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Les routes prennent le chemin de l'après-pétrole

Anthony Laurent |  le 06/10/2017  |  EnergieTransportsArchitectureRéalisationsLoire-Atlantique

Recherche -

Destinés à remplacer le bitume d'origine fossile, les liants et les additifs à base de substances dérivées de la biomasse végétale sont en phase de test.

Chaque année, en France, 30 millions de tonnes de granulats - extraits de carrières aux ressources non-renouvelables - et 2 millions de tonnes de bitume - issu de l'industrie pétrolière -sont consommées pour la construction et l'entretien des routes. Lancé en novembre 2015, le projet BioRePavation (pour innovation in bio-recycling of old asphalt pavements ), coordonné par l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar), a pour principal objectif de mettre au point des chaussées biosourcées recyclables. Grâce à l'emploi de produits issus de la biomasse végétale, ce programme de recherche, dont les résultats sont attendus pour l'hiver 2018, vise à augmenter sensiblement le taux de recyclage des granulats et du bitume des routes en fin de vie.

« A l'heure actuelle, ce taux est de 20 %. Nos recherches ont pour but d'atteindre des taux de 50 à 70 %, sans que la qualité des chaussées en pâtisse », indique Emmanuel Chailleux, coordinateur du projet BioRePavation. Pour concevoir ces chaussées écologiquement vertueuses, les scientifiques et ingénieurs impliqués dans ce programme de recherche et développement international misent sur des liants et des additifs à base de substances dérivées du pin et du soja.

Ces derniers sont capables de remplacer intégralement le bitume à recycler, mais aussi de régénérer ce dernier et de rendre les agrégats davantage compatibles avec le bitume neuf - évitant ainsi l'apport de liant d'origine fossile. Les partenaires du programme BioRePavation sont, avec l'Ifsttar, la filiale néerlandaise du groupe américain Arizona Chemical, Eiffage Infrastructures, l'université de l'Iowa, le Western Research Institute et le Centre d'ingénierie des transports de l'université de Nottingham.

Mise en œuvre prévue pour 2019. « Concrètement, nous testons trois revêtements de chaussée à base de matériaux recyclés avec trois liants et additifs d'origine végétale », précise Emmanuel Chailleux. La démarche expérimentale comprend deux grandes étapes. D'abord, les caractéristiques et le « comportement » des substances biosourcées sont analysés en laboratoire, pour en définir précisément le dosage. Les différentes formulations de revêtement ainsi obtenues sont ensuite testées, toujours sur la paillasse, selon les normes en vigueur en Europe et en Amérique du Nord. Le but ? Dimensionner l'épaisseur des futures chaussées « vertes ».

Seconde étape de l'expérimentation : des tests « grandeur nature » sont menés pour éprouver physiquement les trois revêtements mis au point. Ces tests, lancés cet été, se déroulent sur le manège de fatigue de l'Ifsttar, à Nantes (Loire-Atlantique), l'un des plus grands équipements au monde pour le dimensionnement des routes. Une fois finalisées, les chaussées « vertes » conçues dans le cadre de BioRePavation pourraient être mises en œuvre, en Europe et en Amérique du Nord, dès 2019. De nouvelles expérimentations, en conditions réelles cette fois, auront lieu en début d'année prochaine.

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PHOTO - 9304_586988_k2_k1_1423728.jpg - © IFSTTAR

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