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Lille Bruno Cognat : « Lille-Métropole investira-t-elle les 500 millions annuels nécessaires au projet Ville renouvelée ? »

le 04/06/1999  |  LogementsCollectivités localesArchitecture

Bruno Cognat est directeur général de CMH (Compagnie métropolitaine de l'habitat) et du CIL Habitat. Il expose la stratégie de développement du groupe, premier bailleur privé de la métropole lilloise.

Quelles sont les composantes et l'organisation actuelles du groupe CMH ?

CMH (Compagnie métropolitaine de l'habitat) regroupe deux SA d'HLM - Logicil (28 000 logements) et SLE (17 000 logements) -, deux coopératives d'HLM - Maison-Roubaisienne / Notre Maison (qui vend trente à cinquante maisons par an) et Club Hen -, une société locative privée, Habitat de Flandres, qui achète et loue des logements pour cadres, et enfin, le CIL Habitat, l'organisme collecteur-prêteur du groupe.

Cet ensemble de 680 salariés

a réalisé un chiffre d'affaires de 1 098 millions de francs l'année dernière. CMH est un groupe à la fois bailleur, constructeur et financeur et, évidemment, le premier bailleur privé de la métropo- le lilloise. L'actionnariat de CMH est composé des différentes instances professionnelles de la métropole. Il est présidé par Jean-Loup Aymé depuis 1993 et doté d'une équipe de management lé- gère (sept personnes).

Les filiales bénéficient d'une grande autonomie, y compris pour la fonction achat, mais nous mettons en place un système d'information commun sur nos fournisseurs, notamment sur les entreprises réalisant des travaux.

Quelle est votre « cible » de clientèle, les salariés des entreprises cotisant au CIL ?

Pas exclusivement, puisque seulement 35 % de nos logements sont occupés par des salariés d'entreprises clientes du CIL Habitat. No- tre rôle est de loger certes les salariés, mais aussi les retraités (qui occupent un tiers du parc), et également les futurs salariés. Nous sommes une entreprise citoyenne et, par ailleurs, nous agissons dans un cadre réglementé. Ce qui nous conduit à financer du logement très social comme le foyer d'accueil d'urgence Emmaüs qui vient d'être livré à Tourcoing, dans le cadre d'une opération mixte qui associe également des pro- duits PLA et PLA TS.

Mais vous construisez relativement peu, 600 à 700 logements neufs par an environ, alors que la demande demeure soutenue dans la métropole...

Notre métier, c'est l'accompagnement du parcours résidentiel de nos clients, en locatif comme en accession. Le produit logement n'est que le support de ce service. Et no- tre histoire nous fait obligation de garantir la pérennité du groupe. Or, c'est la qualité de la gestion, le niveau de nos résultats qui permettent d'assurer cette pérennité. Nos bénéfices, 75 millions de francs l'an dernier, sont totalement réinvestis dans notre patrimoine. Leur niveau dépend de notre action pour assurer un bon remplissage de notre parc. La sensibilité de nos organismes à la vacance est énorme. J'estime qu'un point de vacance correspond à 10 millions de résultat...

Le taux de vacance chez SLE et Logicil est de 0,9 %, contre 4 % en moyenne dans la région. Cette bonne performance découle de notre choix d'une grande proximité vis-à-vis des locataires, avec une agence chargée du commercial et de la maintenance pour mille logements.

D'autre part, nous investissons davantage dans la réhabilitation et l'entretien de notre patrimoine immobilier (voir tableau ci-contre) que dans la construction neuve.

Toutefois, nous développons des programmes d'accession sociale, mais dans la métropole, le foncier est rare et cher. Les coûts d'assainissement sont élevés et les normes de voirie édictées par la communauté urbaine particulièrement contraignantes...

Pourtant, vous êtes engagé dans la réflexion sur « le renouvellement de la ville », lancée par l'agence d'urbanisme de Lille et la communauté urbaine...

Nous participons au groupe de travail mis en place par l'agence et nous sommes partie prenante du GIP GPU (groupement d'intérêt public du grand projet urbain). Il est clair que nous sommes intéressés par ces projets. Encore faut-il que les décisions politiques suivent.

Reconstruire la ville sur elle-même coûte forcément très cher. La simulation réalisée sur le quartier Sainte-Hélène démontre que l'investissement public nécessaire est de 10 millions de francs à l'hectare. La communauté urbaine est-elle prête à financer 500 millions de francs par an pour tenir les objectifs affichés par le schéma directeur ? Si c'est le cas, nous apporterons notre concours et nous participerons aux programmes de logements dans ces quartiers.

Et Euralille ?

Nous souhaitons être présents sur Euralille, notamment à Saint-Maurice, à la condition de trouver un accord avec la SEM sur le prix du foncier, la mixité du programme, le type de logement, c'est-à-dire des maisons de ville qui correspondent à l'attente de la clientèle, et sur le phasage des opérations...

TABLEAU : Chiffres prévisionnels d'investissement pour 1999

PHOTO : Bruno Cognat : « Nous souhaitons être présents sur Euralille, à condition de trouver un accord sur le prix du foncier... »

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