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Liban La ville de Beyrouth renoue avec la normalité

GUILLAUME DELACROIX |  le 01/01/1999  |  InternationalFrance EquipementProduits et matérielsRénovation

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Huit ans après le retour de la paix, la capitale du Liban a reconstruit ses infrastructures, et tente de faire revivre son centre ville.

Depuis fin novembre, une série de tunnels routiers permet de rejoindre l'aéroport en un quart d'heure, et quelques jours avant Noël, les Beyrouthins ont dû réapprendre l'usage des feux rouges dans le centre ville. La capitale du Liban respire un peu mieux. Car même si les plus cyniques estiment que le pays est encore « en soins intensifs », la grande majorité des infrastructures est aujourd'hui réalisée. Pour preuve, le tournant pris par le gouvernement de Salim Hoss qui, en succédant début décembre à Rafic Hariri, a annoncé les nouvelles priorités : l'environnement, le social, et l'administration. Selon le conseil du développement et de la reconstruction (CDR), l'organisme interministériel qui administre les travaux au Liban, 80 % des postes et des télécommunications, 63 % des ports et des aéroports, 43 % des routes et des transports publics, et 36 % de l'équipement électrique sont aujourd'hui achevés.

« Notre mission de consultant auprès du CDR approche de son terme », observe Jacques Michel, directeur régional d'Oger International. « Après trois ans de diagnostic, nous avons reconstruit au fur et à mesure de l'obtention des financements par le gouvernement. Les études pour les interventions d'urgence sont maintenant finalisées, et le CDR va s'attaquer à la planification, plutôt qu'aux projets ». Oger International a réceptionné le 18 décembre la première des 25 écoles publiques financées par l'Union européenne, et conclut actuellement les avant-projets de huit usines de traitement d'eaux usées, dont une d'un million d'équivalents-habitants à Tripoli.

Relais de l'investissement privé

A Beyrouth, l'environnement va aussi monter en puissance. L'énorme décharge créée dans la mer pendant la guerre (1975-1990) sera bientôt dépolluée par brassage, avant d'être agrandie par un remblai jusqu'au nouveau front de mer que Bouygues construit au large, au moyen de gros caissons en béton (voir rubrique « Chantier » dans notre prochain numéro). « La ville va ainsi gagner 60 hectares sur les eaux, ce qui lui procurera une grande bouffée d'oxygène », rappelle Hervé Dupont, chargé du développement de Solidere (*), qui traite la zone la plus touchée par les bombardements, entre la place des Martyrs et le célèbre hôtel Saint-Georges qui pourrait rouvrir en 2000. « Environ 90 % des immeubles préservés sont restaurés, et de nombreux programmes démarrent, avec une participation croissante des investisseurs privés » (voir ci-dessous).

Prochaines échéances : l'an 2000, bien-sûr, mais aussi et surtout le sommet de la francophonie, en 2001. Une aubaine pour démontrer l'attractivité du coeur urbain encore vierge. Mais également un pari, qui ressemble fort à celui de Berlin. Beyrouth bruit jour et nuit des marteaux piqueurs et des va-et-vient de camions, effaçant progressivement l'ancienne ligne de démarcation entre l'est et l'ouest, grâce à la reconstruction à l'identique des souks, mosquées et églises.

« Les délais de chantier ne sont pratiquement jamais respectés », déplore Nassib Nasr, responsable de l'agence Apave du Liban. « De plus, l'absence de normes libanaises nous oblige à un gros travail de prospection et de formation ». L'Apave travaille notamment sur les universités de Hadath et Saint-Joseph de Beyrouth, les écoles de Bir-Hassan, l'autoroute Nahr-el-Kalb, et une douzaine d'hôpitaux.

Le caractère non obligatoire du contrôle technique et de l'assurance complique donc la tâche des expatriés, soumis de plus à l'exclusivité du moins-disant. L'avenir demeure cependant prometteur, avec par exemple les perspectives de privatisations qui se profilent dans l'électricité, le téléphone, l'eau ou les déchets. Sans compter que l'implantation au Liban sert de base de développement en Syrie et en Jordanie, et même dans les pays du Moyen-Orient.

(*) Société libanaise pour le développement et la reconstruction du centre ville de Beyrouth.

PHOTO : Déclarés prioritaires, les réseaux ont tous été rétablis, ponts et ouvrages d'art compris.

Les Français à Beyrouth

Architectes : Jean-Michel Wilmotte (mobilier urbain), Denis Valode et Jean Pistre (cinémas), Bernard Spoerry (quartier Saifi), Michel Macary (site archéologique), Olivier Vidal paysagiste (souks).

Ingénieristes : Oger International.

Contrôleurs techniques : Socotec, Apave, CEP/Veritas.

Entreprises : Bouygues, Clemessy, EDF, Alcatel, France Telecom, Total

Banques : Crédit Lyonnais, Société Générale, Indosuez, Paribas.

De nombreux projets restent à réaliser

Déjà lancés :

- La décharge d'ordures ménagères du front de mer (dépollution) : attribution du marché dans les prochaines semaines.

- Le Beyrouth Trade Center (BTC) (40 étages sur un parking souterrain) après démolition de la tour Murr : Ben Laden adjudicataire.

- Le quartier Saifi : 145 appartements imbriqués dans l'existant.

- Les souks du centre ville : reconstruction avec deux grands magasins, huit cinémas dont un dôme, une école coranique, et 2 500 places de parkings.

- Le club des officiers de l'armée : en cours d'achèvement.

Dans les cartons :

- Le nouveau Consulat de France, près de la résidence des Pins.

- Le centre des congrès de la place des Martyrs.

- Le parcours archéologique extérieur, sur les découvertes d'après-guerre.

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