Etat et collectivités

Ligne Lyon-Turin: « Le projet est dans sa trajectoire nominale »

L’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique de la liaison ferroviaire Lyon –Turin est en cours depuis mardi 23 mai. Elle concerne la section transfrontalière: 74,6 km entre Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie et Bruzolo dans le Val de Suse en Italie, dont le grand tunnel de base de 53 km et le tunnel de Busoleno de 12 km, en Italie. « Nous sommes dans la trajectoire nominale », a insisté François Lépine, président de Lyon Turin Ferroviaire (LTF), la structure qui porte le projet, lors d’une conférence de presse au siège de RFF à Paris. Utilisant cette comparaison avec le lancement d’une fusée, il s’est attaché à démontrer que le projet suit normalement son cours même si l’importance du projet (évalué à 7,6 milliards d’euros aujourd’hui, pour 13 milliards sur l’ensemble de la ligne) en étale le calendrier jusqu’en 2020, pour un début des travaux en 2010.

S’aidant de la carte et du planning, François Lépine a insisté sur l’enjeu environnemental de la future liaison fret: reporter le trafic de la route vers le rail préserve l’espace alpin et réduit les émissions de gaz à effet de serre, plaide le dossier d’enquête. Il rappelle que la France et l’Italie ont renoncé à la réalisation d’une nouvelle infrastructure routière alors qu’en 2004, 9 500 camions ont emprunté les divers passages entre les deux pays. Quant à la ligne existante, ses capacités seront renforcées au maximum à court terme mais pour en démontrer l’obsolescence, François Lépine évoque « la ligne de Cavour », l’homme d’Etat italien de la fin du XIXe siècle qui la fit construire. Seule la nouvelle liaison permettra un report modal de grande ampleur, souligne le dossier de l’enquête publique.
Engagée jusqu’au 30 juin, l’enquête publique de la section constitue « un événement considérable « , commente François Lépine. Elle doit conduire à la déclaration d’utilité publique, qui marque un engagement fort des Etats « . La commission d’enquête publique, présidée par l’ex-préfet Hélène Blanc, rendra ses conclusions avant fin 2006. La déclaration d’utilité publique pourrait intervenir courant 2007, après l’élection présidentielle. L’Italie mène dans le même temps sa propre procédure, avec l’ambition d’aboutir dans les mêmes délais: la France et l’Italie se sont engagées à déclarer conjointement l’utilité publique de l’ouvrage. Il faudra ensuite décider du montage juridico-financier du projet.

Le très volumineux dossier est consultable dans 16 mairies de Maurienne, en sous-préfecture de Saint-Jean-de-Maurienne et en préfecture de Savoie. Sur le terrain, les chantiers des descenderies de Modane (1 672 m excavés à la mi-mai), Saint-Martin-la-Porte (1 385 m), La Praz (215 m) se poursuivent, à Venaus, en Italie, les travaux n’ont pas encore commencé. « Ces 500 millions déjà engagés démontrent qu’il faut d’ores et déjà parler de Lyon-Turin comme d’un chantier », martèle François Lépine. L’un des chantiers du siècle assurément.
François Perrier

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