En direct

Les TP argentins font peau neuve dans la douleur
Roberto Baratta, le bras droit de l'ancien ministre de la Planification, arrêté suite à des révélations de son chauffeur. - © AFP

Les TP argentins font peau neuve dans la douleur

Marc-Henry André, à Buenos Aires |  le 31/08/2018  |  CorruptionInvestissement

Un scandale de pots-de-vin compromet de nombreux dirigeants de la construction, alors que le pays a lancé un plan d'investissement de 23 milliards de dollars sur cinq ans.

Des dizaines de constructeurs et de responsables politiques argentins défilent depuis trois semaines au tribunal de Comodoro Py, à Buenos Aires, où s'instruit l'affaire de pots-devin dite des « Cahiers ». Ce nom fait référence aux notes manuscrites prises par le chauffeur de Roberto Baratta (photo), homme de confiance de l'ancien ministre de la Planification, Julio De Vido. Ces écrits retracent dans le détail plus d'une décennie passée à acheminer des liasses de billets de banque depuis les bureaux de constructeurs adjudicataires de TP jusqu'à ceux de hauts fonctionnaires, et même à la résidence présidentielle.

Sauf exception, ces technocrates passent aux aveux. Et lâchent des noms, comme l'a fait Carlos Wagner. L'ex-président de la Chambre argentine de la construction a mouillé dans cette affaire de corruption systématique les dirigeants de trois entreprises (Vial Agro, Cartellone et Helport) qui ont signé il y a un mois à peine, quatre des six premiers contrats de construction d'autoroutes en PPP. Le ministre des Transports, Guillermo Dietrich, a aussitôt assuré que ces contrats restaient valables. « Nous faisons la distinction entre les personnes et les entreprises », assure-t-il.

Un marché « ouvert aux étrangers ». Cette affaire éclate à un moment critique pour l'Argentine, qui a lancé son ambitieux plan d'investissement de 23 Mds $ d'ici à 2023 pour la réalisation d'une soixantaine de projets en PPP, dont le RER de Buenos Aires (pour l'heure suspendu), 4 920 km de nouvelles routes, des ponts, des barrages, une nouvelle voie ferrée en Patagonie, etc.

Pour Guillermo Dietrich, le marché argentin des TP est désormais ouvert aux étrangers : « Tous les ambassadeurs [à Buenos Aires] étaient au courant de l'existence de la corruption systématique en Argentine. Les étrangers étaient exclus des marchés. Cette époque est révolue. L'appel d'offres de la phase 1 du plan routier en PPP a été un succès, autant pour la participation étrangère que pour la transparence inédite du processus. » Le 17 mai dernier, cinq consortiums ont remporté ce premier appel d'offres en PPP, pour construire et rénover six axes routiers totalisant 3 394 km par le biais de contrats de construction-exploitation de quinze ans. Ayant signé ces contrats, ils facturent déjà les péages. Et devraient commencer les travaux avant octobre.

Nouvel appel d'offres en décembre. Le coordinateur national des PPP, Tomás Darmandrail, interrogé par « Le Moniteur » au ministère des Finances argentin, assure que son calendrier des appels d'offres reste inchangé malgré la forte dépréciation du peso et les affaires judiciaires en cours. « Celui de la phase 2 du plan routier sera publié à la mi-décembre. Il comprend le pont Corrientes-Chaco et deux axes routiers de 240 km et 480 km. Auparavant, un autre appel d'offres sera lancé pour la rénovation du réseau de transmission électrique entre Mendoza et Buenos Aires. »

Les Français consolident leur position

Après Lafarge, Saint-Gobain et trois filiales de Vinci (Freyssinet, Terre Armée et Soletanche Bachy), d'autres sociétés françaises lorgne le marché des TP argentins.

Tout juste arrivés cette année, les ingénieristes Setec et Snef visent les projets en PPP dont le RER de Buenos Aires. « Nous nous concentrons sur la phase 2 du plan routier en PPP. Le marché argentin, certes risqué, est très prometteur », juge Julien Grange, de Setec. Le groupe Snef, présent au Brésil depuis 2010, ouvrira avant la fin de l'année une filiale en Argentine pour profiter des investissements attendus en projets d'infrastructures. Il s'intéresse notamment au projet de ligne ferroviaire Nord-Patagonie entre Bahía Blanca et le gisement pétrolier de Vaca Muerta. « Malgré les soubresauts de l'économie argentine, la planification des ouvrages prévus devrait suivre son cours », estime Eldomir Xavier, de Snef.

Par ailleurs, selon nos sources, Spie Batignolles explore le marché argentin et Bouygues Construction aurait trouvé son partenaire local.

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Code des juridictions financières

Code des juridictions financières

Date de parution : 12/2018

Voir

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

De l'immeuble de bureau aux lieux du travail

Date de parution : 12/2018

Voir

Le ravalement

Le ravalement

Date de parution : 12/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur