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"D’un sentiment extrêmement favorable à l’écologie, la France est devenue écolo-sceptique" estime Philippe Gattet, directeur d’études chez Xerfi. - © © Sustainlane

"Les revirements du législateur en matière d’écologie sont une menace à moyen terme pour le green business en France"

Philippe Gattet, directeur d’études chez Xerfi |  le 06/05/2010  |  SantéEnergieTechnique

Les atermoiements à l'Assemblée Nationale pour le vote du Grenelle II, boîte à outils du Grenelle I, sont la énième démonstration d'une défiance de plus en plus accrue de la population et de ses représentants vis-à-vis de l'écologie estime Philippe Gattet, directeur d'études chez Xerfi.

Ces hésitations font en effet suite à d'autres revirements de situation : demi-succès de la Conférence de Copenhague, abandon de la taxe carbone, baisse des crédits d'impôt développement durable, report de la taxe poids lourds, etc.
Bref, d'un sentiment extrêmement favorable à l'écologie, la France est devenue écolo-sceptique. L'objectif de 23% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie à l'horizon 2020 semble décidément de moins en moins atteignable.

Un vent de colère souffle sur la filière éolienne

4.500 aérogénérateurs restent encore à installer dans l'Hexagone pour respecter les objectifs en la matière. Mais les tentatives du législateur d'encadrer l'essor des parcs éoliens, jugé anarchique, apparaît comme une menace importante pour les industriels du secteur car il rendrait plus fastidieux, et donc plus coûteux, la mise en oeuvre des futurs projets. Rappelons néanmoins que le développement de l'éolien dans l'Hexagone ne joue pas en faveur de l'industrie nationale mais plutôt de sociétés de services (installation, exploitation, maintenance). Le pays n'accueille en effet aucuns grands fabricants dont le marché mondial reste dominé par les Allemands et les Danois. Qui plus est, son développement est largement subventionné et provoquera nécessairement une augmentation de la facture d'électricité via la contribution au service public de l'électricité (CSPE).

Des perspectives à court terme guère encourageantes

D'autres secteurs des énergies renouvelables sont aussi en proie à d'importants doutes.
Dans le domaine des pompes à chaleur, les difficultés s'amoncellent. Les ventes se sont effondrées de près de 17% en 2009. Et les perspectives à court terme ne sont guère encourageantes selon les prévisions de Xerfi. Même constat dans le solaire : la puissance et la surface installée annuellement d'équipements solaires thermiques ont reculé de plus de 13% en 2009 pour la première fois depuis dix ans, tandis que la filière photovoltaïque, toujours aussi dynamique, a été victime de son succès et de la succession de maladresses du gouvernement fin 2009?début 2010.

Dans le domaine de la rénovation thermique des bâtiments, les fabricants de matériaux se retrouvent le plus souvent en surcapacité de production avec la crise que traverse le bâtiment
La filière doit aussi faire face à la baisse des aides des pouvoirs publics. Le gouvernement a choisi de réduire le taux du crédit d'impôt sur les fenêtres à partir du 1er janvier 2010 de 25% à 15%. Il a également annulé la majoration pour les travaux réalisés dans les logements construits avant 1977. Une décision qui s'est fondée semble?t?il sur des critères avant tout économiques. Le coût du crédit d'impôt "développement durale" a en effet doublé en un an. Or le déficit public devrait atteindre 8% du PIB l'année prochaine et la dette près de 90%. De quoi freiner les ambitions écologiques du gouvernement.

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