Paysage

Les villes et villages fleuris soignent leur crise de la soixantaine

Les Villes et villages fleuris de France cherchent leurs repères dans la nouvelle organisation territoriale. Un an avant de fêter le soixantième anniversaire du concours, leur président Paul Roncière a convié le jury national, le 14 mars, à participer à une réflexion sur la redéfinition du label et la quête d’un nouvel élan.

Le processus de refondation lancé le 14 mars s’est focalisé sur le maillon faible du dispositif du conseil national des Villes et villages fleuris de France (CNVVF), association de collectivités présidée par un représentant de l’Etat : l’échelon intermédiaire entre ce dernier et les communes. Comment éviter les redondances entre les départements, traditionnellement compétents pour l’attribution des premières fleurs, et les régions, organisatrices des concours des secondes et troisièmes fleurs ?

 

Synergie bourguignonne

 

Avec une procédure dérogatoire par rapport aux standards du CNVVF, la Côte-d’Or et la Bourgogne présentent, depuis 2014, un exemple de synergie applaudi par de nombreuses collectivités conviées au séminaire du 14 mars : deux des quatre jurés représentent la Côte-d’Or, tandis que la Région nomme les deux autres. « L’attribution conjointe des prix, entre une et trois fleurs, a permis de diminuer les coûts en maintenant la qualité », commente Jean-Philippe Pérusson. Animateur régional du label pour la nouvelle région Bourgogne Franche-Comté, il s’emploie à généraliser ce modèle dans les huit départements.

Mais les régions recalibrées ont-elles bien pris la mesure des attentes de la base communale ? Avec 13 départements depuis 2016, l’animatrice occitane du label Maryse Boy reconnaît : «  4500 km en dix jours pour tenir la promesse de visiter chaque commune labellisée au moins tous les trois ans, c’est lourd. Mais comment labelliser sans visiter ? »

 

Couac breton

 

L’éloignement lié aux nouveaux périmètres n’explique pas tout : « la Bretagne n’a pas accueilli notre proposition de convention avec enthousiasme », rappelle le préfet Paul Roncière, président du CNVVF. La même région offre pourtant un modèle départemental : « Nous évitons de parler de jury, de  concours et d’inscriptions aux communes qui choisissent un accompagnement de leur fleurissement sans label », explique Christine Hamon Rondo, animatrice des VVF dans les Cotes-d’Armor qui affichent le score plus qu’honorable de 66 labellisés sur 373 communes.

 

Fougueux sexagénaire

 

Aux difficiles questions territoriales, le CNVVF ajoute quelques interrogations existentielles : le mot concours reste-t-il nécessaire ? Quel juste équilibre trouver entre le pilotage national et l’initiative départementale ou régionale ? Comment valoriser l’association entre fleurissement et autosuffisance alimentaire locale ? Entre tourisme et environnement, faut-il choisir une priorité ?

« Nous ne sommes pas un label environnemental. Notre force réside dans l’approche globale », répond Martine Lesage, directrice du CNVVF. Forte des nouveaux moyens nés de la cotisation obligatoire en vigueur depuis 2017 après la suppression des subventions d’Etat, la petite équipe de quatre personnes ne ménagera ni sa peine, ni ses efforts de communication, dans la période charnière qui précède le jubilée de 2019 : « Je suis prête à me rendre chez vous chaque fois que vous me demanderez ». Martine Lesage ajoute une certitude à cette promesse : « Notre label sera toujours jeune ».

 

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