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Lillenium, le chantier assiégé

Florence Quille |  le 20/07/2018  |  ImmobilierTransportsNordERPCentre commercial

Centre commercial -

Boulevards et voies ferrées bordent le futur complexe immobilier nordiste. Une situation lourde de conséquences logistiques.

Boucler en un peu plus de deux ans une construction de 107 000 m² SP en cœur de ville tient souvent de la course d'obstacles. Sogea Caroni, filiale nordiste de Vinci Construction France, vient d'en franchir plusieurs avec succès. En dix mois, elle a réalisé la totalité du terrassement du futur ensemble Lillenium, complexe immobilier comprenant un centre commercial, un hôtel, un bâtiment de bureaux… Elément structurant du quartier Lille-Sud, en pleine requalification, ce nouvel équipement situé près du périphérique lillois ouvrira ses portes fin 2019.

Travail en flux tendu. La principale contrainte du chantier tient à son implantation. De forme triangulaire, la parcelle de 30 000 m² est totalement enclavée entre deux boulevards et une voie de la SNCF. « Le site n'est desservi que par une voie d'accès, ce qui nécessite une logistique pointue, précise Ali Louni, directeur des travaux chez Sogea Caroni. Nous avons en permanence six conducteurs de travaux, affec tés chacun à une zone spécifique.

Et nous travaillons en flux tendu car nous ne disposons d'aucune zone de stockage. Les livraisons des armatures, poutres et dallages sont concentrées chaque matin entre 6 h et 8 h pour éviter les embouteillages sur le périphérique. Et les bétonnières se succèdent sur l'unique desserte du chantier. » Dans un tel contexte, évacuer 210 000 m3 de déblais en site urbain n'a pas été une mince affaire. Pour minimiser l'impact écologique, le constructeur a donc décidé de privilégier le transport fluvial. Lillenium brigue en effet la certification Breeam . Ainsi, les déblais crayeux ont été évacués par camion jusqu'au port fluvial de Lille avant d'être acheminés en péniche vers différents sites de la région.

Dessiné par l'architecte Rudy Ricciotti, le projet immobilier comporte trois niveaux de sous-sol pour 900 places de parking et 5 000 m² de surface de vente dédiée à un hypermarché. « Pour accéder aux réserves, les semi-remorques entreront directement dans le sous-sol par une voie d'accès spécifique. Cette partie, particulièrement technique, relevait presque du génie civil, explique Ali Louni. Nous avons dû renforcer énormément le ferraillage. »

Façades à effet drapé. La suite ne sera guère plus simple. Les façades du bâtiment présentent un effet drapé assez complexe à mettre en œuvre. Allèges en béton blanc pour le bâtiment tertiaire, parement en composite ciment fibre de verre pour la galerie commerciale, et béton blanc lasuré pour l'hôtel - technique nécessitant un grand soin lors du coulage, afin d'éviter les reprises.

Un an après le lancement du chantier, Sogea Caroni a déjà bouclé la moitié du gros œuvre. Un tour de force vu les contraintes inhérentes au site. Faute de dégagement, les cinq grues sont installées dans le bâtiment, ce qui ne facilite pas les déchargements. Quelque 150 compagnons se relaient en deux équipes, à raison de quatorze heures par jour, afin de tenir les délais.

La livraison est prévue en novembre 2019. Mais avant cela, une autre phase s'annonce compliquée. Durant les six derniers mois du chantier, toutes les enseignes enverront sur place leurs équipes techniques pour aménager les cellules commerciales. Gros effectifs en perspective !

Maîtrise d'ouvrage : SCCV Faubourg des Postes (Lille). Maîtrise d'ouvrage déléguée : Vicity . Maîtrise d'œuvre : Rudy Ricciotti associé à Avant Propos. BET : Projex. Entreprise : Sogea Caroni.

Contrôle technique : Bureau Veritas. Budget : 250 M€.

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Terrassement - Des voies ferrées sous haute surveillance

La parcelle du chantier longe une ligne ferroviaire sur 300 m, ce qui a nécessité des précautions particulières pour construire la paroi de soutènement. Avant d'entamer le terrassement, une équipe de Sogea Caroni, assistée d'agents de la SNCF, a posé, de nuit, 400 capteurs sur les traverses des rails, pour mesurer l'impact des travaux sur la ligne.

« Le risque d'affaissement était réel car la paroi ne se trouve qu'à 8 m des rails, souligne Ali Louni, directeur des travaux chez Sogea Caroni. Au plus fort du terrassement, on évacuait chaque jour 4 000 m3 de déblais. Il fallait donc surveiller en temps réel les dégâts éventuels causés à la voie SNCF pour donner l'alerte immédiatement. » Afin d'éviter les tirants et les butons, Sogea Caroni a opté pour une paroi autostable de 8 m de haut, constituée de pieux de 70 cm d'épaisseur et espacés de seulement 30 cm.

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