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Les stations d'épuration éliminent des eaux d'assainissement 85% des micropolluants réglementairement indésirables
La station d'épuration Aquaviva de Mandelieu dans les Alpes Maritimes - © © Lyonnaise des Eaux

Les stations d'épuration éliminent des eaux d'assainissement 85% des micropolluants réglementairement indésirables

le 21/01/2010  | 

L'analyse des eaux en sortie de 21 stations d'épuration françaises durant quatre ans montre que 85% des substances « prioritaires » définies par la directive cadre européenne sur l'eau sont éliminées lors du traitement des eaux usées. Ces 33 substances « prioritaires » sont répertoriées dans le texte européen avec pour objectif leur traitement d'ici à 2015 dans l'ensemble des dispositifs d'épuration.

Le Cemagref et Suez Environnement ont présenté le 21 janvier les résultats d'un programme de recherche commun, baptisé
« Amperes », destiné à l'identification des micropolluants présents dans les eaux usées et à la mesure de leur présence en sortie de station. Un programme lourd, le plus important mené sur le sujet selon les deux intervenants: 2.000 échantillons, 5.000 analyses par huit laboratoires différents pour un budget de 2,4 millions d'euros cofinancé par l'Agence nationale de la recherche.
La caractérisation systématique des micropolluants présents dans les eaux usées à leur entrée en station a, en fait, permis l'identification d'une centaine de substances. Les chercheurs ne se sont donc pas limités à l'étude de celles qui sont listées par la directive cadre, ils ont suivi systématiquement le comportement des molécules identifiées, ne serait-ce que parce qu'elles sont susceptibles de faire l'objet de futures réglementations plus exigeantes.

Mesurer l'effet des traitements

Ces micropolluants sont décelés à l'état de « traces », ils représentent ensemble 1% du total des composés organiques présents dans l'eau. Leur mesure, du niveau du nano-gramme par litre d'eau, exige l'usage du spectromètre de masse.
Restent que ces traces, des métaux pour 82%, des substances pharmaceutiques pour 15% menacent la biodiversité des milieux aquatiques (oestrogénisation des poissons, disparition d'espèces...). Aussi, l'Union européenne exigeant le « bon état » chimique et écologique » des masses d'eau, a-t-elle défini son niveau d'exigence les concernant d'ici à 2015 et elle le relèvera lorsque les procédés d'élimination seront mieux connus.
« Amperes » est une première étape permettant de mesurer, sur des stations représentatives du parc, l'effet des traitements existants.
Résultat : une station d'épuration conventionnelle arrête 85% des substances « prioritaires » définies par la DCE. Et, sur la centaine de micropolluants identifiés par le programme « Amperes » à l'entrée, la moitié sont éliminées à plus de 70%. L'aspirine, l'ibuprophène, le paracétamol, les hormones oestrogéniques sont éliminés par biodégradation. Les DEHP (plastifiant), PBDE (retardateurs de flamme), fluoranthène (hydrocarbure aromatique), métaux sont captés par les boues sans que leur présence compromette le respect des normes d'épandage.
Plus le traitement biologique est poussé, plus l'élimination des micropolluants est efficace. Le Cemagref et Suez Environnement avancent que le bioréacteur à membranes « semble plus efficace pour 20% des substances ». Et des traitements tertiaires avancés comme l'osmose inverse, l'ozonation, la filtration sur charbon actif, complétant le traitement conventionnel, sont encore plus efficaces dans l'élimination mais ils en augmentent sensiblement le coût. L'intervention en station n'est pas la seule voie de progrès. Le traitement en amont, à la sortie des hôpitaux et des usines identifiées comme émissives notamment, et l'optimisation du circuit des eaux pluviales constituent d'autres pistes d'amélioration.
Rappelant que 2,5 milliards d'euros devront être investis d'ici à fin 2011 en France pour achever la mise aux normes prévues par la directive eaux résiduelles urbaines (ERU) de 1991, Suez Environnement estime que l'entretien du parc nécessitera, après 2015, la reconstruction annuelle d'environ 500 stations d'épuration (le parc français en compte 17.700) soit une capacité épuratoire d'environ 3 millions d'habitants pour un montant de l'ordre de 750 millions d'euros par an.

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