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Les rencontres du paysage sous les auspices de Le Nôtre
Les jardins du château de Versailles - © C.MILET - E.P.V.

Les rencontres du paysage sous les auspices de Le Nôtre

Eric Burie et Cyrille Véran |  le 25/06/2013  |  BâtimentParisYvelinesFrance entièreAménagements extérieurs

Les rencontres du paysage, baptisées rencontres André Le Nôtre, se dérouleront du 1er au 3 juillet à Versailles (Yvelines) sur le thème du jardin. Un rendez-vous important pour les professionnels du payage, où sont attendus les élus, les entreprises et responsables d'espaces verts, mais aussi les enseignants et étudiants.

Organisées du 1er au 3 juillet à Versailles par Val’hor (l’interprofession qui rassemble les filières horticoles et du paysage), les rencontres internationales André Le Nôtre, grand rendez-vous de toute la filière paysage, auront pour thème « L’humanité du jardin : de l’enclos au territoire ». Un sujet qui, selon les organisateurs, « s’inscrit au cœur des problématiques d’aménagement des villes et territoires et apporte des solutions en matière de développement durable, de densité et d’identité urbaine ».

Pendant trois jours sont prévus des débats – avec le géographe Michel Lussault, l’historien John Dixon Hunt, les paysagistes Gilles Clément et Michel Corajoud… – et des visites. Au programme également, et pour la première fois, la remise à un paysagiste du prix international André Le Nôtre pour l’ensemble de son œuvre. Ce prix aura lieu tous les deux ans, avec l’ambition de devenir la plus haute distinction en France décernée à un paysagiste.

Le choix de Versailles pour accueillir ces rencontres n’est pas fortuit. La ville et les jardins du château témoignent encore aujourd’hui de la parfaite maîtrise des tracés et perspectives de Le Nôtre. A l’occasion de son 400e anniversaire, Versailles a tenu à lui rendre hommage tout au long de l’année avec des expositions, des spectacles et plusieurs restaurations : le bassin et les parterres de Latone, le bosquet du théâtre d’eau, la renaissance de l’allée des Mortemets… Des chantiers qui invitent à réfléchir sur la façon de faire évoluer ce patrimoine historique à l’aune des goûts et usages du XXIe siècle.

Inscription et programme sur le site www.rencontres-andre-lenotre.fr

Le Nôtre, hier et aujourd’hui Quel est le regard porté par les paysagistes actuels sur celui que l’on surnomme le « Grand Jardinier du Roi » ? Les a-t-il vraiment influencés ? De quelle manière ? Six d’entre eux nous répondent.

Quel est le regard porté par les paysagistes actuels sur celui que l’on surnomme le « Grand Jardinier du Roi » ? Les a-t-il vraiment influencés ? De quelle manière ? Six d’entre eux nous répondent.

Gilles Clément

« Le Nôtre nous enseigne la mise en espace dans sa dimension théâtrale la plus grandiose puisqu'il n'hésite pas à placer les limites du décor à l'horizon. Il nous enseigne également la conduite du regard par la rigueur des perspectives et le ménagement des surprises par la diversité des scènes rencontrées. C'est à ce niveau, dans la part architecturale de l'espace que les végétaux jouent un rôle majeur : ils doivent maintenir les formes au fil du temps. D'où l'importance des ligneux et de leur nécessaire réduction à la géométrie, ceci au détriment des espèces herbacées, hors d'échelle et de propos dans ce type de jardin ».

Gilles Vexlard

 « Le Nôtre fut avant tout un constructeur de paysage avec un sens de l’inscription dans le site tout à fait étonnant. Il maîtrisait à merveille l’art de la proportion et possédait un savoir culturel et technique hors pair. Il est parvenu à fabriquer l’image d’une société et d’une gouvernance à travers ses parcs et jardins C’était un grand terrassier et ses talents de metteur en scène montrent combien les paysagistes d’aujourd’hui devraient jouer un rôle de distributeurs d’espaces beaucoup important ».

Jacques Coulon

« L’expérience d’un petit matin brumeux sur la pièce d’eau des Suisses crée une émotion et une épaisseur de nature bien plus fortes que les minauderies plagiaires de la nature reconstituée d’un parc anglo-chinois. Le Nôtre nous démontre que la sensation de nature est indépendante du mode de formalisation. La droite ou la courbe ne sont pas un vrai débat. Malgré une construction rigoureuse, donc très culturelle ou peut être grâce à elle, parce qu’il n’y a plus d’échelle, l’effet de nature s’exprime, indémodable. La nature ne se protège pas, elle se construit ».

Jean-Marc L’Anton

 « Le Nôtre a « placé la barre très haut » ! On sait qu’il a eu une approche pluridisciplinaire en s’entourant de fontainiers, de sculpteurs... Mais il plane encore un certain mystère sur la façon dont il a procédé. On ne sait pas vraiment comment il a travaillé avec ces artistes et ces artisans. En revanche, on connaît le but qu’il poursuivait : que l’on cesse de considérer ses jardins comme les parterres des châteaux. Pour cela, il lui fallait inverser les rôles et amener le visiteur à regarder le bâtiment comme un élément décoratif, depuis les jardins, et non le contraire. Son approche pluridisciplinaire n’y est certainement pas étrangère »

Louis Benech

 « Si nous avons une leçon à retenir de Le Nôtre au niveau de ses choix végétaux, c’est son « courage botanique » et ses prises de risques, ce dont nous manquons cruellement aujourd’hui. C’est lui qui a le premier utilisé de façon paysagère l’aesculus hippo castanum, à l’Hôtel de Soubise, à Paris. Il n’était pas effrayé par l’inconnue végétale. Sinon, je vois difficilement une identification possible avec les paysagistes contemporains. Ses œuvres étaient réalisées d’après une vraie commande, de manière collégiale et tout peut porter à croire qu’il en était ainsi au niveau botanique ».

Michel Pena

 « Le Nôtre est le premier à avoir inventé le paysage malgré la dictature de l’architecture. Pour cela, il a manipulé les échelles et rapprocher les lointains, en particulier en travaillant sur le ciel et sur l’eau. Il a montré que celle-ci n’est pas obligatoirement au fond d’un trou et qu’elle peut être suspendue, en partie haute des jardins, comme à Versailles, pour apporter calme et apaisement. Il a su faire descendre le ciel jusqu’à la terre avec ses ouvertures et son art de la perspective, comme à Chantilly et à Versailles, ce que n’a pas réussi Olmsted à Central Park ».

Propos recueillis par Éric Burie. Extrait de Paysage Actualités N° 360. Dossier « À la rencontre d’André Le Nôtre ».

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