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Les professionnels relèvent le défi européen

JEAN-MICHEL GRADT, BERTRAND ESCOLIN, LAURENT MIGUET, REMY MARIO |  le 12/03/1999  |  EvénementNégoceFrance entièreEuropeIndustrie

Dans l'univers très capitalistique des GSB, l'Europe est déjà une réalité. L'alliance passée en novembre 1998 entre Castorama et le britannique Kingfisher (1) l'illustre parfaitement. Elle donne naissance à un ensemble de 34,2 milliards de francs, leader sur le marché du bricolage en Europe. Mais une GSB moyenne ; comme Mr Bricolage, numéro 4 en France (5,4 milliards de francs de chiffre d'affaires), vise 15 % de son chiffre d'affaires hors métropole dès 2003.

Dans certains secteurs du négoce, il est vrai, l'Europe est déjà une réalité capitalistique. Le négoce du sanitaire-chauffage, où 5 % des groupes s'adjugent 65 % du marché, est aujourd'hui dominé par le britannique Wolseley, avec sa marque Brossette BTI, leader avec 3,5 milliards de francs environ (2). Inversement, dans la distribution de matériel électrique, les leaders, européens et mondiaux, sont français : Rexel (groupe PPR) a réalisé, en 1998, un chiffre d'affaires de 32,5 milliards de francs (+ 13 % sur 1997) et Sonépar, plus de 28 milliards de francs (+ 5 % sur 1997). En France, ils détiennent à eux deux, 40 % d'un marché estimé à 40 milliards de francs. Point commun ; Rexel et Sonépar sont des adeptes de la croissance externe. Ainsi, Rexel a gagné l'an dernier 2,6 milliards de parts de marché rien que par ses acquisitions.

Point P va s'internationaliser

Jusqu'en 1998, Point P, de loin numéro 1 français du négoce, ne réalisait pas un franc d'activité hors de l'Hexagone (3). Sorti du giron de Paribas, Point P nourrit, depuis son arrivée chez Saint-Gobain de nouvelles ambitions. « Nous allons exporter nos concepts de distribution en Europe et au-delà. Nous allons sélectionner quelques pays cibles pour développer notre savoir-faire à l'export. Il s'agit d'exporter ce que nous savons faire : Point P et la Plate-Forme du bâtiment », annonce Gérard Aspar. Directeur général de la Plate-Forme du bâtiment, il va bientôt se consacrer entièrement aux fonctions qu'il occupe depuis huit mois : directeur des opérations internationales de la distribution spécialisée de Saint-Gobain. « Si nous acquérons ou créons des sociétés dans les pays retenus, ce ne sera pas pour jouer les figurants mais pour être un acteur important et rentable du secteur. Bref, pour viser une place de leader dans la distribution », annonce-t-il. A bon entendeur...

Les nationaux ne sont les seuls tentés par la course à l'Europe. Avec 390 implantations, le groupement généraliste Tout Faire, né en 1990 à Verdun a presque atteint l'objectif qu'il s'était fixé pour le cap de l'an 2000 : fédérer 400 points de ventes. Créé à l'initiative de 32 négociants du Grand Est, la SA Tout Faire, relève depuis le 1er janvier un nouveau défi : l'Europe. En effet, 15 négociants belges, représentant 200 millions de francs HT de ventes annuelles, ont rejoint l'enseigne, portant le chiffre d'affaires consolidé des 390 points de ventes à 5,2 milliards en 1998. Parmi les nouveaux venus figurent les 6 membres du groupement local Prodemat. « Nous recueillerons probablement d'autres adhésions en Belgique. Dans une deuxième étape, cela pourrait nous mettre en position d'aborder le marché luxembourgeois, voire les régions allemandes proches de la frontière », envisage Gilles Lelong, le président de Tout Faire.

(1) Kingfisher (14 milliards de francs de CA 1998), propriétaire, en France, des enseignes Darty et But est également propriétaire à 100 % de B&Q, enseigne apporté à Castorama lui conférant la place de no1 européen. (2) Mais Point P est passé à l'offensive en 1998 en rachetant, notamment, Dupont Sanitaire Chauffage. De ce fait, sa filiale Cédéo tutoie désormais la barre des 3 milliards de francs. (3) Excepté le cas des producteurs-distributeurs, comme Lapeyre, déjà implanté en Suisse, en Belgique et en Espagne.

Marquage CE : un atout pour les négociants qui misent sur la qualité

Bon an, mal an, le solde de la balance commerciale française en produits et en matériaux de construction, vis-à-vis de nos voisins européens, se réduit mais reste négatif (voir tableau). Les dernières données disponibles auprès du ministère de l'Equipement (1996) font état d'un solde négatif de 2 milliards de francs pour 48,7 milliards de francs d'exportations (1). Principale cause de déséquilibre : l'Allemagne. Alors, au moment où les industriels ne jurent que par l'avènement du marché unique, l'adoption de l'euro... où en est-on de la directive produits de construction et du marquage C. E ? Dans quatre ans, lorsque le millier de nouvelles normes U. E sera en place, les négociants seront-ils pénalisés ou favorisés ? « La directive produits de construction a été adoptée, mais elle va se mettre en place au niveau du marquage C. E, famille de produits par famille de produits (appareils à gaz, par exemple). De plus, certains produits pourront être soumis à plusieurs directives ; mais il n'y aura qu'un seul marquage C. E quel que soit le nombre de directives s'appliquant au produit », explique Bruno Callies, ancien délégué général de l'AIMCC . Quant à savoir si le négoce saura tirer parti de cette nouvelle donne, la réponse est simple : ou bien ils utilisent ces normes pour mieux connaître les caractéristiques des produits, s'approvisionner au mieux et faire jouer la carte du meilleur rapport qualité-prix ; ou bien, ils ne visent que les prix les plus bas. La réponse leur appartient.

(1) Les 10 secteurs excédentaires pour la France sont : appareillages, raccordements et tableaux de commandes ; produits transformés à plat, matériels de chauffage ; matériel aéraulique ; tuiles et briques ; pompes et filtration eau ; câbles et canalisations électriques, accessoires et tuyauteries métalliques, panneaux de bois, matériaux de construction divers.

GRAPHIQUE : Evolution des échanges avec l'union européenne de 1985 à 1995 (Exportations + importations)

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