prévenir : « le marché n’attend pas. Si nous mettons trop de temps à mettre ces logements en chantier, nous laisserons la demande filer (vers le marché de l’ancien par exemple, ndlr). »

125 000 réservations en 2017 ?

La FPI estime que 2017 sera une bonne année, malgré les potentielles perturbations liées à l’élection présidentielle. « Cette campagne politique est singulière, juge Alexandra François Cuxac. Aujourd’hui, les Français attendent moins des hommes politiques que par le passé, les acheteurs seront peut-être moins dans l’attentisme et plus concentrés sur leur trajectoire personnelle. D’ailleurs le premier mois de l’année est bon. En 2017, nous pourrions tout à fait vivre une année similaire à 2016, ou enregistrer des résultats légèrement moins bons, mais ce serait tout de même une bonne année. » Nexity, leader de la promotion immobilière, se montre un peu moins optimiste que la FPI et table sur 125 000 réservations de logements neufs en 2017.

Toutefois, le marché du logement est particulièrement dépendant des avantages fiscaux accordés par Bercy, puisque selon la FPI, seulement 20 à 25% des particuliers investisseurs se passent du dispositif d’investissement Pinel pour acquérir un bien. Le prochain gouvernement pourrait sabrer les aides, et plonger le marché dans un certain marasme… Alexandra François-Cuxac écarte cette hypothèse : « quel gouvernement prendrait la responsabilité de supprimer deux dispositifs qui fonctionnent (le PTZ et le Pinel, ndlr) sans proposer de solutions de substitution ? » De quoi mettre la pression aux candidats déclarés.

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