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Les salariés de la menuiserie FPEE obtiennent la réintégration de leurs ex-patrons

Jean-Philippe Defawe (bureau du Moniteur de Nantes) |  le 16/02/2015  |  MenuiseriesSartheFrance entièreSecond œuvre

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Après un bras de fer avec les nouveaux actionnaires, les salariés du menuisier industriel FPEE, dans la Sarthe, ont obtenu que les anciens dirigeants reprennent le contrôle de l'entreprise.

La menuiserie industrielle FPEE, implantée à Brûlon dans la Sarthe, a connu deux semaines folles qui marqueront l’histoire de groupe fondé en 1982 par Marc Ettienne et qui compte actuellement 7 sociétés et 650 collaborateurs répartis sur 6 sites de production.

Lundi 9 février, l’usine principale était même à l’arrêt,  bloquée par plusieurs centaines de salariés, mais aussi de clients artisans des réseaux Arts et Fenêtres et Ouvertures venus de toute la France et représentant 60% des débouchés de l’industriel. Tous réclamaient le retour du fondateur de l'entreprise, Marc Ettienne, et de l'ex-Pdg, Cécile Sanz qui lui a succédé en 2012 et a été évincée à la demande des fonds d'investissement Naxicap, Pragma et Equistone devenus majoritaires au capital. A la suite de cessions de parts successives entamées il y a 12 ans, M. Ettienne ne détenait plus que 28% des parts contre 63% aux fonds d'investissements, le reste appartenant aux cadres et aux salariés. Son objectif était, selon lui, de passer progressivement le flambeau aux cadres de l’entreprise.

Désaccord

Selon Marc Ettienne, le différend trouve son origine dans un désaccord sur la stratégie financière, les fonds actionnaires envisageant, selon lui, «?un niveau d’endettement inacceptable?». Mais de l’autre côté, les financiers, qui se présentent comme « professionnels et responsables, très loin de la caricature volontiers présentée par certains », ont dénoncé « une campagne de désinformation douteuse et diffamatoire ». Ils indiquent que les cessions progressives de Marc Ettienne lui ont permis de recevoir quelque 110 millions d’euros et leur représentant Olivier de La Morinière, nommé fin janvier à la place de Cécile Sanz, explique que le conflit porte surtout sur le prix de cession de l’entreprise, les dirigeants et un groupe d’actionnaires ayant proposé le rachat de FPEE en septembre dernier.

Négociations

Devant l’ampleur du conflit, c’est la Préfecture, à la demande du ministre et élu de la Sarthe Stéphane Le Foll, qui a conduit les négociations. « Les discussions ont été menées par le sous-préfet de La Flèche et le commissaire  adjoint au redressement productif. Elles ont  été facilitées par M. de la Morinière » a déclaré la Préfecture à l’issue de deux séances de négociations. « La solution de reprise proposée par les cadres du groupe FPEE et, soutenue par Marc Ettienne, a été discutée et agréée par l’ensemble des actionnaires. Marc Ettienne et Cécile Sanz réintègrent l’entreprise et Olivier de la Morinière reste au sein du groupe pour mettre en œuvre l’opération » détaille la Préfecture. Marc Ettienne, Cécile Sanz, les cadres et les salariés devraient détenir l’intégralité du capital. L’accord devrait être formalisé d’ici à fin juin.

Réactions

"Je me réjouis que la raison l'ait emporté avec un accord de sortie de crise par le haut pour l'entreprise FPEE à Brûlon dans la Sarthe", s'est félicité sur twitter l'ancien Premier ministre UMP sarthois François Fillon. Même satisfaction pour Christophe Clergeau, 1er vice-président PS de la Région des Pays de la Loire qui estime que ces actions de la part des salariés et de clients « sont atypiques mais symbolisent la nécessité de revenir au plus près de l’économie réelle qui créé de l’activité et de l’emploi sur les territoires ». Et le candidat à la présidence de la région d’ajouter que « la Région, en contact avec les dirigeants, se tient à leur disposition pour étudier avec eux leurs besoins pour accompagner leur projet, notamment dans le cadre du tour de table financier qu’ils doivent boucler dans les prochains mois ».

Cette action rappelle celle qu’avaient menés les salariés d’un autre industriel de l’Ouest, le fabricant vendéen de meubles Gauthier en 1999 pour la réintégration de leur patron, Dominique Soulard, qui avait été sommé de quitter son poste par l'actionnaire parisien de l'entreprise. Aujourd’hui, l’entreprise est dirigée par son fils David et connaît une belle croissance dans un marché en crise. Souhaitons le même avenir à FPEE qui affiche déjà de belles performances avec un résultat d’exploitation de plus de 35 millions d’euros en 2014 sur quelque 144 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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