Les promoteurs enregistrent leur plus bas niveau de ventes depuis 15 ans
Evolution des ventes et des mises en chantier selon les dispositifs - © © FPI

Les promoteurs enregistrent leur plus bas niveau de ventes depuis 15 ans

laurence francqueville |  le 15/11/2012  |  Alpes-de-Haute-ProvenceBouches-du-Rhône

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Logement
Alpes-de-Haute-Provence
Bouches-du-Rhône
Valider

Le troisième trimestre 2013 sera marqué dans les annales : les ventes des promoteurs ont encore chuté de 31% alors que le Scellier s'éteindra à la fin de l'année. Les ventes à investisseurs ont même baissé de 45% depuis janvier! La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) continuent d'espérer que les discussions budgétaires éclaireront leur activité en 2013.

Les promoteurs immobiliers voient leurs ventes reculer fortement pour le troisième trimestre consécutif (-31%): sur les neuf premiers mois de l’année, l’observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), qui représente environ 82% du marché, enregistre une chute des ventes au détail de 27% à 39 713 unités. La Fédération a donc revu à nouveau à la baisse sa prévision pour l’année 2012 entre 68 et 72 000 ventes au détail. Soit le niveau le plus bas enregistré depuis quinze ans par la profession.

Les ventes à investisseurs continuent de reculer (-48% au troisième trimestre 2012 par rapport à la même période de 2011 et -45% depuis le début de l’année), la moitié de cette baisse pouvant être attribuée, selon la fédération, à la forte réduction de l’avantage fiscal Scellier et à l’instauration d’un plafond de prix pour la zone B2 (contre 2000 euros pour la zone C). « On ne sait pas produire à 21.000 euros du m² en zone B2», a indiqué son président François Payelle. Ce dernier rappelle d’ailleurs que la zone B2 concentre 25% des mises en chantier et 25% de la population française.

Les ventes en accession reculent toujours de 7% au troisième trimestre, représentant désormais 60% des réservations des promoteurs (contre 44% en 2011).

De fait, les ventes en bloc, réalisées en quasi-totalité avec les bailleurs sociaux, progressent de 10% hors Ile-de-France au troisième trimestre (-19% depuis le début de l’année), selon les chiffres donnés par la Fédération. Elles pèsent désormais pour 25% dans les ventes au détail (2103 unités au troisième trimestre hors Ile-de-France).

Par typologie de biens, les 2-3 pièces représentent 72% de ventes. Les surfaces des logements collectifs ont plutôt augmenté (de 0,4 à 1,7 m²) sur un an, sauf pour les 5 pièces (-3,8 m²). Les prix, eux, n’ont pas baissé (+4,5% en province et -0,9% en Ile-de-France) au troisième trimestre car la demande reste réelle, juge François Payelle.

Annulation d'opérations

Conséquence : l’offre commerciale disponible a progressé de 18% au troisième trimestre représentant 15,6 mois de ventes (14,4 mois en moyenne depuis le début de l’année contre 7,5 en 2011). Mais 44% de cette offre correspond à des opérations en cours de pré-commercialisation pouvant donc être abandonnées. Les logements achevés ou en chantier ne devraient pas excéder 35 000 unités (8 mois de ventes), note la fédération.

"Ces chiffres indiquent que les promoteurs adaptent leur offre au marché", souligne le vice-président de la FPI, Guy Portmann. En clair, ils cherchent à réduire leurs stocks. La FPI estime que la réalisation d’environ 3000 logements a été annulée, le taux de commercialisation des programmes étant insuffisant pour pouvoir être financés – les banques exigeant 40 à 50% de pré-commercialisation contre 30% il y a 18 mois – et donc lancés. Les mises en vente, parallèlement, ont reculé de 18% depuis le début de l’année (-29% au troisième trimestre).

Une année 2013 encore très incertaine

« Le contexte est préoccupant compte tenu des besoins de logements des Français », estime François Payelle. « Nous ne nous plaignons pas mais si le gouvernement veut enrayer en 2013 la baisse des mises en chantier, il faudrait améliorer le PTZ+ (différé d’amortissement) au bénéfice des premières tranches de revenus des accédants et définir un dispositif de soutien à l’investissement locatif qui fonctionne », ajoute-t-il. Dans ce cas, estime la fédération, « il est envisageable d’aller au-delà des 70 000 ventes l’an prochain, répartis assez également entre ventes à investisseurs et accession».

Le dispositif « Duflot » qui remplacera le « Scellier » en principe début janvier, a été adopté par l’Assemblée nationale (voir encadré ci-dessous). Les logements construits avec ce dispositif devront afficher des loyers inférieurs de 20% aux prix du marché (qui seront définis par décret dans l’attente de pouvoir se fier à un observatoire national) et respecter des conditions de ressources pour les futurs locataires. Ils entreront en outre dans les 10.000 euros de plafonnnement des niches fiscales. La FPI estime que le sort réservé par les députés à la zone B2 (63% des ventes à investisseurs) ne permettra pas de lancer en 2013 de nouveaux programmes de logements dans cette zone, soit 10 à 15 000 logements non produits. « Il est essentiel de revenir au texte initial de l’amendement parlementaire qui prévoyait de rendre les communes de la zone B2 éligibles au nouveau dispositif d’aide à l’investissement locatif jusqu’au 30 juin 2013, dans l’attente d’une décision du Préfet de région », explique la FPI.

 

Le "Duflot" voté par l'Assemblée nationale

Adopté par les députés jeudi 15 novembre, le dispositif devrait se mettre en place à partir du 1er janvier 2013.

Le "Duflot" se veut plus incitatif et plus social avec une réduction d'impôt de 18% étalé sur neuf ans (contre 13% en 2012 pour le "Scellier") sur le prix de vente (plafonné à 300.000 euros), un plafonnement des loyers inférieurs de 20% aux loyers de marché et réservé aux zones où les besoins se font le plus sentir.

Les promoteurs demandent toutefois que des agglomérations supplémentaires soient éligibles à ce nouveau dispositif comme Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), une petite ville de 23.000 habitants, près de laquelle est édifié Iter, le réacteur expérimental international à fusion nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), qui va nécessiter la construction de plusieurs centaines de logements.

Commentaires

Les promoteurs enregistrent leur plus bas niveau de ventes depuis 15 ans

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil