Réalisations

« Libérez les menhirs de Carnac! »

Plusieurs associations occupaient lundi 26 août 2002 le site de Carnac, pour protester contre la fermeture depuis dix ans de ce patrimoine mondial où n’ont plus lieu depuis que quelques visites guidées sur une partie du site très limitée. Depuis dimanche, une centaine de membres d’associations occupent par groupe d’une vingtaine le belvédère de Kermario, bâtiment des Monuments historiques sur le site, et envisagent de camper plusieurs nuits sur place pour dénoncer le décret d’utilité publique qui en interdit l’accès.

« Nous occupons le belvédère du Menhirland au nom d’un collectif de soutien à Menhirs Libres. Nous réclamons l’annulation du décret d’utilité publique, et de sa prorogation », a expliqué l’un des manifestants, Yann Riguidel, fils de l’ancien navigateur Eugène Riguidel, qui campe sur le site. Menhirs Libres, qui regroupe 600 membres, milite contre le projet d’un centre touristique autour des alignements et demande la réouverture du site au public. Les célèbres alignements mégalithiques sont entourés de grillages depuis 10 ans en raison de problèmes de déchaussements des menhirs fragilisés par la fréquentation touristique.

Le projet d’aménagement des Monuments historiques, qui prévoit notamment la création d’une zone protégée autour des menhirs, d’un grand parking, de boutiques-cafétéria, mais également la déviation d’une route, et l’expropriation de plusieurs maisons riveraines du site, a été déclaré d’utilité publique (DUP) en 1997. La déclaration a été prorogée cette année, à la colère des associations qui assurent que 85 % de la population locale est hostile au projet. Menhirs libres avait attaqué la DUP en septembre 1998 devant le tribunal administratif de Rennes, en se basant sur la loi littorale qui interdit la construction d’une route trop près du bord de mer, mais le tribunal leur a donné tort. « Nous avons fait appel et nous attendons depuis 4 ans, que cette affaire soit rejugée », ajoute Yann Elkar.

« Bien sur qu’il faut protéger le site, mais pas de cette manière », explique de son côté Christian Obeltz, de Menhirs Libres, et spécialiste de Carnac. Selon lui « la dégradation du site a été surtout due à son entretien industriel dans les années 80, avec des tracteurs de l’Etat et du désherbant total ». « Par ailleurs, ajoute-t-il, nous souhaitons que l’ensemble du site de Carnac soit intégré dans un projet d’étude et de protection global, et non seulement la partie la plus spectaculaire que sont les trois grands alignements. Nous sommes pour une gestion intelligente englobant les quelque 280 sites recensés sur Carnac, sur 16 km de Long et 10 de large et dont certains (tertres, tumuli) ne sont pas mis en valeur ».

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