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Lire entre les (petites) lignes

Jessica Ibelaïdene, journaliste |  le 09/03/2018  |  ConjonctureParis

Ouf ! Le nouveau « pacte ferroviaire » français ne sera pas « une réforme des petites lignes ».

Le 26 février, le Premier ministre l'a assuré : « Je ne suivrai pas le rapport Spinetta » concer-

nant la fermeture des 9 000 km de voies ferrées les moins circulées.

Les élus locaux se réjouissent : depuis la remise du rapport de l'ancien P-DG d'Air France mi-février, les collectivités n'ont cessé d'alerter sur l'absolue nécessité de ces voies, certes souvent vétustes et déficitaires, mais qui remplissent une « mission de service public ». Les entreprises aussi osent un sourire : des lignes qui survivent, ce sont des contrats d'entretien et de maintenance à honorer.

Passé le soulagement, tous ont tenté de décrypter le discours de façade. Quand Edouard Philippe affirme qu'« on ne décide pas la fermeture de 9 000 km de lignes depuis Paris sur des critères administratifs et comptables », les met-il définitivement hors de danger ? « Dans bien des territoires, le rail est au cœur de la stratégie des régions pour le développement des mobilités », reconnaît-il.

Les régions ! Ce sont elles qui se retrouvent exposées. Car c'est à elles que reviendra la décision de préserver ou non ces linéaires ferrés. Un dilemme dont elles ne pourront sortir gagnantes. Car si toute fermeture est impopulaire, le maintien de ce réseau impose de lourdes dépenses : 1,7 milliard d'euros d'argent public par an, pour moins de 10 % du trafic, et moins de 2 % des voyageurs…

Plus qu'à un plan de sauvetage, les promesses d'Edouard Philippe ressemblent à un sursis et à un tour de passe-passe. Le gouvernement évite les coups et refile le bébé aux élus locaux. Il se contente de confirmer l'enveloppe de 1,5 milliard d'euros dédiée au seul

renouvellement de ces petites lignes, et déjà inscrite dans les contrats de plan Etat-régions 2015-2020. Mais qu'en sera-t-il au-delà ? Ceux-là mêmes qui se battent aujourd'hui pour le maintien de ces voies pourraient bien être, à terme, ceux qui les condamneront.

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PHOTO - 11835_727008_k2_k1_1730150.jpg - © BRUNO LEVY / LE MONITEUR

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