Logement

Logement : la Fondation Abbé Pierre plaide en faveur d’un nouveau contrat social

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Elections - Politique du logement

La Fondation Abbé Pierre, qui présentait son 17ème rapport sur l’état du mal-logement devant près de 3000 personnes à Paris le 1er février, a également appelé les principaux candidats à l’élection présidentielle à signer son « contrat social pour une nouvelle politique du logement ».

La Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, qui a 20 ans cette année, dresse un bilan sévère des politiques du logement menées depuis sa naissance dans son 17ème rapport sur l’état du mal-logement publié le 1er février: « ni juste, ni solidaire, basée sur des slogans et guidée par les marchés et par Bercy, mettant à mal la cohésion sociale (lutte des places) et affaiblissant les dispositifs collectifs au profit de droits individuels», commente Patrick Doutreligne, son délégué général.

A l’occasion de cette publication, qui montre que le « mal-logement s’est enraciné », la Fondation voulait placer le logement au cœur des débats en vue de l’élection présidentielle et a donc demandé aux différents candidats de signer un nouveau contrat social pour une nouvelle politique du logement qui leur a été présenté ce 1er février.

Pour Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation, « les propositions non idéologiques de ce contrat social, élaboré avec des associations, syndicats, collectivités, fédérations professionnelles ou acteurs du secteur, répondent à quatre engagements majeurs de la mobilisation générale pour le logement lancé en septembre, qui sont indissociables :

1)    Produire plus de logements accessibles et diversifiés partout (500 000 logements par an, dont 150 000 locatifs sociaux), pour éviter la ségrégation et améliorer la mixité. Cela nécessiterait, selon la Fondation, de lutter contre la vacance, de voter une grande loi foncière,

2)    Sortir de la spirale d’inflation des prix du logement, d’une part en régulant les marchés immobiliers (foncier, charges et loyers via un miroir), en rééquilibrant le rapport bailleur/locataire, en sortant des dispositifs de défiscalisation sans contrepartie sociale, d’autre part en maîtrisant mieux les coûts de production, en revalorisant les aides au logement, avec un régime particulier pour inciter propriétaires et locataires à réduire la précarité énergétique.

3)    Créer plus de justice sociale et de solidarité et traiter les 3,6 millions de mal-logés en prévenant les expulsions locatives, en luttant contre l’habitat indigne, en aidant bailleurs sociaux et privés à réhabiliter les copropriétés dégradées.

4)    Construire une ville équitable et durable, ce qui signifie notamment : lutter contre la ségrégation territoriale par une redynamisation de la politique de la ville (Anru 2), protéger les aides à la pierre, généraliser les secteurs  de mixité urbaine, relever le quota de logements prévu par l’article 55 de la loi SRU de 20 à 25% dans les villes de plus de 5000 habitants, inciter fortement des investisseurs institutionnels sur le segment du logement locatif, « moins risqué que le marché mais plus éthique », qu’ils avaient quitté faute d’y trouver une rentabilité suffisante.

Les principaux candidats à l’élection présidentielle se sont succédés à la tribune pour s’exprimer et signer le « contrat » de la Fondation : Eva Joly pour Europe Ecologie Les Verts, Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche, François Bayrou pour le Modem, et François Hollande (victime d’un « enfarinage » en règle) pour le Parti Socialiste. Henri Guaino, qui représentait Nicolas Sarkozy, n’a pas signé le document. Marine Le Pen, candidate du Front National, n’avait pas été invitée, son programme ne répondant pas aux valeurs de la Fondation

Focus

Les chiffres du mal-logement

Près de 700 000 personnes sans domicile personnel
3,6 millions de personnes non ou très mal logées
Plus de 5 millions de citoyens de situation de fragilité à court ou moyen termes dans leur logement
10 millions de citoyens touchés par la crise du logement.
Effort national pour le logement : 2,13 % du PIB en 2010 contre 2% en 2000

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