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Les tours pourraient faire leur retour à Paris
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Les tours pourraient faire leur retour à Paris

DEVIGE-STEWART Thierry |  le 29/10/2003  |  ArchitectureAménagementEssonne

Bannies de Paris depuis plus de vingt-cinq ans, les tours pourraient y retrouver droit de séjour: le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, a rouvert le débat, jusqu'ici tabou, sur la construction d'immeubles de grande hauteur intra-muros.
Un débat "utile", dans une ville de seulement 105 km2 (alors que Londres est à l'échelle de l'Ile-de-France), a souligné à plusieurs reprises le maire socialiste de Paris, en s'empressant d'ajouter qu'il n'est surtout pas "tranché".
La réflexion qui s'amorce, précise à l'AFP Jean-Pierre Caffet, adjoint (PS) à l'Urbanisme, porte sur des bureaux plutôt que des logements, elle ne concernera pas le coeur de la ville, ni une "forêt" de bâtiments. "Il n'y aura pas de Défense au centre de Paris", assure M. Caffet.
A l'idée de densifier là où il y a déjà des tours, lancée par l'architecte Dominique Perrault, père de la Grande Bibliothèque, l'adjoint préfère celle "d'acupuncture" développée par Jean Nouvel (Institut du Monde Arabe): une aiguille bienfaisante dans un endroit choisi.
Ce qui exclut les Halles (contrairement aux rêves d'architectes qui planchent sur leur rénovation), "le tissu haussmannien ou le tissu faubourien".
Faut-il pour autant "écarter toute diversité, toute modification du paysage urbain ?", demande l'adjoint.
L'essentiel n'est d'ailleurs pas à ses yeux "le dogme" du nombre d'étages, mais "le où, le pourquoi, le comment".

Alors que Londres, Vienne, Barcelone ont commencé ou recommencé depuis quinze ans à bâtir vers le ciel -sans parler de Shanghaï ou Hong Kong- Paris s'en tient à ses prescriptions de 1977, définissant trois hauteurs sur trois zones allant de 25 mètres (huit étages environ) au centre à 37 mètres.
Une modération voulue par Valéry Giscard d'Estaing, qui, à contre-pied de la politique urbaine gaulliste "expansionniste", promettait, en 1974, d'empêcher la "prolifération des tours", rappelle l'historien de Paris Bernard Marchand.
Cette pause a succédé à des années de développement qui ont fait émerger des quartiers aujourd'hui décriés: les Olympiades (XIIIème) ou le Front de Seine (XVème).
Lancé en 1967, achevé en 1990, ce programme de 16 tours de 32 étages sur dalle est devenu, pour nombre de Parisiens, au même titre que la tour Montparnasse, emblématique d'un urbanisme agressif.
M. Caffet relève que ses habitants ne se plaignent guère de leurs conditions de vie, leurs problèmes venant d'abord du vieillissement de la dalle.
Alors qu'un nouveau réglement d'urbanisme est en cours d'élaboration, M. Caffet s'interroge: "est-ce que le règlement précède le projet, ou le projet le règlement ?".
Quant à la construction de nouvelles tours à Paris, il incline pour une approche pragmatique: un projet que prépareraient des équipes pluridisciplinaires.
Où ? "Aux portes de Paris, par exemple, ou entre Boulevards des Maréchaux et périphérique". Avec une ambition esthétique, une maîtrise par la Ville ("pas question de livrer une emprise foncière aux promoteurs, en leur disant: +allez-y !+" et une exigence: une bonne desserte par les transports en commun. D'où l'importance du tramway en chantier.
L'adjoint sait que le sujet est hypersensible. Les Verts parisiens ont, sans attendre, manifesté leur hostilité. "Un casus belli", avertit leur président Alain Riou.
"Le débat ne pourra se débloquer que s'il s'appuie sur une réalisation concrète", tempère M. Caffet, soulignant notamment le besoin de créations d'emplois. Et il demande: "le Paris de demain sera-t-il, partout, celui d'Amélie Poulain ?"

(avec AFP)

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