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Les soft skills, un atout gagnant
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Les soft skills, un atout gagnant

Caroline Gitton |  le 03/12/2021  |  CCCA-BTPFrance

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Selon les dirigeants du secteur, les aptitudes comportementales sont moteur de performance. Elles seraient même plus importantes que les savoir-faire techniques.

 

Un plébiscite en faveur des compétences douces. C'est ce que met en lumière l'étude « Les soft skills dans le BTP », réalisée entre septembre et octobre derniers par « Le Moniteur » en collaboration avec le CCCA-BTP auprès de 229 décideurs du secteur. Ainsi, 96 % des personnes interrogées jugent les aptitudes comportementales « importantes » pour travailler dans l'univers de la construction, contre 83 % s'agissant des capacités techniques, ou « hard skills ». Mieux : 35 % des répondants les considèrent même « très importantes », quand ils ne sont que 22 % pour les aptitudes techniques.

Aux yeux des participants à l'enquête, la priorité va à l'esprit d'équipe (71 %), à la rigueur et au sens de l'organisation (63 %), ainsi qu'au respect - de soi-même, des autres et des procédures (59 %). La prise de décision et la capacité à résoudre des problèmes (49 %), la motivation et l'engagement (48 %) ou encore l'autonomie (42 %) suscitent aussi chez eux un intérêt non négligeable. Autres qualités recherchées, mais dans une moindre mesure : la flexibilité ou l'adaptabilité (37 %), mais aussi l'aisance relationnelle, la capacité à communiquer, la confiance et l'affirmation de soi (29 %). Viennent ensuite l'esprit critique et la curiosité (25 %), devant le leadership et le sens du management (20 %). Enfin, seules 19 % des personnes consultées citent l'intelligence émotionnelle, en particulier l'empathie et le sens de l'écoute, et 17 % la créativité et l'esprit d'entreprendre.

 

Critères de recrutement importants. A titre personnel, les dirigeants sondés estiment être dotés d'un bon esprit d'équipe (56 %), et être autonomes (49 %) et engagés (49 %) dans leur activité professionnelle. Les compétences douces qui ont leur faveur sont ainsi peu ou prou les mêmes que celles qu'ils s'attribuent. « Par un mécanisme de projection, une grande partie des chefs d'entreprise recherchent un effet miroir en se focalisant sur des compétences classiques ancrées dans une réalité “terrain” qu'ils pensent posséder, commente Franck Le Nuellec, directeur du marketing, du développement et de l'innovation stratégique du CCCA-BTP. Or, selon ce dernier, faire un pas de côté en prenant davantage en compte l'intelligence émotionnelle ou la créativité leur apporterait une complémentarité précieuse pour leur structure et pour améliorer la relation client : « Prenons l'exemple de la rénovation énergétique : si l'application de la RE 2020 requiert rigueur et collaboration de la part des salariés, des qualités comme l'empathie et le sens de l'écoute apparaissent nécessaires pour travailler sur le bien-être des occupants dans l'habitat. » Sans surprise, les soft skills font partie des critères de recrutement importants aux yeux de l'immense majorité des décideurs (94 %). D'ailleurs, 60 % des répondants les mentionnent toujours ou souvent dans les offres d'emploi de leur entreprise. Pour l'embauche des apprentis, profils les moins qualifiés, les compétences douces supplantent même les hard skills chez 63 % des personnes sondées. Celles-ci accordent par contre une égale importance à ces deux types de critères concernant des postes de conducteur de travaux (68 %), de chef de chantier (73 %) et d'ingénieur technicien (58 %). D'après la quasi-totalité des participants (97 %), les aptitudes comportementales jouent ensuite un rôle décisif pour faciliter l'intégration dans une entreprise et être un bon manager (91 %). Elles favorisent aussi l'évolution de carrière (86 %).

Côté entreprises, les bénéfices ne sont pas moindres, qu'il s'agisse de leur image et de la cohésion des équipes (96 %), ou de la performance globale et de la qualité de vie au travail (92 %). Huit décideurs sur dix prédisent que les employeurs devraient rechercher davantage de soft skills pour répondre à l'émergence de nouveaux métiers, et près des trois quarts pour s'adapter aux évolutions des usages, comme le développement du télétravail.

 

Meilleure adéquation entre recruteurs et candidats. « Les compétences douces profitent ainsi à l'intégralité de la filière, résume Olivier Cenille, responsable du développement des partenariats de Win lab, l'incubateur du CCCA-BTP. Fort de ce constat, le secteur doit aller plus loin, afin de favoriser une meilleure adéquation entre recruteurs et candidats. D'une part, aider les apprenants à développer ces aptitudes et à les valoriser. De l'autre, permettre aux employeurs de mieux les appréhender et de mieux définir leur demande, étant précisé que trois quarts des répondants estiment que ces compétences sont seulement “plutôt faciles” à évaluer. » Le CCCA-BTP doit ainsi mener prochainement une expérimentation avec la start-up NeoBrain, qui utilise l'intelligence artificielle pour gérer et anticiper les carrières, et créer un observatoire des soft skills en partenariat avec la région Nouvelle-Aquitaine et ses huit CFA.

 

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