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Lionel Carli : Un « urbanisme de projet » ne peut se faire sans architecture de qualité
Lionel Carli, président du conseil national de l’ordre des architectes - © © Christophe Demonfaucon / Cnoa

Lionel Carli : Un « urbanisme de projet » ne peut se faire sans architecture de qualité

Lionel Carli, président du conseil national de l'ordre des architectes |  le 03/05/2011  |  France

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Le président du conseil national de l'ordre des architectes soutient, dans ce point de vue, la volonté du secrétariat d’Etat au Logement de « favoriser l'évolution du bâti existant et la densification des centres urbains », mais s'inquiète du fait que les propriétaires puissent « se passer des seuls professionnels compétents en la matière que sont les architectes ».

« Concevoir une architecture durable pour partager et mieux vivre ensemble c’est ce à quoi travaillent les architectes. Pour ce faire, ils appellent depuis plusieurs années, élus locaux et responsables politiques à la maîtrise de l’étalement urbain et à la construction de la ville sur la ville. Car l’architecture durable qui allie performance, convivialité, épanouissement humain, fonctionnalité et réversibilité des lieux, mais aussi qualité esthétique, doit également se décliner dans la conception de nouveaux espaces à urbaniser, et dans la recomposition de la ville, enjeu majeur de demain.

A cet égard, la volonté du secrétariat d’Etat au Logement, à travers la réflexion menée autour de "l'urbanisme de projet", de "favoriser l'évolution du bâti existant et la densification des centres urbains" tout en "accélérant la procédure d'instruction" ne peut que recueillir notre soutien. Il est urgent, en effet, de recomposer les zones pavillonnaires et les franges de villes qui ont contribué à défigurer notre paysage, et ont condamné les citoyens à des trajets chronophages. Pour y parvenir, il faut revisiter les règlements urbains et de lotissements pour adapter les constructions existantes, introduire une densité adaptée ainsi qu’une certaine mixité d’occupation.

Effet inverse des objectifs recherchés

En revanche, laisser entendre comme le fait Benoist Apparu, que c'est en soumettant à simple déclaration préalable les extensions de bâtiments existants dans la limite de 40 m² (60 m² sous certaines conditions), que l'on va résoudre cette "quadrature" est un non-sens : ce type de mesure produira en réalité l'effet inverse des objectifs recherchés. Car le problème de fond n'est pas celui de la quantité de surface à autoriser, mais la manière dont elle est mise en œuvre, pour quels besoins, et pour quelles plus-values patrimoniales ajoutées à la construction, au bénéfice de son utilisateur et des usagers du quartier.

Libérer la densité, sans la contrôler qualitativement, ne peut qu’amplifier la dégradation des sites et paysages, générer de nouveaux conflits de voisinage et de futurs contentieux de l'urbanisme. Ce sont dans les lotissements et zones pavillonnaires que les conséquences de ces mesures seront le plus catastrophique, lorsque chaque propriétaire se lancera dans des travaux d'extension en se passant des seuls professionnels compétents en la matière que sont les architectes.

Proposition à retirer

A l’heure du Grenelle de l'Environnement qui a clairement souligné l’apport de la profession dans la conception de bâtiments durables, ainsi que son rôle moteur dans l'animation de la chaîne de construction, cette proposition est incompréhensible sauf à considérer que l'architecture n'est plus d'intérêt public et que l'aménagement cohérent du territoire n'est plus un objectif gouvernemental. Nous demandons donc que cette proposition, dans sa rédaction actuelle, soit retirée. Pour les extensions supérieures à 20 m², la déclaration préalable ne peut s’envisager qu’établie et déposée par un architecte. L’accélération des mutations souhaitées des quartiers ne sera en effet porteuse de qualité architecturale et environnementale que si elle est garantie par une analyse globale de l’aménagement réalisée par ce même professionnel qualifié. »

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